Kalîla wa Dimna / Festival d'Aix en Provence

Festival International d'Art Lyrique d'Aix en Provence ClassicAll 1

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Moneim Adwan (1970): Kalîla wa Dimna
Opéra en arabe et français
Livret de Fady Jomar et Catherine Verlaguet d’après Le Livre de Kalîla et Dimna attribué à Ibn al-Muqa a’
Commande du Festival d’Aix-en-Provence
Création mondiale

Direction musicale: Zied Zouari
Mise en scène: Olivier Letellier
Décors: Philippe Casaban et Éric Charbeau
Costumes: Nathalie Prats
Lumière: Sébastien Revel
Assistant à la mise en scène: Sacha Todorov

Kalîla: Ranine Chaar
Dimna: Moneim Adwan
Le Roi: Mohamed Jebali
La Mère du roi: Reem Talhami
Chatraba: Jean Chahid
Violon: Zied Zouari
Violoncelle: Yassir Bousselam
Clarinette: Selahattin Kabacı
Qanûn: Abdulsamet Celikel
Percussions: Wassim Halal



Synopsis

Kalîla freudonne un air de liberté devenu populaire.
Kalîla propose de raconter la provenance de ce chant, liée à l’histoire de son frère Dimna. Tous deux vivaient une existence modeste au service du Roi. À force de  atteries, Dimna parvient à devenir un proche conseiller du souverain. Il dévoile son ambition à sa sœur : il a senti une peur chez le Roi et va s’engouffrer dans cette brèche, avec l’espoir de trouver ainsi gloire et richesse. Kalîla tente vainement de l’en dissuader.
La Mère du Roi conseille à ce dernier de se mé er de toute voix qui s’élève au sein du peuple. Le monarque parle à Dimna de la rumeur qui cause son inquiétude : un homme nommé Chatraba semble émouvoir les cœurs par ses chants, or les chants contiennent souvent les graines de la sédition. Dimna propose de s’occuper de cette affaire.
Chatraba chante les souffrances du peuple. Dimna vient à sa rencontre et le convainc de rencontrer le Roi : « en te glissant dans le palais, tu seras mieux placé pour faire changer les choses. »
Dimna présente Chatraba au Roi. Une amitié sincère ne tarde pas à se nouer entre eux deux. Chatraba en pro te pour ouvrir les yeux du souverain sur les réalités de son royaume. Jaloux de la complicité qui se noue entre le Roi et Chatraba, Dimna jure qu’il sèmera la discorde entre eux.
Kalîla expime son regret de ne pas être allée trouver Chatraba pour le mettre ene garde en lui récitant une fable comme celles que l’on raconte pour l’édi cation des princes. La Mère du Roi joint alors sa voix à celle de Kalîla pour narrer la fable du loup, du corbeau, du chacal et du
chameau.
Dimna attise la colère du Roi en insinuant que des braises dangereuses couvent dans les chants apparemment paci ques de Chatraba. Le monarque demande à voir le poète a n de le démasquer. Dimna va chercher ce dernier en excitant son ressentiment contre le Roi par des mensonges. Troublé par ces paroles, Chatraba se rend auprès du Roi, qui prend son inquiétude pour une preuve de fourberie. Leur dialogue s’envenime tant et si bien que le Roi ordonne la mise à mort de Chatraba.
Kalîla raconte comment le Roi fait exécuter Chatraba. Révolté, le peuple chante la poésie de ce dernier. La Mère du Roi prend les choses en main : elle promeut Chatraba poète national à titre posthume et, pour prouver au peuple que la justice royale n’est pas tyrannique, met un point d’honneur à ne pas faire exécuter Dimna, qui devra être jugé.
Chatraba se rend au royaume des morts, tandis que Kalîla couvre Dimna de reproches, et que la Mère du Roi dessille les yeux de son  ls et accuse Dimna.
Les cinq solistes reprennent en chœur l’air populaire.

