Quatuor Modigliani/Dutton/Watkins @ Rencontres Musicales Evian 2015

Rencontres Musicales d'Evian ClassicAll 13

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Wolfgang Amadeus Mozart: Quintette no.3 en sol mineur KV516
Antonín Dvořák: Quatuor no.12 en fa majeur "Américain"
Arnold Schoenberg:  Verklärte Nacht (la nuit transfigurée) op.4

Quatuor Modigliani
Philippe Bernhard, violon
Loïc Rio, violon
Laurent Marfaing, alto
François Kieffer, violoncelle

Membres du Quatuor Emerson
Laurence Dutton, alto
Paul Watkins, violoncelle

Le Quintette à cordes en sol mineur K. 516 est un quintette pour deux violons, deux altos et violoncelle de Mozart. Achevée le 16 mai 1787, cette œuvre majeure dans la production de musique de chambre de son auteur est, par la tonalité de sol mineur, empreinte d'une angoisse, d'un tourment intérieur qui confinent au tragique.

Le Quatuor à cordes no 12 en fa majeur, B. 179 (op. 96) « Américain », écrit pendant les vacances d’été de 1893 à Spillville dans l’Iowa, peuplée d’une importante colonie tchèque (notamment des agriculteurs immigrés qui appréciaient avec nostalgie la musique de Dvořák à l’église), est l’une des œuvres de musique de chambre les plus connues d’Antonín Dvořák.

Ainsi, comme dans la neuvième symphonie, ce n’est pas seulement l’Amérique qui est évoquée, mais également l’Europe centrale. Les quatre mouvements (respectivement Allegro ma non troppo, Lento, Molto vivace et Finale vivace ma non troppo) furent esquissés en moins d’une semaine et la composition de l’ensemble prit à peine quinze jours. Dvořák travailla donc dans un sentiment d’euphorie, sinon de facilité. Comme si les impressions exotiques des espaces américains s’étaient accordées idéalement, pendant ce beau mois de juin 1894, avec son tempérament ‘slave’. Ce mariage plein de lumière est perceptible dans les gammes pentatoniques du premier mouvement, dans le lyrisme rêveur du Lento (musique tchèque ou ‘blues’ ?), et dans les trilles du scarlet tanager, une fauvette que Dvořák entendit dans son jardin et dont il reproduisit le chant à l’apogée du Molto vivace. Mais la substance de l’œuvre demeure la nostalgie du pays natal, que souligne la beauté lumineuse des ultimes mesures (après l’imitation, ou plutôt la transfiguration, d’un gospel song dont la mélancolie traverse le dernier mouvement, imprégné tout entier par l’esprit de la danse).

L’Allegro ma non troppo, de forme sonate traditionnelle, semble démarrer dans le sillon du Quatuor de ma vie de Smetana. Les deux thèmes principaux (exposés respectivement pour la première fois à l’alto en fa majeur et au violon en la mineur) sont basés sur des éléments communs à de nombreux chants folkloriques bohèmes ou noirs américains : Dvořák ne fait pas un usage direct des airs indigènes mais se sert de leurs particularités aux parfums nouveaux pour agrandir sa palette, puis les développe avec des procédés modernes et personnels. La réexposition se déroule sans surprise avec une troisième idée musicale en ré bémol majeur dans le fugato qui conclut le mouvement.

Lento, considéré par Saureck comme « une perle authentique parmi les mouvements lyriques de Dvořák » cette émouvante page ternaire en ré mineur commence par un long chant mélancolique au premier violon accompagné du reste du quatuor. Les diverses présentations de cette cantilène forment une sorte de « berceuse blues », la teinte nostalgique tchèque étant accrue lorsqu’elle est confiée au violoncelle. Dans ce mouvement au lyrisme captivant, le compositeur laisse ses idées aller et revenir depuis son lointain pays natal.

Molto vivace : alors que le Quintette à cordes (op. 97) et la Symphonie du nouveau monde témoignent des premières impressions fortes du pays, le Quatuor américain laisse place aux expériences plus intimes vécues en Iowa. Dans ce scherzo, le premier violon mène un thème unique qui comporte en son milieu l’imitation de la fauvette locale (le tanager). La nature structurelle et sentimentale de ce motif aux rythmes brusques et aux combinaisons tonales particulières varie à chaque présentation ; le violoncelle aura aussi sa part dans les chants. Après le trio en fa mineur, retour à la fête en fa majeur.

Finale vivace ma non troppo : ce rondo joyeux, d’humour américain (premier thème explosif au premier violon sur un accompagnement très rythmé) compose aussi avec les émotions simples du vieux continent (deuxième thème plus lyrique). Un épisode lent meno mosso met le violoncelle en valeur dans une sorte de choral comme Dvořák pouvait en improviser à l’orgue de la petite paroisse. L’atmosphère animée du début revient vite, atteignant un sommet sauvage dans la brève coda, pleine d’optimisme, qui met fin au mouvement.

