Marivaux / Le Triomphe de l'Amour

Théâtre Gérard Philippe Dramateek 177

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Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux: Le Triomphe de l’Amour
Mise en scène: Galin Stoev

Avec
Julien Alembik, Laurent Caron, François Clavier, Yann Lheureux, Nicolas Maury, Pierre Moure, Airy Routier


La princesse Léonide, fille des souverains usurpateurs de Sparte, tombe sous le charme d’Agis, le fils des anciens rois, qu’elle a aperçu un jour dans une forêt, et avec qui elle voudrait partager le trône. Or Agis vit caché dans la demeure que le vieux Philosophe Hermocrate partage avec sa soeur Léontine – une femme célibataire et résignée. Pour se faire aimer du jeune Agis aux yeux duquel elle représente l’ennemi juré, Léonide imagine tout un stratagème qui lui permettra de se rapprocher peu à peu du coeur du jeune homme. Elle s’introduit avec sa servante Corine, toutes deux sous un habit masculin, dans la demeure du vieux philosophe. Léonide se présente comme Phocion alors que Corine porte le nom de Hermidas. Dans un premier temps, Phocion dit à Léontine qu’il a été tellement charmé d’elle en la voyant se promener dans le bois, qu’il a fait son portrait. Lorsqu’il lui montre ce portrait, elle n’en croit d’abord rien. Ensuite elle est étonnée, flattée, puis finalement charmée, au point d’en perdre la raison. La conquête du frère philosophe est plus difficile : la princesse lui confie qu’elle s’est déguisée en homme pour s’approcher de lui, parce qu’il ne l’aurait pas reçue sous les habits de son sexe, qu’elle l’a aimé sur sa réputation d’abord, et ensuite sur sa vue. Au moment où il se trouble, son valet Arlequin apporte un portrait du philosophe qu’il a découvert en fouillant chez Phocion. Le philosophe n’y tient plus et consent à poser pour quelques retouches à faire. Le triomphe de l’amour réside dans la réussite complète des plans de la princesse : Léontine et Hermocrate ont beau résister avec héroïsme jusqu’à la fin, tous deux finissent peu à peu par se laisser envahir par l’amour. Léontine consentira à se laisser enlever pour se marier à la ville voisine, tandis qu’Hermocrate acceptera pour le même motif de quitter son ermitage. Mais cette double séduction de la soeur et du frère n’est bien entendu que prétexte pour approcher le jeune Agis, avec qui Phocion cherche d’abord à se lier d’amitié. Agis est sensible à cette neuve amitié, lui qui a grandit seul dans la propriété du Philosophe. La princesse passe alors à l’étape suivante de son plan : elle dévoile sa féminité au jeune Agis, mais en continuant à lui cacher sa véritable identité, se donnant le nom d’Aspasie. Ce n’est qu’avec un ultime délai qu’elle se dévoile enfin, espérant que toute sa machination soit comprise par Agis comme autant de preuves de l’amour qu’elle lui porte.

Une relecture homosexuelle de la pièce la plus rocambolesque de Marivaux par le metteur en scène bulgare Galin Stoev. Une audace qui fait mouche.

Dans sa mise en scène du Jeu de l'amour et du hasard, il y a deux ans, Galin Stoev emballait déjà dans une redingote trop longue un jeune acteur de la Comédie-Française. Il récidive dans ce Triomphe de l'amour où chacun est affublé d'un manteau cintré aux basques traînantes. Tous les personnages sont interprétés par des hommes — dames et suivantes aussi. De quoi pousser à l'extrême le plaisir du travestissement. L'effet comique passé — Nicolas Maury a des déhanchements irrésistibles pour tenir son rang de princesse —, on s'interroge : provocation un peu branchée ou fervent militantisme jeté à la face d'une société récemment divisée et mise à l'épreuve sur la question du mariage gay ?

Dans les deux cas, cela aurait tourné court. Galin Stoev, bien au contraire, évite ces ornières et assume surtout une belle audace artistique. Il réactive l'étrangeté de cette histoire follement rocambolesque, brodée en 1732 par un Marivaux plus fantasque que jamais. Dans son Triomphe de l'amour, la princesse Léonide a hérité d'un trône usurpé par son oncle. Elle le rendrait bien à Agis, l'héritier légitime aperçu de loin, dont elle est tombée amoureuse. Aussi, pour l'approcher, se déguise-t-elle en garçon nommé Phocion.

