Claudio Monteverdi / L'Orfeo

Opéra de Dijon ClassicAll 16

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L’ORFEO
Favola in música sur un livret d’Alessandro Striggio
créé au Théâtre de la Cour de Vincent Ier de Mantoue le 24 février 1607

LES TRAVERSÉES BAROQUES
DIRECTION MUSICALE Étienne Meyer

Mise en scène: Yves Lenoir
Chorégraphie: Émilie Bregougnon
Scénographie: Céline Perrigon
Costumes: Marie La Rocca
LUMIÈRES Victor Egée
Maquillage, coiffure, perruques: Isabelle Lemeilleur
Chef de chant: Pierre Gallon

Orfeo: Marc Mauillon
Euridice: Marine Chagnon
Musica: Emmanuelle de Negri
Messager: Eva Zaïcik
Ninfa: Capucine Keller
Proserpina: Claire Lefilliâtre
Speranza: Kangmin Justin Kim
Pluton: Frédéric Caton
Caronte: Renaud Delaigue
Apollo: Tomáš Král
Pastore: Antonio Giovannini
Pastore & Spirito: Benjamin Alunni
Pastore & Spirito: Vincent Bouchot
Spirito: Guilhem Worms

Chœur: Marie-Frédérique Girod, Cécile Granger, Cécile Dalmon, Alice Kamenezky (soprani), Sophia Patsi, Josquin Gest (alti), François Roche, Olivier Fichet (ténors), Thomas van Essen (baryton), Sydney Fierro (basse)

Danseurs: Farid Ayelem Rahmouni, Marc Brillant, Onofrio Zummo

Si L’Orfeo de Monteverdi est considéré comme le premier chef-d’œuvre dans l’histoire de l’opéra c’est sans aucun doute lié au génie dramatique propre de Monteverdi qu’il le doit, qui, pour la première fois, réussit la subtile alliance du mot, de la note et de l’affect…

Dans L’Orfeo, Monteverdi donne à la figure mythique du poète parti chercher sa bien-aimée aux enfers une incarnation prodigieusement humaine et incroyablement moderne.

 

Au cœur de la réussite de cette nouvelle production de l’Orfeo, un formidable Marc Mauillon dont la prestation est captivante. Il campe un chanteur pop des années 70, dans un milieu glauque, délétère, dont la fraîcheur n’est pas la première qualité. Musicien hors normes, a-t-il jamais été meilleur ? Sa puissance expressive, son intelligence dramatique forcent l’admiration. « La danse, le travail du corps aident à l’expression musicale » confie-t-il à propos de ce parti pris. Habité par le verbe, il fait toujours « de la musique avec des mots » ainsi qu'il le confiait à Bernard Schreuders en 2012. La puissance naturelle, la projection, le soutien, la conduite et l’ornementation de la ligne, la couleur, tout est là.

Yves Lenoir, qui signe ici, seul, sa première grande réalisation, est revenu aux sources du mythe, faisant craquer le cadre conventionnel, oubliant la nature bucolique, les stéréotypes infernaux, pour nous offrir un héros de chair et de sang, livré à ses passions et à ses tourments, avec des dieux aussi vénaux, roublards, débauchés, mais aussi touchants que des humains. Une vaste chambre d’hôtel, haute de plafond et de fenêtres, avec sa salle de bain, sera le cadre unique des cinq actes, à la faveur de quelques ingénieux changements à vue et d’éclairages pertinents. Le chœur n’est plus ici le témoin, le commentateur passif du drame antique, sinon à travers un journaliste et un photographe, c’est l’ensemble des groupies de leur idole, dont la présence et les évolutions vont animer le plateau. On fume, on boit, on se drogue – une piqûre est plus efficace que le chant pour endormir Caron – on se caresse, on s’embrasse et on s’aime. La direction d’acteurs, bien que millimétrée, respire la nonchalance. Une carrière prometteuse s’ouvre pour Yves Lenoir, qui met ses qualités musicales – on ignore généralement qu’il fut luthiste et haute-contre – au service d’une mise en scène proprement inspirée, intelligente et aboutie.