La Nuit transfigurée op. 4 (Verklärte Nacht) est une œuvre pour sextuor à cordes (deux violons, deux altos, deux violoncelles), composée par Arnold Schönberg (ou Schoenberg) en 18991.

Durant l'été 1899, le musicien tombe amoureux de Mathilde, la sœur d'Alexander von Zemlinsky, avec qui il se mariera un peu plus tard. Il compose pour elle cette Nuit transfigurée en moins de trois semaines. Il s'agit donc d'une œuvre de jeunesse, écrite bien avant sa période dodécaphonique, avec des accents de romantisme tardif. On y perçoit principalement l'influence de Wagner et de Brahms, certains enchaînements harmoniques évoquant fortement Tristan und Isolde et ses accords de neuvième sans fondamentale. Œuvre de jeunesse sans doute, mais qui va déjà bien au-delà des conventions de l'époque. Le jeune Schönberg, âgé de vingt-cinq-ans, a déjà assimilé et dépassé l'art des grands romantiques allemands ; mais l'auteur reste toujours dans les limites de la tonalité. Ce chef-d'œuvre précoce reste l'une des œuvres les plus jouées et les plus applaudies du futur novateur viennois.

La pièce est basée sur un poeme extrait du recueil La Femme et le monde (Weib und Welt) de Richard Dehmel, un ami du musicien. Le texte, plus tard publié séparément sous le titre Zwei Menschen. Roman in Romanzen, décrit une promenade nocturne d'un couple amoureux dont la femme avoue qu'elle attend un enfant d'un autre. Son amant insiste sur l'importance de sa maternité et lui assure qu'il est disposé à faire sien cet enfant. Ils marchent heureux, sous la lune, dans cette nuit transfigurée.

Deux personnes vont dans la forêt, chauve et froide.
La lune les accompagne, ils regardent en soi.
La lune passe aux dessus des hauts chênes,
Pas un nuage ne trouble la lumière céleste
Vers laquelle les fagots noirs s'étendent;
La voix d'une femme parle.
"Je porte un enfant et pas de toi,
Je vais à côté de toi dans le péché;
Je me suis gravement compromise,
Je ne croyais plus au bonheur
Et j' avais pourtant un lourd désir
D'une raison de vie, de bonheur maternel
Et de devoir, puis je me suis affranchie.
J'ai alors toute frémissante
Laisser posséder mon sexe par un étranger,
Et pour cela je me suis encore bénite.
Maintenant la vie s'est vengée,
Maintenant je t'ai rencontré, toi, ô toi."
Elle va d'un pas incertain.
Elle relève le regard, la lune la suit.
Son regard sombre se noie dans la lumière.
La voix d'un homme parle.
"Que cet enfant qui est conçu
Ne soit pas une charge pour ton âme.
O regarde comme l'univers brille clairement !
Il y a un lustre de toute part.
Tu chasses avec moi sur la mer glaciale,
Mais une propre chaleur rayonne
De toi en moi, de moi en toi.
Elle va transfigurer l'enfant étranger.
Tu vas l'enfanter pour moi, de moi,
Tu as apporté un éclat de lumière en moi,
Tu m'as moi-même refait enfant."
Il embrasse sa forte taille,
Leur souffle se mêle dans les airs.
Deux personnes vont dans la nuit haute et claire.

L'accueil de l'œuvre fut difficile : elle a été refusée une première fois par la Société de musique de chambre de Vienne.

La création eut lieu le 18 mars 1902 à Vienne, occasionnant une querelle parmi le public.


 

La Grange au Lac

Rencontres Musicales d'Evian

Les Rencontres musicales d'Évian sont un festival de musique de chambre à Évian-les-Bains. Créé en 19761 par Antoine Riboud, alors PDG du groupe Danone, et le chef d'orchestre Serge Zehnacker, il a longtemps été placé sous la direction du célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovich. Après plusieurs années d'interruption au début des années 2000, il est relancé en 2014 sous la direction artistique du Quatuor Modigliani.

Les concerts ont lieu à la Grange au Lac et au théâtre du Casino au sein de l'Evian Resort.

Dès sa création, le rendez-vous musical, d'abord intitulé Jeunes Musiciens sans Frontières, devient une référence parmi les mélomanes. En 1985, Mstislav Rostropovich, grand ami d'Antoine Riboud, est nommé président du festival. Il y invite les plus grandes phalanges et les plus grands musiciens de la scène internationale, et donne à l'événement une envergure majeure.