Véritable opéra mêlant cultures orientale et européenne, Kalîla wa Dimna alterne passages parlés et chantés, en français et en arabe. Cette création mondiale est l’œuvre du compositeur et musicien franco-palestinien Moneim Adwan, qui s’associe au metteur en scène Olivier Letellier et à deux auteurs-librettistes : Fady Jomar et Catherine Verlaguet. Ces derniers ont écrit leur livret en s’inspirant d’un classique de la littérature arabe laïque, Kalîla wa Dimna, recueil de fables animalières du VIIIe siècle attribué à Ibn al-Muqaffa’ et destiné à l’édi cation des princes. Pour en dégager la portée universelle, le livret ne s’attache pas à l’identité animale des personnages mais à leur rang social. Sous la forme d’un conte narré par la douce Kalîla, l’opéra aborde des sujets intemporels : la soif de reconnaissance sociale, la solitude de l’homme de pouvoir ou encore la force subversive de l’œuvre d’art.
Ne supportant plus sa condition modeste, Dimna a l’ambition de se rapprocher du Roi grâce à ses talents de manipulateur. Le souverain se montre soucieux des chants potentiellement séditieux d’un artiste populaire, Chatraba, dont il craint les propos critiques à l’égard du pouvoir. Pour l’apaiser, Dimna propose d’organiser une rencontre entre les deux hommes, qui sympathisent bientôt à ses dépens. Gagné par la jalousie, Dimna élabore alors un plan machiavélique...
La partition, interprétée par cinq chanteurs et autant de musiciens venus du monde arabe, se déploie aux sons du qanûn, du violon, du violoncelle, de la clarinette et de diverses percussions. Elle s’inscrit dans la descendance du chant classique arabe tel qu’il a pu être illustré par la fameuse chanteuse libanaise Fayrouz, mais en incorporant certains procédés contrapuntiques occidentaux ainsi que des in uences indiennes et perses. Le tout produit une musique fortement marquée par ses origines, mais aussi nouvelle dans ses textures autant que dans sa forme, puisqu’elle se met au service d’une dramaturgie. L’ouvrage est donné en création mondiale au Festival d’Aix-en-Provence, qui est à l’origine de cette commande. S’ensuivra une longue tournée internationale.
 

Festival International d'Art Lyrique d'Aix en Provence

Le contexte de l’après-guerre est un contexte de renaissance artistique comme en témoigne, en 1946, la création du Festival de Cannes bientôt suivie, en 1947, par celle du Festival d’Avignon.

Dans le domaine lyrique, la renaissance est due à un mélomane averti, amateur d’art à la curiosité insatiable, Gabriel Dussurget, dont le projet de créer un festival de musique en Provence bénéficie du soutien financier de Lily Pastré, comtesse de la haute bourgeoisie marseillaise et grande amie des arts. Pour accueillir l’événement, elle propose son château de Montredon, choix qui aurait contribué, selon elle, au relèvement de la cité phocéenne. Le Festival naît en effet trois ans seulement après la fin de la guerre, à une période où la volonté de redonner une image digne de la France, suite à la défaite de 1940 et à l’Occupation, est omniprésente. Mais le lieu se révèle inapproprié et après de nombreuses pérégrinations dans la région, ils tombent d’accord sur la ville d’Aix-en-Provence où Gabriel Dussurget jette son dévolu sur la cour de l’Archevêché, une véritable révélation qu’il résume sobrement : « des murs lépreux, une fontaine qui naturellement ne coulait pas et un arbre qui s’élevait comme une main vers le ciel ».

Au commencement était la cour, la cour de l'Archevêché, cour de service où aboutissaient autrefois les carrosses. Grâce à un groupe d'hommes et de femmes, liés par la conviction et l'enthousiasme de Gabriel Dussurget, directeur artistique inspiré et visionnaire, cette cour se transforme bientôt en temple de la musique, du spectacle et de la voix, c’est-à-dire en un lieu majeur de la fête.

Le Festival ne tarde pas à acquérir une renommée internationale, en dépit de modestes débuts évoqués par Gabriel Dussurget: « Les chanteurs étaient, avouons-le, seulement honnêtes. Georges Wakhévitch [qui signa les décors du Cosi fan Tutte de 1948] était un ami de longue date […] et il a bien voulu accepter de dessiner un baldaquin, quelques plumes… en somme un petit décor pour que la représentation puisse avoir lieu. On avait fait mettre des bancs dans la cour, des gradins à peine surélevés et le décor était planté dans un angle de l’ancien hangar qui servait de coulisses. Wakhévitch, pour donner un fond à la scène, avait peint lui-même les murs ». Edmonde Charles-Roux se remémore à son tour les débuts de l’événement : « La cour du palais de l’archevêché [était] transformée en une sorte de … on ne peut même pas appeler cela une scène, c’était plutôt une estrade à cause du manque de place. On ne pouvait pas y chanter à plus de trois à la fois. Georges Wakhévitch avait simplement fait, en guise de fond de scène, une sorte de tente, décorée de quelques bouquets de fleurs. C’était exquis, mais improvisé. Et en définitive, très sympathique. » Et le charme ne tarde pas à opérer…