Marc Mauillon, notre pop star, est splendidement entouré par la fine fleur du chant baroque. Dans l’ordre d’apparition en scène : Emmanuelle de Negri (La Musica), dont la voix et l’engagement se situent au plus haut niveau ; les bergers, remarquables, que l’on retrouvera en esprits au 4e acte ; la Nymphe fraîche de Capucine Keller ; l’extraordinaire Messagère de Eva Zaïcik, mezzo à la voix chaude, dont l’irruption puis le récit nous bouleversent ; l’Espérance de Kangmin Justin Kim, dont on regrette la brièveté de l’intervention ; Renaud Delaigue, Caron vénal à souhait ; le couple infernal et concupiscent (Proserpine et Pluton), où Claire Lefillâtre tient la dragée haute à son époux, Frédéric Caton, tous deux vocalement et dramatiquement remarquables ; et enfin l’Apollon lumineux de Tomas Kral, voix superbe et sonore qui illustre à merveille l’affection qui le lie à son fils. Pas la moindre faiblesse dans cette distribution proche de l’idéal. Le chœur de solistes, tous aguerris au chant baroque, est d’une homogénéité remarquable.

Emilie Bregougnon mobilise trois danseurs solistes – tour à tour métèques gominés et porte-flingues – et les membres du chœur : alors que l’exercice paraissait redoutable, le miracle s’accomplit. La musique des danses de la Renaissance est chorégraphiée pour participer à l’esthétique globale du spectacle, avec un naturel confondant.

Etienne Meyer et ses Traversées baroques, après la révélation de La Pellegrina, en 2014, nous offrent une lecture fouillée, délicate et forte, toujours souple et dynamique de la partition. L’orchestre, aux équilibres idéaux, compte à peine plus d’instruments qu’à la création, quelques doublures s’imposant compte-tenu de l’ampleur de la salle de 1600 places. Le soin apporté à l’accompagnement est indéniable, tout comme les couleurs des passages instrumentaux. Parmi les initiatives retenons  la toccata d’ouverture, emblématique, qui place la trompette et les sacqueboutes dans l’équivalent d’une loggia, rappel visuel, et surtout sonore, bienvenu et efficace. Les attentes ponctuellement insatisfaites de davantage d’expressionnisme (régale insuffisamment agressive, hémioles trop souples, dramatisme des actes ultimes) n’ont pas suffi à estomper notre bonheur. Le public, enthousiaste, ne s’y est pas trompé, qui ovationne longuement les artistes : il a assisté à une création qui fera date, promise à un bel avenir.

 

opéra de Dijon vu de la scène

Opéra de Dijon

L'Opéra de Dijon est l'une des salles les plus prestigieuses de sa région, qui accueille les plus grands spectacles musicaux et les orchestres mondiaux les plus réputés. Composé de deux institutions de Dijon : l'Auditorium et le Grand Théâtre, l'Opéra de Dijon assure une programmation d'une grande qualité et attire un public de plus en plus vaste.

Ce lieu culturel mixte n'a cessé de gagner en notoriété depuis sa création, grâce à une diffusion artistique de qualité et à des tarifs qui conviennent à tous les publics. Nul question d'élitisme culturel dans cette salle ouverte à tous et qui permet un véritable rayonnement culturel de la ville de Dijon.

On retrouve ainsi à la fois des Opéras classiques, des oeuvres contemporaines, des spectacles de danse et bien d'autres surprises culturelles dans un lieu qui ne cesse de s'ouvrir au monde.

Yves Lenoir

Yves Lenoir est un jeune metteur en scène d’opéra. Formé au conservatoire d’art dramatique à Clermont-Ferrand, il a ensuite suivi des études d’art lyrique au conservatoire Jean-Philippe Rameau à Paris et s’est spécialisé en musique ancienne.
Artiste associé trois ans à l’Atelier du Rhin (maintenant la Comédie de l’Est) et aux Jeunes Voix du Rhin, l’opéra studio de l’Opéra National du Rhin, il est ensuite devenu collaborateur artistique ou assistant à la mise en scène dans de nombreuses maisons d’opéra en France (Opéra National de Paris, Opéra National du Rhin, Opéra de Lille, Opéra de Dijon, Opéra Théâtre de Limoges) et en Europe (Teatro alla Scala, Covent Garden ROH, Staatsoper Unter den Linden, Komische Oper Berlin, De Nederlandse Opera, Staatsoper Stuttgart, Philharmonie du Luxembourg).
En tant que metteur en scène, il a développé au gré de ses productions une écriture de plateau singulière : La Jeune Fille et la Mort de Nicolas Genka, Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon, Dans la nuit la plus claire jamais rêvée, un spectacle sur des textes de Philippe Jaccottet. Auteur de Leçons de Ténèbres (Comp’Act, 2006) et d’Une Vie immobile (Tarabuste, 2013), il a aussi écrit un livret d’opéra pour enfants Le Petit Bossu pour James Wood et les Percussions de Strasbourg. Il a pour projet l’écriture d’un livret d’opéra sous forme de série Le Grand Opéra Savon.