Dans la maison où Agis a été élevé, Phocion fait des ravages. Personne n'en sort indemne, ni le sage maître de maison ni sa vieille fille de soeur. En jouant sur l'identité sexuelle de certains acteurs, Galin Stoev démultiplie les sensations de trouble et de vertige exprimées par les personnages. L'héritier usurpé éprouve d'abord de l'amitié pour Phocion, sentiment qu'il requalifie comme de l'amour quand il la découvre femme, et qu'il pourrait peut-être, ensuite, reconnaître comme désir homosexuel...

Une telle lecture s'accompagne aussi d'une relation affranchie avec le texte classique : les scènes d'exposition sont débitées au micro par un Phocion-Léonide, alias Nicolas Maury, pressé d'en ­finir et prompt à capter à l'avant-scène notre sympathie amusée. Dans le décor feutré d'une bibliothèque, l'ambiance passe du cocasse (la vieille fille campée par Airy Routier est clownesque) au ­désarroi (le sage qui cède devient ridicule) à la plus grande émotion quand la princesse, à la fin, n'est plus sûre de rien...

Théâtre Gérard Philippe

 En 1902 la municipalité fait construire boulevard Jules Guesde une salle des fêtes, réaménagée ensuite bizarrement avec loges et balcons, dans laquelle se mêlent matches de catch, représentations dramatiques ou lyriques, remises de prix, de médailles, bals du samedi soir, galas et meetings politiques. Bâtiment polyvalent, avatar de ce qui est aujourd'hui le Théâtre Gérard Philipe. C'est là que Jacques Doriot revenant sur l'engagement politique qui l'avait fait élire à la tête de la mairie justifie la création d'un parti fasciste en 1936.

Les années 1950 et 1960
L'aventure du TNP porte en banlieues ouvrières ce "luxe inaccessible" qu'est devenu le théâtre, Jean Vilar et ses comédiens se retrouvent dans cette salle municipale à l'acoustique calamiteuse et devant des fauteuils vides. Quasiment personne pour L'Avare, pas mieux lors de La Mort de Danton. L'expérience ne dure que le temps de quelques représentations.
En 1960, le théâtre est baptisé Gérard Philipe en hommage à l'artiste décédé l'année précédente, et Jacques Roussillon (frère de Jean-Paul, lui aussi passé par la Comédie-Française, et qui avait monté avec succès Grand'peur et misère du Ille Reich de Brecht au Petit Marigny) en est nommé directeur. En 1963, il fait sortir le théâtre de l'anonymat avec la pièce d'Arthur Adamov Printemps 71, mis en scène par Claude Martin.
À cette époque, le métro s'arrête encore aux portes de Paris. Navettes, prix des places abordable, horaires aménagés doivent permettre de conquérir un public dans les classes laborieuses.
En 1965, on retape; on agrandit la scène, on change les fauteuils, on refait la peinture.
José Valverde succède à Jacques Roussillon. Ancien assistant et comédien dans la troupe de Jean-Marie Serreau, co-fondateur du Franc Théâtre, une compagnie qui s'était donnée pour tâche de sillonner la banlieue, il quittera Saint-Denis en 1976. Dix années de travail en équipe (composée de neuf comédiens permanents), de rêves et d'espoirs; d'animations dans les comités d'entreprises, les écoles, sur les marchés et dans les cités HLM. Sur scène, les productions de José Valverde (30 millions de gladiator de Labiche, La Guerre des paysans de Jean Gruault, La Politique des restes d'Adamov, Kask de Mikelsen, Roméo et Juliette de Shakespeare, Mère Courage de Brecht...) alternent avec celle de Jacques Luccioni et de son Centre lyrique populaire de France (Carmen, Faust, Manon, La Belle Hélène...).
En 1968, on casse le théâtre ; on rénove, on transforme, on améliore l'accueil, la salle, l'ensemble des équipements.