En 1977, Serge Zehnacker crée le célèbre Concours international de quatuor à cordes ; dirigé à partir de 1988 par Alain Meunier, il quitte Évian pour Bordeaux dix ans plus tard.

En 1993, Antoine Riboud offre à Mstislav Rostropovich une salle à la hauteur du festival : la Grange au Lac. Construite par l'architecte Patrick Bouchain et dotée d'une acoustique exceptionnelle (cabinet BAOS), la Grange au Lac, entre datcha russe et grange savoyarde, se situe au cœur du parc de l'Evian Resort, entre l'Hôtel Royal et l'Hôtel Ermitage2.

À la suite de Serge Zehnacker et d'Hervé Corre de Valmalète, les directeurs des débuts, c'est la veuve de Pablo Casals, Marta Casals Istomin, qui prend la direction du festival à partir de 19913. La fille de Rostropovich, Elena Rostropovich, lui succède en 1998. Quelques années plus tard, son père quitte la présidence et le festival prend fin. Interrompues en 2001, les Rencontres laissent alors place aux Escales Musicales, trois journées de concerts à la Pentecôte. Sous la direction du chef d'orchestre Laurence Dale, le nouveau festival anime la vie évianaise pendant douze ans.
Les nouvelles Rencontres

En 2013, le Groupe Danone décide de relancer les RME4 et en confie la direction artistique au Quatuor Modigliani, avec l'ambition d'en faire un rendez-vous majeur dans le paysage des festivals. La nouvelle édition se consacre à la musique de chambre, du récital solo aux petites formations orchestrales. La première édition aura lieu du 58 au 14 juillet 2014 ; un festival OFF, des classes de maîtres et des conférences gravitent autour des quinze concerts.

Les nouvelles Rencontres musicales sont partenaires de la Maison des Arts Thonon-Évian, de la Ville d'Évian et de l'Académie musicale d'Evian.

  • Evian Resort BP8 74501Evian les Bains France
  • web

Quatuor Modigliani

Philippe Bernhard, Loïc Rio : violons
Laurent Marfaing : alto
François Kieffer : violoncelle

« Le Quatuor Modigliani fait partie à l'évidence de la cour des grands. » Le Monde
   Le Quatuor Modigliani, formé en 2003 par quatre proches amis est devenu l'un des quatuors les plus demandés au monde, invité dans des lieux tels que le Théâtre des Champs-Elysées, la Cité de la Musique, le Musikverein  et le Konzerthaus de Vienne, le Wigmore Hall de Londres, le Concertgebouw d'Amsterdam, la Philharmonie de Luxembourg, le Bozar de Bruxelles, la Library of Congress de Washington, le Kimmel Center de Philadelphie, Carnegie Hall, la Tonhalle de Zurich, les festivals de la Roque d'Anthéron, Montreux, Lucerne, Rheingau, Bad Kissingen, Schleswig-Holstein, la Folle Journée de Nantes, mais aussi plusieurs salles majeures en France comme la MC2 de Grenoble, la Coursive de La Rochelle, l'Opéra d'Avignon, l'Opéra de Lille, la Salle Molière de Lyon, l'Opéra de Bordeaux, la Salle Poirel de Nancy, le Grand Théâtre de Provence à Aix, le TAP de Poitiers.
En 2014 et 2015, le quatuor se produit à la Konzerthaus de Berlin, à la Cité de la Musique, à Carnegie Hall, au Wigmore Hall, à l'Auditori de Barcelone, à la Schubertiade de Schwartzenberg, à la Philharmonie de Cologne, à la Laeiszhalle de Hambourg, au Konzerthaus de Vienne, à la Philharmonie de Luxembourg, au Festival de Lanaudière et au Domaine Forget au Québec, Au Festival de Maverick aux Etats-Unis, au Festival de Musique de Chambre de Copenhague, au Festival de Radio-France et Montpellier. Il repartira en tournée aux Etats-Unis, au Japon, en Australie.
Le Quatuor Modigliani poursuit depuis cinq ans  une riche et étroite collaboration avec le label Mirare. Après un premier disque Haydn (Grand Prix du disque de l'Académie Charles Cros, Sélection du mois du magazine Strad, Sélection Bayerische Rundfunk, **** Klassik.com, 5 Diapasons) puis un très beau Mendelssohn en 2010 (disque du mois du magazine allemand Fonoforum) suscitant l'admiration de multiples critiques majeurs de différents pays et un disque Brahms en compagnie du pianiste Jean-Frédéric Neuburger et de la mezzo Andrea Hill, le quatuor sortait en avril 2012 son quatrième disque baptisé « Intuition »  rassemblant des quatuors de jeunesse de Mozart, Schubert et Arriaga. Il présentait en janvier 2013 un disque de musique française (Debussy-Ravel-Saint-Saëns), lui aussi couvert d'éloges par la critique internationale (le disque reçoit notamment les ffff de Télérama). Pour son sixième disque, le quatuor revient à Haydn, avec trois quatuors de la maturité du compositeur (opus 50 n°1, opus 76, n°1 et opus 77 n°1). Jean-Luc Macia dans Diapason écrit « Dix ans déjà que le Quatuor Modigliani nous gratifie de disques remarquables...On applaudit, de plage en plage, la justesse des tempos, la légèreté de la polyphonie,...et surtout leur manière de toujours faire chanter les thèmes de Haydn. »
Un an seulement après leur formation, les Modigliani s'étaient révélés à l'attention internationale en remportant successivement trois Premiers Prix aux Concours Internationaux d'Eindhoven (2004), Vittorio Rimbotti de Florence (2005) et aux prestigieuses Young Concert Artists Auditions de New York (2006). Après avoir reçu l'enseignement du Quatuor Ysaÿe, puis suivi les master-classes de Walter Levin et de Gyorgy Kurtag à Pro-Quartet, le Quatuor Modigliani est invité à travailler aux côtés du Quatuor Artemis à la Berlin Universität der Künste .
Le quatuor se produit en musique de chambre avec Sabine Meyer, Renaud Capuçon, Jean-Frédéric Neuburger, Michel Dalberto, Augustin Dumay, Henri Demarquette, Abdel Rahman el Bacha, Gary Hoffman, Boris Berezovsky, Paul Meyer, Lise Berthaud, Michel Portal, Gérard Caussé, Marie-Elisabeth Hecker ou Daniel Müller-Schott.
En 2014, le Quatuor Modigliani se voit confier la direction artistique des Rencontres Musicales d'Evian. Après treize ans d'interruption, le festival créé en 1976 par Antoine Riboud et longtemps dirigé par (feu) Mstislav Rostropovich, entame une nouvelle ère sous l'impulsion conjointe de l'Evian Resort et du Quatuor Modigliani.
Grâce au soutien de généreux mécènes, le quatuor Modigliani a le privilège de jouer quatre magnifiques instruments italiens.
Philippe Bernhard joue un violon de Giovanni Battista Guadagnini de 1780, Loic Rio joue un violon d'Alessandro Gagliano de 1734, Laurent Marfaing joue un alto de Mariani de 1660, François Kieffer joue un violoncelle de Matteo Goffriller "ex-Warburg" de 1706.

