Le Songe de Sonia / Théâtre Knam

Théâtre des Célestins de Lyon Dramateek 110

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LE SONGE DE SONIA
Une création de Théâtre Documentaire
D’après Le Songe d’un homme ridicule de Fedor Dostoïevski
et le témoignage de Sonia Gromova

Avec Elena Bessonova, Dmitrii Bocharov, Vladimir Dmitriev    

Création documentaire et mise en scène: Tatiana Frolova / Théâtre KnAM
Traductions, surtitrage : Bleuenn Isambard
Lumière, vidéo : Tatiana Frolova
Son : Vladimir Smirnov
Témoignage : Sonia Gromova, matière documentaire, extraits d’articles, archives personnelles et chroniques d'événements

Après Une guerre personnelle et Je suis, spectacles découverts à Lyon avec le Festival Sens Interdits, le Théâtre KnAM, laboratoire de théâtre documentaire et politique explore l’œuvre de Dostoïevski en signant l’adaptation audacieuse d’une de ses dernières nouvelles, Le Songe d’un homme ridicule. Dans ce conte sous-titré « Récit fantastique », un homme sur le point de se suicider est rattrapé par le souvenir d’une petite fille en détresse, à qui il regrette de ne pas avoir apporté son aide. Détourné de sa résolution par cette pensée coupable, il s’endort et fait un rêve qui va donner un nouveau sens à sa vie.
À partir de matériaux composites, Tatiana Frolova crée une polyphonie d’images puissante et troublante, qui interpelle le spectateur sur la valeur de la vie humaine. Avec autant d’humour que de sérieux, la metteure en scène à l’énergie débordante – première personne à avoir créé en Russie un théâtre indépendant à l’époque soviétique – nous offre un voyage au bout de la solitude et de l’isolement, d’une acuité et d’une force théâtrale impressionnante.

La conception qu’a Tatiana Frolova du théâtre documentaire apparaît dès le départ très paradoxale. La notion de documentaire en effet renvoie à une certaine recherche d’objectivité, ou d’objectivation, alors que le théâtre ouvre sur le champ artistique de la transformation du réel.

Chez Tatiana Frolova, dont nous avons pu voir par le passé Une guerre personnelle et, plus récemment, Je suis, l’ambiguïté est plus flagrante encore. Certes, elle s’intéressait dans le premier à la guerre de Tchétchénie à travers des témoignages filmés et dans le second aux mensonges d’État qui ne sont pas sans lien avec un effacement de la mémoire chez les personnes âgées.

Avec le Songe de Sonia cette année, c’est du suicide qu’elle s’empare à partir de celui d’une jeune fille amie, autrement dit depuis une interrogation et une souffrance intimes. Son théâtre prend donc bien sa source dans le réel. Mais le traitement qu’elle en fait est toujours largement onirique, et marie les images réelles comme des captations vidéo avec une distance poétique introduite par une série de filtres, de transparences, de superpositions qui rendent la réalité à la fois plus prégnante et comme immatérielle.

Dans le Songe de Sonia, elle, qui avait un peu abandonné la mise en scène d’œuvres littéraires, réintroduit un texte, et pas n’importe lequel, le Songe d’un homme ridicule du grand Fedor Dostoïevski – même si elle affirme avec véhémence que « Dostoïevski, ce n’est pas de la littérature ».

« J’ai appris le suicide de cette jeune fille que nous connaissions bien par sa mère qui est aussi une amie, au moment de la création de Je suis. Après coup – et c’en fut un pour nous tous –, j’ai compris que tout ce que j’avais fait jusque-là comptait pour rien : le théâtre doit parler d’amour pour toucher nos cœurs de glace indifférents à la détresse des autres. Et j’ai ressenti la nécessité d’avoir recours à une autorité artistique si je voulais que le spectateur comprenne : l’art est au-dessus de la réalité, il nous projette vers le haut et nous offre l’air dont nous avons tant besoin pour y voir clair.

« Dostoïevski représente pour moi cette autorité et, parallèlement, ce qu’il écrit n’est pas de la littérature : il ne retravaillait jamais ses textes, il fixait des moments de la réalité, comme des éléments bruts. J’ai eu envie de fondre en une seule œuvre les paroles de Sonia et le texte de Dostoïevski qui lui donne sens. Sans lui, on n’aurait pas réussi.


« Le travail a été très dur, j’ai cru véritablement que j’allais mourir, ou devenir folle. Cette souffrance était un passage obligé pour comprendre le geste de Sonia. Tout ce qui pouvait passer pour artifice devenait mensonge à mes yeux, et je n’en voulais pas. Même le jeu des acteurs en soi est mensonge. Pour eux, ce fut très difficile, car j’étais très exigeante et jamais satisfaite de ce qu’ils apportaient sur le plateau. Ils ne saisissaient pas ce que je voulais alors que je désirais juste qu’ils trouvent l’authenticité. J’ai bien cru que notre groupe, qui a pourtant plusieurs dizaines d’années d’âge, n’y survivrait pas !