René Gonzalez
René Gonzalez arrive au TGP dès sa sortie de l'École de la rue Blanche, comédien dans la troupe de José Valverde, administrateur puis codirecteur chargé de la programmation. Après la démission de José Valverde, il est nommé au pied levé directeur du théâtre redevenu strictement municipal (privé de la subvention du secrétariat d'État à la Culture, aide accordée alors nominativement aux directeurs de compagnies dramatiques).
Le Groupe TSE fait l'ouverture de la saison 77/78 avec les Peines de coeur d'une chatte anglaise. Triomphe unanime : on joue les prolongations à Saint-Denis puis au Théâtre Montparnasse. Retour trois ans plus tard avec Les Jumeaux vénitiens de Goldoni. En 1981, Alfredo Arias met en scène Delphine Seyrig et Sami Frey dans La Bête dans la jungle, d'après Henry James, texte français Marguerite Duras, décor Roberto Plate, musique de Carlos d'Alessio.
Delphine Seyrig de nouveau en 1984 avec Letters Home, à partir des lettres de la poétesse américaine Sylvia Plath à sa mère, spectacle coproduit avec Jacqueline Cormier alors directrice du Théâtre Edouard VII.
On retrouve également à Saint-Denis dans ces années-là : Jean Jourdheuil, metteur en scène de Mauser (décors de Titina Maselli) et Hamlet Machine (décors de Gilles Aillaud) de Heiner Müller avec Gérard Desarthe, Jean Dautremay et Ariette Chosson (1979) ; Giovanna Marini venant régulièrement présenter ses cantates profanes à partir de 1979 ; Jacques Lassalle, directeur du Studio-Théâtre de Vitry, qui propose trois créations Remagen d'après Anna Seghers (1978), Les Fausses Confidences de Marivaux (1979) et Avis de recherche (1982) ; le Théâtre de la Salamandre de Gildas Bourdet avec Attention au travail (1980), Le Saperleau et Les Bas-Fonds (1982), Max Gericke ou pareille au même (1985) ; Daniel Mesguich qui crée le scandale en janvier 1980 avec sa mise en scène de Tête d'or dont la famille Claudel interdit la tournée ; Christian Colin pour sa première mise en scène en 1981, Premier Amour de Samuel Beckett ; André Engel qui conçoit en 1982, avec Bernard Pautrat et Nicky Rieti, Laurent Terzieff et Gédhalia Tazartès, Dell'Inferno spectacle déambulatoire qui débutait à la Gare du Nord, descente aux enfers accompagnée par Dante, Virgile, Ovide, Rilke et la SNCF ; 1983, le Marchand de Venise tumultueux, sur fond de Sex Pistols de Saskia Cohen-Tanugi ; Joël Jouanneau, ancien directeur des Affaires Culturelles de la ville de Saint-Denis, animateur du "Grand Luxe" troupe de comédiens amateurs, passe professionnel en janvier 1984 avec La Dédicace de Botho Strauss où il dirige Jacques Denis et Jean-Quentin Châtelain ; David Warrilow interprète en 1978, Dressed like an egg d'après Colette et The Lost Ones (le Dépeupleur) de Samuel Beckett et en 1983, Solo et Cette fois, Beckett encore et toujours; Les Chiens mexicains, issus du groupe néerlandais Hauser Orkater, avec Regardez les hommes tomber en 1980, Granit en 1982, Luisman's law en 1984; en 1985, la Comédie-Française dans I'Oncle Vania de Tchekov et Claude Régy pour une mise en scène d'Intérieur de Maeterlinck.
Dans la petite salle au sous-sol appelée "Lucarne", se tiennent d'autres paris avec le cabaret des week-ends inauguré en 1977 par Valeria Munarriz ; Anna Prucnal, Jean-Paul Farré en 1978, Michel Hermon en 1979, France Léa, Richard Borhinger, Armande Altaï, la contrebassiste Joëlle Léandre en 1981 ou Catherine Berriane en 1984. Entre temps, le métro arrive jusqu'à la Basilique. Le premier janvier 1983, le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis devient Centre Dramatique National de Création et de Diffusion dramatiques.
Patrice Chéreau est à Nanterre depuis 1982 et le groupe TSE installé à Aubervilliers depuis 1985.
La décentralisation en banlieue a changé de visage.

Daniel Mesguich
En janvier 1986, Daniel Mesguich, succédant à René Gonzalez, présente Lorenzaccio (interprété par Redjep Mitrovitsa), sa treizième mise en scène de théâtre. Il a 33 ans. Elève d'Antoine Vitez et de Pierre Débauche au Conservatoire, il a fondé une compagnie, doublée d'une école, le théâtre du Miroir, monté Kafka, Marivaux, Racine, l'Hamlet de William Shakespeare, Platonov, un Roi Lear qui déchaîne la critique en 1981 à Avignon et, la même année, un Grand Macabre qui fait crouler le Palais-Garnier sous les applaudissements. A Saint-Denis, sous le signe du bouillonnement intellectuel et artistique, il propose une nouvelle version d'Hamlet (1988) dont il interprète le rôle-titre, reprend Antoine m'a vendu son destin co-réalisé au Congo avec son auteur Sony Labou Tansi (1988), met en scène Roméo et Juliette (1986), La Folie ordinaire d'une fille de Cham de Julius Amédé Laou (1986), et Le Désespoir tout blanc d'après le roman de Clarisse Nicoïdski (1988).

