Drugs kept me alive

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Jan Fabre: Drugs kept me alive

Texte, mise en scène, scénographie: Jan Fabre
Dramaturgie: Miet Martens
Musique: Dimitri Brusselmans
Costumes: Andrea Kränzlin
Coordination technique: Geert Van der Auwera
Technicien: Tim Thielemans

Performeur: Antony Rizzi

« Drugs kept me alive » raconte l'histoire d'un survivant, rattrapé au bord du gouffre par une ivresse indéfinissable qui devient sa seconde nature, celle des médicaments du royaume des ombres l'enveloppant tout entier.

Dans le monologue Drugs kept me alive, Jan Fabre met en scène un personnage à la lisière de la vie. Le performeur Antony Rizzi, danseur historique de William Forsythe et interprète régulier de Jan Fabre, y raconte son combat contre le sida. Ses complices sont l’ecstasy, les poppers, les amphés et la coke : des pilules pour survivre, et des pilules pour l’ivresse et la vie entre euphorie et abîme. Il embarque ainsi à bord d’un gigantesque dirigeable au­‐dessus des nuages, et amarre aux quais de ses chimères, entouré de mirages qui l'emmènent loin, très loin jusqu'à l'extase.

 

deSingel Antwerp

Depuis trente ans, depuis que Frie Leysen, et ensuite Jerry Aerts, ont pris l’institution en mains, le Singel a accueilli tout ce que la musique, le théâtre et la danse mondiale avaient d’important. De Pina Bausch à Forsythe, de Claude Regy à Marthaler venus en direct d’Avignon, de Brendel aux plus grands jazzmen, des milliers de francophones ont pu les découvrir dans les deux salles de cette institution située au sud d’Anvers, le long du ring.

Le Singel passe désormais à la vitesse supérieure et se transforme en une véritable "cité des arts", concrétisant une utopie lancée il y a 50 ans déjà. L’aile neuve de l’architecte Stéphane Beel (né en 1955, l’architecte du musée M à Leuven et du futur musée de Tervuren), s’étend sur 12000 m2, a coûté 25 millions d 'euros et est inaugurée ce week-end par une grande fête avec une multiplicité de concerts, spectacles, visites du lieu et lectures pendant les deux jours, avec, entre autres, le nouveau Roméo Castellucci, Yvo Van Hove et des lectures de Brendel et Régy. On y attend près de 12000 visiteurs.

Le Singel comprenait déjà dans ses beaux bâtiments, conçus par l’architecte Léo Stynen, le Conservatoire de musique placé le long du grand patio de verdure au centre du complexe. Stéphane Beel, fasciné depuis toujours par l’architecture moderniste de Stynen (il avait déjà conçu les aménagements des bâtiments anciens), a réalisé ce qu’il appelle une "tour horizontale". Tour ? Pour marquer cette présence au milieu des trois tours "historiques" construites par Stynen quand l’endroit était encore campagnard : la tour du Singel, celle de BP (immeuble suspendu à des câbles) et la tour Crest (devenue Crowne Plaza). Un grand parallélépipède placé au coin de l’ensemble du Singel, en lien fluide et étroit avec le reste du complexe. L’aile neuve est recouverte de bois naturel (qui deviendra gris), parfois peint en blanc pour attirer la lumière. Elle est posée sur de longues et minces colonnes. A l’intérieur, trois niveaux et des circulations larges (avec des tapis rouges, "comme un sang qui irrigue le lieu", dit-il). De nombreuses et larges fenêtres ouvrent le bâtiment sur l’extérieur (y compris les embouteillages du ring !) Le premier niveau offre au Singel deux salles de répétition et de création aux scènes aussi grandes que celles des salles rouge et bleue du bâtiment ancien. "Nous avons enfin de quoi faire des productions et des créations", se réjouit Jerry Aerts, le directeur du Singel. Les expos d’architecture, un des musts du Singel, reçoivent une grande salle et l’appui du VAI, le centre d’études et de promotion de l’architecture moderne et contemporaine en Flandre, qui s’installe dans l’aile de Stéphane Beel.

Au second niveau, on trouve un grand restaurant aux larges baies vitrées, qui manquait cruellement au Singel, et des foyers. Au niveau supérieur, on trouve les salles des conservatoires de théâtre, de danse (qui ont déménagé d’Anvers et de Lier) et de musique (en plus des salles déjà existantes pour la musique). L’atmosphère y est déjà studieuse. Il y a même une salle sur le toit, donnant sur une grande terrasse et qui peut, l’été, montrer des spectacles en plein air.