Le premier Festival a lieu en juillet 1948. Aux concerts et récitals qui ont lieu dans la cour de l’Archevêché, à la cathédrale Saint-Sauveur et en divers lieux de la ville s’ajoute un opéra, Cosi fan tutte de Mozart, œuvre alors quasi inconnue du public français puisque le critique musical du Monde de l’époque, Jacques Longchampt, rappelait que la dernière représentation française avait eu lieu en 1926 à l’Opéra Comique.

Pour monter le spectacle, Gabriel Dussurget réunit une distribution qu’il fait lui-même travailler, demande à Georges Wakhévitch d’inventer un petit décor de fond de scène, et obtient la participation de Hans Rosbaud, chef d’orchestre du Südwestfunk de Baden-Baden qui dirigera au Festival jusqu’en 1962. Edmonde Charles-Roux se souvient avec émotion de ce premier Festival : « Je crois que la force du premier spectacle d’Aix a été d’être un spectacle réussi, de grand goût, de très belle qualité musicale, mais un spectacle d’amateurs ».

Mais c’est avec Don Giovanni, monté l’année suivante, que le Festival prend toute son ampleur, et ce tout d’abord grâce à la venue du décorateur et affichiste Cassandre, ami de Gabriel Dussurget, auquel ce dernier fait appel pour concevoir les décors de Don Giovanni mais aussi l’édification d’un théâtre pour remplacer l’installation rudimentaire qui avait servi à la représentation de Cosi fan tutte en 1948.

Ce théâtre, relativement exigu avec ses sept mètres de profondeur, existera pendant vingt-quatre ans, et ces dimensions ne seront pas sans impact sur la programmation du Festival qui, de fait, ne pourra accueillir que de petits effectifs orchestraux baroques ou de type Mozart. Dès ses débuts, le Festival se place en effet sous le signe du compositeur autrichien, dont la quasi-totalité des opéras sera  montée au cours des premières années : Cosi fan tutte en 1948 et 1950, Don Giovanni en 1949, L’Enlèvement au sérail en 1951, Les Noces de Figaro en 1952, Idoménée en 1963 et La Clémence de Titus en 1974. Edmonde Charles-Roux rappelle que « dans un Midi où les maçons italiens, sur leurs échafaudages, chantaient du Verdi, et où on ne proposait que du Verdi à ce public en pratiquant un italianisme à tous crins, monter les opéras de Mozart, qu’on ne jouait pas, pouvait paraître révolutionnaire ».

Le Festival s’attache donc à faire découvrir au public des œuvres inconnues en remettant au goût du jour les opéras de Mozart, le grand lyrisme d’origine avec Monteverdi et Gluck, l’opéra bouffe, l’amorce de l’opéra-comique avec Cimarosa, Grétry, Rameau et Haydn, Rossini et Gounod, mais aussi la musique contemporaine en passant plusieurs commandes à des compositeurs comme en 1952 avec La Guirlande de Campra d’Arthur Honegger.

D’autre part, le Festival tient à mettre en valeur sa région et les artistes qui y vivent ou y ont vécu : ainsi la musique des deux Aixois, André Campra (1660-1744) et Darius Milhaud (1892-1974) sera-t-elle régulièrement à l’honneur avec entre autres, Le Carnaval de Venise ou Les Malheurs d’Orphée.

Pour l’heure, l’événement suscite l’affluence d’une large part des plus éminentes personnalités de la vie artistique et littéraire française, musiciens, peintres, écrivains comme François Mauriac qui parle du « Don Juan aux étoiles » de 1949, ou encore gens de théâtre, tous rassemblés par le même enthousiasme. Mais au milieu des années 1960, l’arrivée, à la tête du casino d’Aix-en-Provence, alors principal financeur du Festival, d’un nouvel administrateur soucieux de rentabilité, précipite la démission de Gabriel Dussurget. Ce départ marque un changement pour la physionomie du Festival et amorce une remise en question de sa fonction.

Dédié au bel canto, le Festival du nouveau directeur Bernard Lefort se présente comme une grande fête du chant : « Le chant y régnera en Maître absolu, et chaque manifestation lui sera consacrée en tout ou partie ». Mozart a donc perdu son « privilège », une nouvelle ère commence. Si Bernard Lefort décide de remettre au goût du jour le bel canto, c’est que ce répertoire du début du 19e siècle est encore peu connu des mélomanes de l’époque.