Emerson String Quartet

Appelé Emerson en hommage au grand philosophe et poète américain, le quatuor est fondé en 1976 et reçoit deux années plus tard le prix Naumburg pour la musique de chambre. Le quatuor enseigne actuellement à la Hartt School of Music de l’université de Hartford et à la Smithsonian Institution.

Avec plus de cent concerts par an, il se forge très rapidement une réputation internationale. Son large répertoire comprend les cycles complets des quatuors de Beethoven, Bartók et Chostakovitch ainsi que des oeuvres classiques et contemporaines dont certaines ont été spécialement écrites pour lui. En 2000, le quatuor joue l’intégrale des quatuors de Chostakovitch au Alice Tully Hall de New York, au Wigmore Hall et au Barbican Centre de Londres. À cette occasion, il crée une nouvelle oeuvre de Simon McBurney autour d’un spectacle dédié à Chostakovitch : The Noise of Time. Le quatuor développe ses recherches sur Chostakovitch et, à l’occasion d’un cycle entièrement dédié au compositeur en mars 2006, interpréte l’intégrale de ses quatuors au Lincoln Center de New York et à Londres, avant d’entamer une grande tournée mondiale. Le quatuor joue avec de nombreux artistes de renommée internationale.

Sous contrat exclusif avec Deutsche Grammophon, les nombreux enregistrements du quatuor ont notamment été récompensés par six Grammy Awards (dont deux en 2006 pour son intégrale des quatuors de Mendelssohn) ainsi que par le prix de l’année du magazine Gramophone. Il a également remporté deux prix pour son vidéodisque enregistré pour Teldec.

Il a enregistré en 2006 des oeuvres de Nielsen, Sibelius et Grieg. En avril 2007 est sorti un disque Brahms composé des trois quatuors et du quintette pour piano et cordes avec le pianiste Leon Fleisher et en mars 2008, le quatuor enregistre un album J.-S. Bach et d’arrangements pour quatuor à cordes, des fugues du clavier bien tempéré. Depuis 2011, ils enregistrent en exclusivité chez Sony, chez qui est sorti en octobre 2011 un disque consacré aux Quatuors prussiens de Mozart.

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