Les Traversées Baroques

Opera de Dijon©Gilles Abegg

Les Traversées Baroques ? Pour une aventure musicale hors des sentiers battus...

Créé en 2008 en région Bourgogne, l’ensemble  Les Traversées Baroques a d'emblée placé son projet sous le double signe de l'échange et de la découverte. À l'image de la définition première du terme barroco - une perle à la forme irrégulière - ce sont bien les courbes et aspérités du premier baroque que Judith Pacquier (direction artistique) et Etienne Meyer (direction musicale) proposent dans leurs programmes. C’est à l'échelle européenne que le projet s'inscrit dès sa création : au contact des jeunes musiciens et des musicologues s'efforçant de sortir la République tchèque de son isolement au plan des musiques anciennes et de son oubli d'un passé musical baroque trop longtemps occulté, ils prennent conscience de la nécessité de créer un tel ensemble; dédié en priorité aux répertoires du XVIIè siècle des pays de l'est de l’Europe, et à toute l’influence qu’a pu avoir la musique italienne à la même période. Ainsi naquirent les premiers programmes musicaux des Traversées Baroques, attachées à faire revivre les œuvres captivantes qui gisaient dans les archives en Pologne et en République tchèque notamment. C'est une véritable politique éditoriale discographique qui est mise en place autour de ce répertoire polonais, en partenariat avec le label discographique K617 et l'Institut Adam Mickiewicz : un premier album consacré à Marcin Mielczewski est largement récompensé par la critique à sa sortie en 2011. Le second album, consacré au polonais Mikolaj Zielenski, est sorti en janvier 2015, et reçoit également un accueil enthousiaste.

Un projet européen bien ancré dans sa ville et dans sa région : cette  mission à l’ échelle de l’Europe vient compléter avec bonheur notre connaissance du baroques musical européen. Toutefois, Les Traversées Baroques ont voulu que la dimension européenne de leur projet prenne ses racines en Bourgogne et plus particulièrement à Dijon où l’ensemble multiplie sessions de formation et créations de programmes, renouant ainsi avec le glorieux passé historique d’un puissant Duché qui rayonna sur toute l’Europe jusqu’à la fin du Moyen Âge. Ce rayonnement découle désormais d’un intense travail de coopération culturelle, permettant aux Traversées Baroques de conjuguer les talents de chanteurs et d’instrumentistes, tous virtuoses en leurs disciplines.

Ensemble Baroque Régional en résidence à l'Opéra de Dijon depuis avril 2013, et ensemble en résidence au Festival International de Sarrebourg depuis 2014, Les Traversées Baroques développent depuis lors de nouveaux programmes originaux, diffusés ensuite dans des festivals à échelle nationale et internationale. Les Traversées Baroques se tournent également vers l’opéra, avec une reconstitution  mise en scène des intermèdes de la Pellegrina, donnée en février 2014 au Grand Théâtre de Dijon. Elles préparent actuellement un second spectacle mis en scène qui sera donné à  l’automne 2016. C'est également une volonté forte de formation des musiciens et du public de demain qui pousse Les Traversées Baroques à proposer des masterclass, conférences et ateliers autour du répertoire du début du XVIIè siècle : l'Atelier de Traversées Baroques est présent à Dijon, Prague et Varsovie depuis 2008.

Les Traversées Baroques bénéficient du soutien du Ministère de la Culture (Direction Régionale des Affaires Culturelles) au titre des ensembles musicaux et vocaux conventionnés, de la Ville de Dijon, du Conseil Général de Côte d'Or, de la Région Bourgogne ainsi que de culture

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