L'Annonce faite à Marie - Paul Claudel

Théâtre des Bouffes du Nord Dramateek 90

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Paul Claudel: L'Annonce faite à Marie
Mise en scène: Yves Beaunesne
Adaptation et dramaturgie: Marion Bernède
Scénographie: Damien Caille-Perret
Lumières: Joël Hourbeigt
Création musicale: Camille Rocailleux
Maîtrise de chant: Haïm Isaacs
Création vidéo: Mammar Benranou
Costumes: Jean-Daniel Vuillermoz
Maquillages: Catherine Saint-Sever
Assistantes à la mise en scène: Marie Clavaguera Pratx
et  Amélie Chalmey

Avec  Damien Bigourdan, Judith Chemla, Thomas Condemine, Jean-Claude Drouot, Fabienne Lucchetti et  Marine Sylf

Violoncelle: Myrtille Hetzel et Clotilde Lacroix

Au départ de L’Annonce faite à Marie, il y a comme un drame domestique autour de la rivalité amoureuse de deux soeurs. Mais Violaine, l’aînée, frappée de déchéance après un baiser donné à un lépreux, se retire du monde pour mieux s’en rapprocher par des voies insoupçonnées et prêter assistance à sa soeur. Claudel a l’intuition d’un « opéra de paroles » et la réalité d’un « drame de la possession d’une âme par le surnaturel ». Offrir cette pièce au théâtre, aujourd’hui, nécessite un balancement quasi imperceptible entre la parole et l’histoire, entre l’histoire et le sens, entre le sens et la musique. Voilà pourquoi j’ai demandé au compositeur Camille Rocailleux de créer, autour de la pièce, une partition pour voix, les comédiens, et instruments, deux violoncelles et un clavier. Pour travailler la confrontation entre une poésie brute et terrienne et la présence d’un lyrisme marqué par la passion charnelle et mystique.

Théâtre des Bouffes du Nord

Destiné au répertoire de Caf-conc’ , le théâtre des Bouffes du Nord, commandé par M. Chéret à l'architecte Louis-Marie Emile Leménil, est construit sur des fondations déjà existantes, supposées être celles d'une caserne dont le projet fut abandonné. La salle comporte 530 places réparties en un parterre, un rang de loges et une galerie.
Le spectacle d'inauguration, une revue "Ta-Da-Da" n'obtient aucun succès. M. Chéret comprend alors qu'il s'est attaqué à trop forte partie, et cède la place au bout de quelques mois.

Une quinzaine de directeurs malchanceux se succèderont. Le théâtre, situé dans le quartier excentré de la Chapelle, en lisière des champs, mal éclairé et mal desservi, rebute les habitués des salles parisiennes. Quant au public de l'endroit, il n'est pas préparé à assister sagement à un spectacle. Il arrive que la police soit forcée de l'expulser tant il prend part avec passion aux événements qui se déroulent sur la scène.
1882 L'anarchiste Louise Michel, tente d'attirer les "Marlous" et les "Gigolettes" en faisant jouer une pièce révolutionnaire "Nadine" qui tombe à plat, dans une totale indifférence.
1885 Après que la nouvelle directrice, Mme Olga Léaud, soit partie avec la caisse sans payer les artistes, le théâtre ferme.
Septembre 1885 Abel Ballet, metteur en scène qui sévit principalement dans les théâtres de quartier, rouvre les Bouffes du Nord. Il y monte de grandes fresques historiques et des mélodrames où Margot pleure à gros sanglots. Le spectacle commence à 7 heures le soir et fini souvent au-delà de minuit. Tout comme à Montparnasse, on apporte son fricot que l'on réchauffe sur le poêle commun et que l'on déguste à l'entr'acte, Cette année-là débute Yvette Guilbert dans "La Reine Margot" d'Alexandre Dumas.

1890
Le théâtre du Château d'Eau vient de fermer ses portes et le jeune Firmin Gémier se trouve au bord de la misère. Il est engagé, alors, aux Bouffes du Nord mais il se sent frustré par le répertoire du théâtre devant lequel se pâme le public de la Chapelle et de la Villette.