Deux productions majeures marquent le mandat du nouveau directeur : en 1980 Semiramis de Rossini avec le duo d’exception formé par Montserrat Caballé et Marilyn Horne, et en 1981, un autre opéra de Rossini, Tancredi réunissant cette fois Marilyn Horne et Katia Ricciarelli.

Cette « grande fête du chant » est aussi l’occasion d’organiser des récitals lyriques donnant lieu à la remise d’un prix, la « cigale d’or », à des chanteurs déjà confirmés, comme Elisabeth Schwarzkopf qui en fut la première lauréate, Gabriel Bacquier ou Teresa Berganza.

Bernard Lefort souhaite également faire du Festival une manifestation de proximité. Les événements de mai 1968 ont en effet mis en lumière le caractère élitiste et parisien du Festival, ce à quoi le nouveau directeur tente de remédier : d’une part en donnant, six années durant, des représentations d’opéras bouffes sur la place des Quatre-Dauphins qui accueillit ainsi Le Directeur de théâtre de Mozart, La Servante maîtresse de Pergolèse et Don Pasquale de Donizetti ; d’autre part en célébrant le chant sous toutes ses formes pour toucher le plus large public. Cette célébration prend la forme de concerts de jazz avec Ella Fitzgerald, de musique folk avec John Baez, ou encore de chants espagnols et berbères.

Enfin, il instaure les récitals de fin d’après-midi, « une heure avec… », au cloître de la cathédrale Saint-Sauveur, qui permettent au public de découvrir de jeunes chanteurs de façon plus intime et moins onéreuse qu’au théâtre de l’Archevêché. Le milieu des années 1970 est donc marqué par un réel souci de démocratisation.

Louis Erlo - sous le thème de « fidélité et innovation » - réoriente le bel canto aixois vers Rossini et développe considérablement le répertoire baroque français avec Lully, Campra, Rameau, mais aussi Purcell et Gluck. Il rend à Mozart sa place de référence, en montant aussi bien les grands ouvrages que ses opéras de jeunesse, moins connus et peu joués. Il propose également des chefs-d’œuvre du 20e siècle, de Prokofiev ou Britten. Conformément au projet de Gabriel Dussurget, soucieux de promouvoir les jeunes talents, il offre aux Aixois une pléiade de jeunes chanteurs et quelques « stars ».

À l’initiative de Louis Erlo, le théâtre de l’Archevêché est reconfiguré au cours de l’année 1985. Ce travail se voit confier à l’architecte Bernard Guillaumot qui dote la scène de dimensions standards et de possibilités techniques accrues, favorisant ainsi l’accueil de spectacles et la coproduction. Louis Erlo a bien conscience du risque de standardisation que cela implique pour les productions, mais il fait en sorte de prendre « les garanties nécessaires pour que les spectacles ne soient pas défigurés lors de leurs transferts ».

Au moment du départ de Louis Erlo, le Festival entre dans une période où il doit faire face à d’inextricables problèmes financiers.

L’année 1998 est marquée par la rénovation complète du Théâtre de l’Archevêché dans lequel Stéphane Lissner inaugure son mandat avec un Don Giovanni de Mozart mis en scène par Peter Brook. La programmation se place désormais sous le signe du croisement des mondes du théâtre, de la danse et de l’opéra avec des artistes comme Pina Bausch, Trisha Brown, Anne-Teresa de Keersmaeker, Patrice Chéreau ou encore Stéphane Braunschweig.

Le Festival devient aussi un lieu d’intense création musicale avec de nombreuses commandes passées aux compositeurs : Festin de Yan Maresz, Le Balcon de Peter Eötvös d’après Jean Genet en 2002, Kyrielle du sentiment des choses de François Sarhan sur un texte de Jacques Roubaud en 2003, Hanjo de Toshio Hosokawa d’après Hanjo, Nô de Yukio Mishima en 2004 ou encore Julie de Philippe Boesmans d’après Mademoiselle Julie d’August Strindberg en 2005. Rouvert en 2000, le Théâtre du Jeu de Paume, aux dimensions intimes, est un lieu idéal pour accueillir certaines de ces créations.