« Et puis… Sonia a ouvert les yeux et la première chose qu’elle a demandée, c’est qu’on lui apporte un livre de Dostoïevski. Ce fut pour moi le signe que nous étions sur la bonne voie. »

Pendant le temps de l’entretien, Tatiana Frolova utilisera à plusieurs reprises ce mot « signe ». Tout en balayant (un peu vite sans doute) toute référence mystique, elle semble voir partout des signes qu’elle décide d’écouter et de suivre, cherchant des liens entre la réalité et ce qui est caché… Comme une manière de rester optimiste malgré tout, malgré le dénuement dans lequel travaille ce tout petit théâtre de 26 places, perdu dans une métropole ouvrière jetée là en plein milieu de la taïga sibérienne…

À ma question concernant l’adaptation française du texte, elle répond qu’elle avait pris contact avec André Markowicz, traducteur pour Actes Sud de la nouvelle de Dostoïevski, et que celui-ci avait donné son accord pour en offrir les droits à ce théâtre qui vit avec très peu de moyens. Mais l’éditeur ne l’entendait pas de cette oreille, et il a fallu recourir à une autre solution : « Pour moi, ce fut encore un signe qu’il fallait prendre en compte et j’ai demandé à Bleuenn Isambard de travailler à une nouvelle traduction. Nous avons échangé par mail tout un été.

« En réalité, je ne voulais pas une nouvelle traduction du Songe d’un homme ridicule, mais une traduction de la pièce russe avec des incrustations de la nouvelle. Et surtout, j’ai pu mettre d’autres mots que ceux communément admis par l’ensemble des traducteurs. Par exemple, il y a dans le texte russe une expression généralement traduite par « ça m’est égal », que j’ai remplacée par « ça m’est indifférent ». Le sens, au fond, n’est pas du tout le même. Si nous avions utilisé la traduction d’André Markowicz, on n’aurait rien pu changer. Finalement, nous nous sommes trouvés dans des conditions idéales pour créer : le fil du rasoir… »

Théâtre des Célestins de Lyon

Le théâtre des Célestins est un théâtre lyonnais. C'est l'un des seuls théâtres en France, avec la Comédie-Française et le théâtre de l'Odéon, à fêter plus de 200 ans d'art dramatique.

Son nom vient du couvent de célestins qui occupait l'emplacement de 1407 à 1789.

C'est aujourd'hui un théâtre municipal en régie directe Ville de Lyon. Il programme un répertoire contemporain et classique et du théâtre de création1.

Le couvent des Célestins de Lyon fut fondé en 1407 sur les bords de la Saône, à la suite de la donation de l'ancienne propriété des Templiers par Amédée VIII, comte puis duc de Savoie. À cet emplacement, les religieux édifièrent un couvent et une église, qu'ils utilisèrent jusqu'en 1779.

La Société des Célestins, puis Compagnie des Célestins, créée définitivement en 1789, avait pour objet « l'établissement d'un jardin au centre des terrains des ci-devant Célestins, la construction de 17 maisons environnant ce jardin, la distribution et réparation du bâtiment claustral qui formerait 7 maisons particulières dans l'une desquelles serait construite une salle de spectacle ».

Un premier théâtre, appelé théâtre des Variétés, est inauguré le 9 avril 1792.

En 1871, un incendie détruit entièrement l'édifice, devenu d'ailleurs vétuste et trop petit.

Le bâtiment actuel est l'œuvre de Gaspard André, à la suite d'un concours organisé en 1873. Le théâtre est inauguré le 1er août 1877, mais brûle dans la nuit du 25 au 26 mai 1880. Gaspard André est choisi pour reconstruire le Théâtre des Célestins.

Une rénovation majeure a été réalisée dans les années 2002 à 2005. En entreprenant la rénovation du théâtre des célestins pour des questions évidentes de sécurité, la ville de Lyon a aussi eu l’ambition de privilégier l’accueil et le confort du public, d’ouvrir plus largement ce lieu en le rendant accessible à tous et d'offrir aux professionnels des conditions de travail optimales. Une deuxième salle, la Célestine, a été créée durant les travaux et peut accueillir jusqu'à 130 spectateurs.

Des acteurs célèbres y ont joué comme Sarah Bernhardt ou Jean Marais. Napoléon y a été spectateur.

Pendant les 35 années de la direction Charles Moncharmont, le théâtre des Célestins a accueilli les plus grands noms de la scène : Cécile Sorel, Jules Berry, Ludmilla et Georges Pitoeff, Louis Jouvet, Charles Dullin, Elvire Popesco, Sacha Guitry, Madeleine Renaud, Pierre Dux, Jean | weber, Fernandel..., sans omettre les gloires du music-hall : Joséphine Baker, Mistinguett, Maurice Chevalier. Charles Gantillon qui lui succède en 1941, accroît encore le prestige du théâtre avec sa passion dévorante pour le théâtre et son esprit novateur. Grâce à lui, le public découvre Jean Cocteau, Eugène Ionesco, Armand Gatti, Samuel Beckett, Bertolt Brecht. Il donne leur première chance à Jorge Lavelli, Patrice Chéreau, Edmond Tamiz et Marcel Maréchal. Le 26 janvier 1968, Albert Husson et Jean Meyer sont nommés ensemble à la direction du Théâtre. En 1978, à la mort d'Albert Husson, Jean Meyer dirige seul les Célestins. Jean-Paul Lucet, qui jouait avec la comédienne fétiche de Meyer, Claude Jade (son actrice préférée dans cinq pièces entre 1975 et 1984 au Théâtre des Célestins), dans Britannicus en 1980, lui succède en 1985. Claudia Stavisky dirige les Célestins depuis 2000, rejointe à la codirection par Patrick Penot en 2002 puis par Marc Lesage en 2014.