1893
Abel Ballet accueille - et c'est tout à son honneur - Lugné-Poë qui, avec les comédiens du théâtre de L'reuvre, crée "Rosmersholm" et "Un Ennemi du peuple" de Ibsen, dans des décors dessinés et peints par Vuillard.
"Les Bouffes du Nord une fois louées, on dut répéter. Cependant que Edouard Vuillard aidé de quelques bons amis, Pierre Bonnard, Ranson, Sérusier, consentait à peindre sur la terre froide dans le magasin de décors de la rue de la Chapelle près des bureaux de la petite vitesse du chemin de fer du Nord. Comment nos bons amis ne sont-ils pas eux aussi morts de bronchite ? Il faut avouer que Vuillard et ses compagnons, retapant à 7h ou 8h du matin les vieux châssis que nous trouvions, ont risqué leur santé et leur jeunesse dans l'aventure. Le magasin de décors des Bouffes du Nord était ouvert à tous les vents et il n'y avait aucun chauffage."
Lugné-Poë. "Souvenirs"

Décembre 1893: Création de "Ames solitaires" de G. Hauptmann, mise en scène de Lugné-Poë.
Février 1894: Création de "Solness le constructeur" d'Ibsen, mise en scène de LugnéPoë.

1896
Abel Ballet quitte la direction des Bouffes du Nord. Les deux comédiens Emmanuel CIot et G, Dublay lui succèdent.

1904
La salle, sous l'impulsion de ses directeurs, est entièrement restaurée, repeinte, l'électricité y est installée. Comme pour lui donner ses lettres de noblesse on rebaptise le théâtre "Théâtre Molière" et on fait appel à des auteurs tels que Kistemaeckers, G. Spitzmiller, Georges Darien, A. Bernède et Gaston Leroux dont on monte une adaptation de son "Chéri-Bibi". L'arrivée du chansonnier, Aristide Bruant, interprétant sa propre pièce: "Fleur de Pavé" est considérée comme un événement.

Août 1914: Le Théâtre Molière, comme tous les autres théâtres, ferme ses portes.

1917: Déjà propriétaires de plusieurs scènes de variétés. Oscar Dufrenne et Henry Varna se portent acquéreurs des Bouffes du Nord qu'ils transforment en music-hall. Chaque année ils produisent deux revues, aux titres évocateurs, que signe, le plus souvent Henry Varna, et qui ont toujours beaucoup de succès: "C'est couru", "C'est épatant". "Cline, va!". "Le droit de couchage!". "La Revue très excitante", "La Revue folichonne", "Le Coucher de la marquise". "La Vie d'une fille", etc...

1923
Oscar Dufrenne et Henry Varna se retirent après avoir empoché de sérieux bénéfices. Henry Darcet leur succède et inscrit les Bouffes du Nord dans "Le Consortium des théâtres de quartiers". Réunis dans une même association, Les théâtres des Gobelins, de Grenelle, des Ternes, de Montrouge, des Bouffes du Nord, etc "font tourner des spectacles à succès, créés sur les boulevards. Les principaux rôles sont tenus par des comédiens de second rang, les prix des places sont modestes et l'affiche change toutes les semaines. Malheureusement certaines salles de quartier disparaissent, les unes après les autres, absorbées par la nouvelle industrie du cinéma.

1929
Paul Le Danois et Charles Malincourt remplacent Henry Darcet qui prend la direction de la Scala, Ils poursuivent comme ils peuvent la politique du Consortium.

Août 1932: Charles Malincourt se suicide, dans une crise de dépression.

Octobre 1932
Après avoir remis en état la salle, modernisé le plateau, Paul le Danois accueille le journaliste Léon Moussinac, fondateur du théâtre d'Art international, futur directeur de l'I.D.H.E.C., qui présente trois spectacles remarquablement montés et joués par une troupe de cinquante comédiens.

13 octobre 1932: "Miracle à Verdun" de Hans Chlumberg.

Novembre 1932
5 novembre 1932, "Le Train blindé n° 14-69" de Vsevolod Ivanov.
30 novembre 1932 "Acide prussique" de Friedrich Wolff.
Bien que la critique reconnaisse la grande qualité de ces spectacles, les recettes ne peuvent couvrir les dépenses, ni les frais du loyer, Léon Moussinac doit abdiquer.

