Flexible Silence

Théâtre National de Chaillot ClassicAll 1

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Flexible Silence
Chorégraphie, décor, lumières, costumes : Saburo Teshigawara
Assistante artistique : Rihoko Sato
Coordination technique, assistant lumières : Sergio Pessanha
Olivier Messiaen: Fête des belles eaux (1937)
Tōru Takemitsu: Air (1995), And then I knew t’was Wind (1992), Toward the Sea (1981), Les Yeux clos II (1988), For Away (1973), Rain Spell (1980)

Avec Rika Kato, Maria Chiara Mezzadri, Junya Okazaki, Rihoko Sato, Saburo Teshigawara, Eri Wanikawa (danseurs)

Ensemble intercontemporain
Odile Auboin (alto)
Frédérique Cambreling (harpe)
Jérôme Comte (clarinette)
Gilles Durot (percussion)
Hideki Nagano (piano)
Emmanuelle Ophèle (flûte)
Jean-Marc Zvellenreuther (guitare)

Alors que nous évoluons dans un univers saturé de bruits, Saburo Teshigawara cherche à faire renaître le silence. À partir de musiques d’Olivier Messiaen et de Tōru Takemitsu, Teshigawara s’interroge sur l’audible et l’inaudible, et crée une chorégraphie à la fois aérienne et terrestre, organique, dont chaque mouvement est la traduction corporelle de la musique. Un moment suspendu à la lisière du temps.

Le travail de Saburo Teshigawara, chorégraphe nippon qui marque de son empreinte la danse contemporaine depuis la seconde moitié des années 1980, est intimement lié à la musique. Flexible silence, pièce créée spécialement pour le théâtre de Chaillot, est née de la rencontre entre l’univers musical de Messiaen et celui du compositeur japonais Tōru Takemitsu, fervent admirateur de Messiaen.  Les solistes de l’Ensemble Intercontemporain interprètent ces œuvres sur scène.

Le lien entre danse et musique est palpable dès la première variation de Rihoko Sato, magnifique danseuse de la compagnie Karas de Saburo Teshigawara, devenue l’assistante du chorégraphe dans ses créations. La frêle silhouette de la danseuse aux cheveux grisonnants se plie, avec la souplesse d’un brin d’herbe agité par le vent, les bras légers comme un souffle d’air. Les danseurs sont parfois secoués par les accords effrénés de la musique, le corps pris de tremblements ; parfois ils évoluent au sol, comme des chrysalides qui n’ont pas encore achevé leur mue de papillon. La chorégraphie, à l’image de la musique, établit le lien entre l’air et la terre, le monde animal et le monde végétal. Les danseurs, traversés par la musique, sont comme un trait d’union entre ces univers. Chez Teshigawara, la danse donne à voir la chair de la musique.

Puis Saburo Teshigawara entre en scène, pour plusieurs solos. Le voir danser est fascinant : comme un caméléon, il se métamorphose, roseau ou cygne, faisant bouger isolément chaque articulation de ses jambes, pieds, mains ou bras. Contrairement à Rihoko Sato, qui est toute ondulation, rapidité, éphémère, lui ne se départit pas d’une certaine raideur, comme s’il symbolisait l’élément de fixité, de pérennité, dans un monde mouvant. Certains mouvements ou postures rappellent les arts martiaux, d’autres le hip-hop ; la rapidité des pieds évoque les claquettes mais toujours avec cette souplesse et dextérité qui le caractérisent.

La seconde partie est consacrée aux musiques de Takemitsu, qui mettent en relief les instruments les uns après les autres. Sur un magnifique piano solo, interprété par Hideki Nagano, qui fait surgir les silences de la musique et les étire à l’infini, Teshigawara danse dans des rais de lumières, passant de l’ombre à la lumière comme du silence au son.