Sur les bords extérieurs de l’aile Beel, ont été placées de grandes lettres, illuminées la nuit, avec les mots "Architecture, Musique, Danse, Théâtre", aux quatre coins.

Le tout forme une cité des arts, un ensemble sans doute unique en Europe où se côtoient des salles de spectacles, des lieux de créations et de production, des expos d’architecture et des enseignements sur les divers arts. Jeudi, on pouvait y croiser autant Roméo Castellucci en pleine répétition de "Jésus" que des étudiants en danse et des férus d’architecture. Jerry Aerts espère beaucoup de ces rencontres possibles, de ces fertilisations croisées.

Tout ça aura un important coût de fonctionnement : le Singel reçoit une subvention annuelle de 5,7 millions, il y a 2 millions de plus pour l’entretien du bâtiment et il y a, bien sûr, les subventions propres du VAI et des conservatoires. Trop peu encore, craint-on.

Ce projet est l’aboutissement d’une longue histoire. Le compositeur Peter Benoît (1834-1901) qui créa le Conservatoire, rêvait déjà de créer cette cité des arts. Soixante ans plus tard, Leo Stynen (1899-1990, l’architecte du casino d’Ostende, ancien directeur de La Cambre à Bruxelles), créait le lieu et on y installait le Conservatoire de musique. Mais, avec les ambitions neuves du Singel, les bâtiments étaient trop étriqués et, en 1995 déjà, Stéphane Beel recevait le projet d’agrandissement. Il a fallu quinze ans et un budget de 25 millions pour donner vie à ce "campus des arts international et unique où l’art peut non seulement être montré, mais aussi appris et réalisé".

Jan Fabre

Jan Fabre, né le 14 décembre 1958 à Anvers en Belgique, où il vit et travaille, est à la fois un dessinateur, un sculpteur, un chorégraphe et un metteur en scène de théâtre.

Après avoir étudié à l’École des Arts décoratifs et à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers, Jan Fabre s’intéresse dès 1976 à l’art de la performance. Certainement influencé et fasciné par les travaux par son presque parfait homonyme Jean-Henri Fabre, l'entomologiste français (dont il prétend descendre), il développe une observation et une analyse du monde des insectes et plus particulièrement des scarabées qui sont pour lui une source d’inspiration sans cesse renouvelée. Son choix s’est porté sur l’insecte roi de l’Égypte antique. Obsédé par la notion de métamorphose et les effets du passage du temps sur l’être vivant, il crée avec les carapaces des coléoptères des sculptures anthropomorphes : mystérieuses silhouettes d’anges évidées, chevaliers en armure à tête de lièvre, frocs de moines..., presque toujours des icônes médiévales. La lumière joue sur les nuances irisées des ailes éveillant des tonalités bleu vert venues des profondeurs sylvestres.

Jan Fabre a exposé ses œuvres, ainsi que ses créations théâtrales, à la Biennale de Venise, à la Dokumenta de Cassel, au Metropolis de Berlin, puis à Budapest et São Paulo. Des expositions personnelles ont eu lieu au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum of Contemporary Art de Gand, au Musée Pecci de Prato, au Kunstverein de Hanovre, puis à Helsinki, Lisbonne, Varsovie, Bâle,musée du Louvre-Lens à Lille, Francfort et Munich. Durant l’été 2003, Jan Fabre a exposé son travail à la Fondation Miró de Barcelone et à la Galerie d’Art moderne et d’Art contemporain de Bergame. En France, il est représenté par la Galerie Daniel Templon.

De 1980 (Theater geschreven met een K is een kater) à 2005 (L'Histoire des larmes), Jan Fabre a mis en scène et en mouvement une trentaine de pièces mêlant théâtre et danse. Ses œuvres peuvent être considérées par certains comme particulièrement choquantes (ces dernières années surtout) et déchaînent à chaque fois les passions dans le public. Images crues, corps dénudés, sexe, scatologie, violence sont parfois durs à supporter pour un public non averti, qui bien souvent finit par quitter la salle en hurlant ! De fait, il est réellement considéré comme un des artistes les plus polémiques de ces dernières années.

 

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