Une nouvelle dynamique est insufflée au Festival avec la création, à Venelles, situé à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, d’ateliers de construction de décors et de confection de costumes qui permettent de décupler les coproductions internationales et de rendre le Festival plus autonome.

Enfin, en 1998, Stéphane Lissner crée l’Académie Européenne de Musique, conçue comme un prolongement du Festival vers la pédagogie et la promotion des jeunes talents (instrumentistes, chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre et compositeurs), en favorisant leur rencontre avec le public par le biais de nombreux concerts, conférences et classes de maîtres.

  • Théâtre de l'Archevêché, 28 Place des Martyrs de la Résistance, 13100 Aix-en-Provence France
  • web

Moneim Adwan

Né à Rafah dans la bande de Gaza, Moneim Adwan apprend la cantillation coranique (le tajwîd) et chante depuis son enfance le répertoire populaire et classique arabe. Il s’intéresse au ‘ûd et part pour l’Université de Tripoli (Libye) où il travaille avec les professeurs Fateh El-Ramiz (chant) et Abdallah Sebaï (‘ûd). S’inscrivant dans une tradition très ancienne, à la fois savante et populaire, Moneim Adwan compose à partir de poèmes d’auteurs arabes et palestiniens classiques et contemporains. Ses compositions tendent à garder cette tradition vivante dans un monde qui oscille entre modernisme et traditions ancestrales. Sa voix chaude, puissante mais aussi tendre est le plus beau des instruments pour porter un message d’humanité, d’amour et de tolérance.

Dès 1994, il participe à différents événements organisés par le Ministère de l’éducation du nouveau gouvernement palestinien. Il poursuit depuis une carrière internationale sur de nombreuses scènes européennes et méditerranéennes. Il s’est produit à plusieurs reprises avec Bernard Foccroulle, en duo orgue et ‘ûd, avec Françoise Atlan pour une rencontre entre la musique juive et celle de Palestine, avec Jean-Marc Aymes (Concerto Soave) dans un projet l’ayant mené aux quatre coins de l’Europe, avec Emmanuel Pahud et Aurélien Pascal au festival Musique à l'Emperi et avec Erik Truffaz à l’Olympia à Paris. Il a donné fin 2012 et en 2013 une série de concerts en hommage au Printemps arabe en Jordanie, Syrie et Egypte, et s’est produit à l’Institut du Monde Arabe à Paris en 2014. Il donne aussi de nombreux concerts depuis 2013 en compagnie de Sophie Vander Eyden (luth) et Clare Wilkinson (voix) dans un projet appelé Divine Madness mêlant ses compositions à de la musique baroque. Ce projet a fait l’objet d’une parution discographique. Le dernier enregistrement de Moneim Adwan, Jasmin, regroupe ses compositions sur les poèmes de Mahmoud Darwich et est repris dans de nombreux concerts.

En résidence au Festival d’Aix-en-Provence depuis 2009, il y a donné de nombreux concerts et fondé le chœur amateur multiculturel Ibn Zaydoun avec qui il travaille un large répertoire arabe inité en 2008 en interprétant le Choeur des esclaves de Zaïde (Mozart), dans une mise en scène de Peter Sellars. Devant le succès de ce chœur, une expérience similaire a été développée à la Cité de la Musique à Marseille puis à Lodève (84) avec la fondation du chœur Zeryab. Le travail avec le chœur Ibn Zaydoun a fait également l’objet d’un enregistrement discographique produit par le Festival d’Aix-en-Provence.

Il a créé en 2016 avec le metteur en scène Olivier Letellier un opéra commandé par le Festival d’Aix-en-Provence  et basé sur la légende de Kalila wa Dimna. Cet opéra a été précédé d’une première mise en musique d’une fable extraite du même recueil : La Colombe, le Renard et le Héron, présenté en mai 2014 à Aix-en-Provence.

L'opéra Kalila wa Dimna commencera sa tournée cette saison à Lille, au Mans, à Paris et à Dijon.

Son spectacle A la Croisée des rêves, basé sur le texte de Khalil Gibran Le Prophète a été créé l'été 2016 au Festival de Chaillol et sera repris dans la saison 2016-2017 dans le département des Bouches-du-Rhône.

Il continue également cette saison à tourner avec deux trios : avec Zied Zouari, violon et Imed Alibi, percussion dans un programme autour de l'oeuvre de Mahmoud Darwich et avec Alice Foccroulle, soprano et Bernard Foccroulle, orgue dans un programme mêlant oeuvres baroques et créations.

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