Il effectue un autre solo dans le silence complet cette fois. L’œil du spectateur se focalise avec plus d’acuité encore sur les mouvements, qui cette fois sont scandés par la seule respiration du danseur. La dernière partie n’évite pas quelques longueurs toutefois et une certaine impression de répétition dans la succession des variations.

La sobriété des costumes, pantalons et T-shirt serrés noirs, et des décors, fait écho à l’intériorité profonde de cette pièce ; l’économie de moyens fait partie intégrante de l’esthétique quasi ascétique de Teshigawara.

Les danseurs, tous excellents de précision, de vivacité et de légèreté, évoluent ensemble mais sans jamais entrer en contact les uns avec les autres. À l’exception du dernier tableau, où Teshigawara et Sato marchent l’un vers l’autre sur un même rai de lumière et viennent poser chacun la tête sur l’épaule de l’autre, dans un geste de profonde tendresse, qui rappelle que l’humanité n’est pas absente de cet univers spirituel.

Théâtre National de Chaillot

Le théâtre national de Chaillot est l'un des six théâtres nationaux français, situé dans le palais de Chaillot, au 1 place du Trocadéro dans le 16e arrondissement. Il a le statut juridique d'un établissement public à caractère industriel et commercial.

Le théâtre de Chaillot a été construit en 1937 par les frères Niermans. Il fut longtemps le lieu symbolique du théâtre populaire, notamment associé aux grands noms tels que Jean Vilar puis Antoine Vitez, et affecté au TNP jusqu'en 1972. Entre 1973 et 1975, l'intérieur du théâtre est totalement restructuré lors d'un chantier de rénovation conduit par le duo Valentin Fabre et Jean Perrottet, déjà architectes des nouveaux aménagements du théâtre de la Ville en 1967-1968. Le théâtre de Chaillot est reconnu théâtre national en 1975 et abrite une école de théâtre (qui ferme ses portes en 2006). Il comporte désormais trois salles, la salle Jean-Vilar de 1250 places et la salle Gémier de 420 places, ainsi que le studio Maurice-Béjart de 80 places dédié à des spectacles de moindre envergure, c'est la salle dite des « expériences ».

En 1993, Michel Reilhac, ancien danseur, face au déclin du bal « ringardisé », y crée le « bal moderne » dans le cadre du Festival Paris quartier d'été, avec comme principe des néophytes qui sont invités à apprendre des mini-chorégraphies créées spécialement à leur intention par de grands noms de la danse2.

En juin 2008, Dominique Hervieu (directrice depuis 2000 de la mission jeune public) et José Montalvo (qui était depuis 2000 directeur de la danse à Chaillot) prennent la direction du tout nouveau pôle chorégraphique créé au théâtre national de Chaillot, dont la mission est désormais en priorité à la promotion de la danse contemporaine plus que celle historique du théâtre3. Cette orientation, décidée en septembre 2007 par la ministre de la culture Christine Albanel, met désormais en concurrence ou en synergie deux grandes salles parisiennes : le théâtre de la Ville, salle historique à Paris de la promotion de la danse contemporaine depuis 30 ans, devrait s'orienter vers une programmation plus internationale, alors que Chaillot pourrait se spécialiser sur les chorégraphes contemporains français, pour la plupart issus de la Nouvelle danse française des années 1980. Après seulement deux ans, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand annonce le 3 septembre 2010 la nomination du danseur et pédagogue Didier Deschamps à la tête de l'institution à partir de juillet 2011 après le départ de Dominique Hervieu à la direction de la Biennale de la danse de Lyon et de la Maison de la danse de Lyon, José Montalvo faisant toujours partie de l'équipe dirigeante.