  • 4 Rue Charles Dullin, 69002 Lyon, France
  • web

Tatiana Frolova

Directrice artistique et metteur en scène née en 1961, Tatiana Frolova est diplômée de l’Institut d'Etudes Théâtrales de Khabarovsk. En 1985, à l’époque soviétique, elle crée dans sa ville natale de Kosmomolsk-sur-Amour (Extrême-Orient russe) le Théâtre KnAM, un des tout premiers théâtres indépendants de Russie. C'est dans ce lieu dont l'abréviation pourrait être traduite par " (venez) chez nous " que Tatiana Frolova fabrique avec très peu de moyens ses spectacles depuis maintenant trente ans. Dans un article paru dans Libération en 1998, Jean-Pierre Thibaudat, alors correspondant à Moscou, qualifie Tatiana Frolova de " pile électrique ". Isolée dans une ville plutôt hostile, mais convaincue qu'on peut y travailler, elle déploie une exceptionnelle énergie pour faire vivre son théâtre et proposer aux habitants des oeuvres contemporaines. Pour construire ses spectacles, elle associe volontiers différents médias artistiques " vivants " ; théâtre, musique, vidéo, peinture sur scène... Tatiana Frolova est très sensible au travail collectif : ses comédiens ne sont pas de simples exécutants, ils sont partie prenante de son travail de mise en scène. Depuis une douzaine d'années, Tatiana Frolova se tourne vers le théâtre documentaire, un théâtre basé sur le recueil de témoignages de vie. Depuis 2014, elle dirige une master class au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris.

Juliette Swierczewski

© Nathan Yamniak

Née en 1989 à Paris dans une famille de musiciens, Juliette Swierczewski débute le violoncelle à l’âge de cinq ans et le pratique à un niveau semi-professionnel pendant quinze ans, se formant auprès de professeurs tels que Claire Roger, Antoine Ladrette, Véronique Marin, Ingrid Schoenlaub, Alain Meunier et Marie-Thérèse Grisenti. Elle étudie également le chant lyrique et obtient le ATCL Diploma (Associate Trinity College London) en décembre 2011.
Passionnée de photographie et cinéphile, et attirée par la mise en scène en général,  Juliette Swierczewski participe, durant son adolescence, en tant que stagiaire, à la production d'Un Hiver sous la Table, mise en scène par Zabou Breitman, avec Isabelle Carré et Dominique Pinon, au Théâtre de l'Atelier, puis, l'année suivante, à la production de Carmen, mise en scène par Andrea Brett et dirigé par Nikolaus Harnoncourt au Festival Styriarte de Graz, Autriche.
Elle entreprend des études de réalisation cinéma et audiovisuelle à l’EICAR à Paris (Ecole Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation. Elle y suit des cours d’écriture scénaristique, réalisation, cinématographie, montage, direction d’acteurs, production,…
Au cours de ces trois années d’études, elle réalise trois courts-métrages, dont le second, “Teatime“ est sélectionné dans plusieurs festivals internationaux de courts-métrages étudiants (FILOFEST en Slovénie, FIFE au Maroc), et le dernier “Une cadence rompue“ reçoit le Prix Spécial du Jury lors de la projection et remise de diplôme à la Cinémathèque Française de Paris le 10 décembre 2012, jury présidé par Charlotte Rampling.
En tant que technicienne de l'audiovisuel (cadreuse, chef monteuse, étalonneuse) pour des sociétés de productions telles que Grand Angle, French Connection Films, New Morning Vision, Flight Movie, Interscoop, Les Films de la Découverte et Ozango (diffusion: France 2, Arte, Mezzo, RTBF, RAI, Classicall TV), Juliette Swierczewski possède déjà une grande expérience de captations et postproduction de spectacles vivants.
Elle diversifie son expérience au niveau de la production en effectuant son stage de fin d’études en tant qu’assistante de production sur le tournage d’Alias Caracalla, réalisé par Alain Tasma et produit par Georges-Marc Benamou (Siècle Productions) – diffusion Arte et France 3.
Elle a réalisé plusieurs captations de spectacles vivants pour Les Films de la Découverte et FL Concepts, particulièrement à Prague avec Prague Philharmonia et la compagnie de danse DOT504, au Grand Théâtre de Provence avec l'Ensemble Café Zimmermann.

Elle vient d'écrire et de réaliser un film musical en condition de tournage cinéma, consacré au compositeur Azéri Kara Karayev, avec le violoniste Vadim Repin et le pianiste Murad Huseynov.

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