Décembre 1932 "Les Surprises du divorce", vaudeville d'Alexandre Bisson.

1935: Décès de Paul le Danois. Les Bouffes du Nord n'offrent plus que des spectacles épisodiques.

1943: La chanteuse réaliste Damia organise des soirées de music-hall dans lesquels elle tient la vedette.

Mai 1945
Comme pour fêter l'Armistice, un jeune metteur en scène, plein d'enthousiasme, Jean Serge, ouvre à nouveau le théâtre auquel il donne le nom de "Théâtre des Carrefours".

25 mai 1945: "L'Invasion" de Léonid Léonov (Prix Staline 1944) avec Daniel Ivernel et Michel Piccoli.

30 octobre 1945: "Les Bouches inutiles" de Simone de Beauvoir, avec Michel Vitold.

27 janvier 1946: "Winterset" de Maxwell Anderson, adaptation de Marcel Achard avec Daniel Gélin et, dans un petit rôle, Louis de Funès, et "Le Roi sans amour" de Paul Mourousi.

Septembre 1946
Ne pouvant plus assumer financièrement la bonne marche du théâtre, Jean Serge se retire. René Marjolle, ex-chanteur de l'Opéra-Comique souhaite donner une vocation lyrique aux Bouffes du Nord, mais après une année difficile, lui, aussi, abandonne.
Décembre 1950

Charles Béai, ancien directeur du théâtre de l'Humour, tente à son tour l'expérience. Il la réussit grâce à une reprise de "Ces Dames aux chapeaux verts" d'après le roman de Germaine Acremant, avec Alice Tissot et Armand Bernard. La pièce "tient" plus de trois mois. On se reprend à espérer..
.
1951
"1900, c'était le bon temps", spectacle de music-hall.

Juin 1952: Trop vieux, mal entretenu, le théâtre ne présente plus les normes de sécurité prescrites par la préfecture de Police et doit fermer ses portes.

1974
Peter Brook et Micheline Rozan, fondateurs du Centre International de 8 Créations Théâtrales, se souviennent de ce bâtiment délabré qu'est le théâtre des Bouffes du Nord. Grâce à l'appui financier du Festival d'Automne, que dirige Michel Guy, ils le font restaurer avec une intelligence et un goût remarquables.

"C'est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d'autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l'apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l'on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l'architedure perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient."
Peter Brook, 1974.

15 octobre 1974: Réouverture du théâtre des Bouffes du Nord avec "Timon d' Athènes", dans une adaptation de J.-C. Carrière. Mise en scène de Peter Brook.

  • 37 bis, bd de La Chapelle, 75010 Paris France
  • web

Yves Beaunesne

Après un doctorat en droit et une agrégation de lettres, il se forme à l’INSAS à Bruxelles et au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris.
Il signe, en novembre 1995, sa première mise en scène en créant, au Quartz de Brest, Un mois à la campagne d’Ivan Tourgueniev, repris au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis et en tournée en France et à l’étranger jusqu’en juin 2000. La pièce a été publiée aux éditions Actes Sud-Papiers dans une traduction et une adaptation qu’il a cosignées avec Judith Depaule. Le spectacle a obtenu le Prix Georges-Lerminier du Syndicat de la critique.Il a été nommé en juillet 2002 directeur-fondateur de la Manufacture - Haute École de Théâtre de la Suisse romande dont le siège est à Lausanne et qui a ouvert ses portes en septembre 2003. Il est resté à la direction de cette école jusqu'en janvier 2007.
Il enseigne au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, à l’Ecole professionnelle supérieure d’Art dramatique de Lille, aux Conservatoires de Poitiers et de Rouen, au Théâtre national de Pékin.
Il a écrit avec Marion Bernède et Christophe Le Masne le scénario d’un long-métrage, Le Jour où nous serons fauchés comme des rats d’église.
Le 6 décembre 2010, Yves Beaunesne est nommé à la tête du Centre dramatique régional de Poitou-Charentes par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication en concertation avec Alain Claeys, maire de Poitiers, et Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes.
Le centre dramatique régional de Poitou-Charentes devient centre dramatique national au 1er janvier 2012 et sera désormais nommé Comédie Poitou-Charentes

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