  • 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75016, Paris, France
  • web

Saburo Teshigawara

Ce chorégraphe japonais a bouleversé la danse contemporaine par son style, ses oeuvres. Qui a un jour vu sur scène ce virtuose de la danse, ne peut qu’en avoir gardé un souvenir vif et une émotion toute aussi forte. Véritable ovni dans le paysage de la création contemporaine qui signe à la fois chorégraphie, scénographie, lumières et costumes de toutes ses pièces, Saburo Teshigawara développe une approche à la fois auditive, visuelle et plastique d’un spectacle.
Originaire de Tokyo, Saburo Teshigawara entame sa carrière de chorégraphe en 1981, après avoir étudié les arts plastiques et la danse classique. En 1985, il fonde Karas avec la danseuse Kei Miyata. Saburo Teshigawara s’intéresse aux différentes formes d’arts visuels. Pour chaque créations, il conçoit l’oeuvre dans sa globalité, aussi bien les costumes, les éclairages, le dispositif scénique que la chorégraphie. Parallèlement, il crée des installations, dont Double District ou Fragments of Time (2008), réalise des vidéos ( comme le remarqué T-Cityen 1993), participe à plusieurs films et met en scène les opéras Turandot de Puccini en 1999 ( coproduit par le Bunkamura, la Ville de Tokyo et le Festival international d’Édimbourg ), Didon et Énée d’Henry Purcell à la Fenice à Venise en 2010 et Acis et Galatée de Georg Friedrich Haendel pour le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence 2011. Son intérêt pour la musique et ses recherches sur l’espace le conduisent à monter des oeuvres in situ. Ainsi en 1992, il crée Noiject, association de noise («bruit ») et object («objet ») dans un entrepôt désaffecté, puis In: Edit (1996), dans une centrale électrique. En 1999, il présente Triad à la Hayward Gallery et en 2002, Oxygen, dans un marché au bétail à Schwaz, Autriche, et à Bolzano, en Italie. Il dirige également des ateliers permanents au studio de Karas à Tokyo, dans lesquels il encourage et inspire de nombreux jeunes danseurs. En 1995, il lance à Londres un projet pédagogique appelé STEP (Saburo Teshigawara Education Project ), avec plusieurs partenaires britanniques. En 2004, le Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative lui demande d’être l’un de ses mentors pour travailler pendant un an avec un jeune danseur de son choix. Depuis 2006, Saburo Teshigawara est professeur au Department of Expression Studies de l’Université St Paul’s (Rikkyo ) au Japon. En juillet 2013, il ouvre son propre espace de création, Karas Apparatus, à Tokyo, qui propose ateliers, spectacles et autres événements.

Ensemble Intercontemporain

Créé par Pierre Boulez en 1976 avec l’appui de Michel Guy (alors secrétaire d’État à la Culture) et la collaboration de Nicholas Snowman, l’Ensemble intercontemporain réunit 31 solistes partageant une même passion pour la musique du vingtième siècle à aujourd’hui.
Constitués en groupe permanent, ils participent aux missions de diffusion, de transmission et de création fixées dans les statuts de l’Ensemble.
Placés sous la direction musicale du compositeur et chef d’orchestre Matthias Pintscher, ils collaborent, au côté des compositeurs, à l’exploration des techniques instrumentales ainsi qu’à des projets associant musique, danse, théâtre, cinéma, vidéo et arts plastiques.
Chaque année, l’Ensemble commande et joue de nouvelles œuvres, qui viennent enrichir son répertoire.
En collaboration avec l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (IRCAM), l’Ensemble intercontemporain participe à des projets incluant des nouvelles techniques de génération du son.
Les spectacles musicaux pour le jeune public, les activités de formation des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs ainsi que les nombreuses actions de sensibilisation des publics, traduisent un engagement profond et internationalement reconnu au service de la transmission et de l’éducation musicale.
Depuis 2004, les solistes de l’Ensemble participent en tant que tuteurs à la Lucerne Festival Academy, session annuelle de formation de plusieurs semaines pour des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs du monde entier.
En résidence à la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, l’Ensemble se produit et enregistre en France et à l’étranger où il est invité par de grands festivals internationaux.
Financé par le ministère de la Culture et de la Communication, l’Ensemble reçoit également le soutien de la Ville de Paris.

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