La grande salle du TGP (baptisée salle Gérald Robard, en hommage à l'acteur disparu) accueille également Technique pour un coup d'état d'après Friedrich Von Schiller, mise en scène de Saskia Cohen-Tanugi (1986), La Tempête de William Shakespeare, spectacle en italien de Léo de Berardinis (1987), ou Le Journal d'un fou d'après Nicolas Gogol, avec Michaël Denard (1987).
Dans la petite salle (baptisée salle Jean-Marie Serreau), place aux auteurs français (L'Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune de Jean-Claude Brisville, mise en scène de Jean-Pierre Miguel, 1986) ou étrangers (Les Rescapés de Stig Dagerman, mise en scène de Véronique Widock, 1987), comme aux grands écrivains classiques (Cymbeline de Shakespeare, mise en scène de Gilbert Rouvière ou Les Ensorcelés d'après "Les Diaboliques" de Jules Barbey d'Aurevilly, adaptation et mise en scène de Maurice Attias en 1987).
Au sous-sol (baptisée le Terrier en référence à Kafka; "Mais mon terrier n'est précisément pas un simple trou destiné à me sauver... C'est un royaume nouveau qui donne de nouvelles forces, et ce qui était fatiguant en haut ne l'est plus ici..." Kafka, Le Terrier) se déroulent des spectacles d'une heure environ composé par Madeleine Marion (La Cantate à trois voix, Claudel), Jean Gillibert (Paris Vienne Berlin, Brecht, Apollinaire, Kurt Weil...), Muriel Mayette {The Dinner avec entre autres Hélène Alexandridis, Anne Alvaro et Pascal Bongard) ou François Kergourlay (Le Guetteur de Cahit Atay, avec Philippe Demarle).
"Aujourd'hui, j'ose le déclarer, le Théâtre Gérard Philipe ne s'adresse pas à n'importe gui. Elitaire ? Oui, puisqu'il s'adresse, si jamais le théâtre "s'adressait", à ceux seulement qui à un moment de la journée, n'ont pas peur de se plonger dans des lectures contradictoires, c 'est-à-dire à ceux qui ne craignent pas d'ouvrir leurs fenêtres, de déchiffrer le monde. Ce public potentiel est assez nombreux pour qu'on puisse le nommer populaire". Daniel Mesguich quitte Saint-Denis après trois saisons.

Jean-Claude Fall
Vers le milieu des années 1970, il débute aux côtés de Philippe Adrien en co-signant avec lui plusieurs spectacles. Après un Grand'peur et misère du Ille Reich assez remarqué (1975), c'est le succès de Schippel de Karl Sterheim créé au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers en 1976. Il entame ensuite une longue traversée de l'oeuvre de Samuel Beckett, défend des textes d'auteurs contemporains tels que Bernard Cuau, Peter Handke ou Jean-Luc Lagarce, s'intéresse à des oeuvres singulières comme La Thébaïde de Racine (1978), Drôles de gens de Gorki (1979) ou encore Description d'un combat de Kafka (1983), et mène parrallèlement une carrière de metteur en scène d'opéra (Au festival d'Aix-en-Provence, Werther de Massenet en 1979, Mithridate de Mozart en 1983, Armida de Rossini en 1988...).
En 1989, Jean-Claude Fall quitte la direction du Théâtre de la Bastille où depuis 1982 il faisait se succéder tout ce que la création contemporaine comptait alors de plus inventif, pour prendre celle du TGP. Il y monte quatre Tchékov - Ivanov, Platonov, Les Trois Soeurs, Oncle Vania - en une seule saison (1990), Chef-lieu d'Alain Gautré (1992), ou Le Procès de Jeanne d'Arc, textes de Bertolt Brecht, Anna Seghers et Charles Péguy (1993). Naissent ou refleurissent à Saint-Denis, Le Miracle des roses, une tragédie musicale de Ghédalia Tazartès sur un texte de Jules Lafforgue (1990) , Phèdre de Sénèque, mise en scène de Daisy Amias, avec Jany Gastaldi (1990) et Les Bacchantes d'Euripide, mise en scène de Philippe Adrien, où l'on retrouve Redjep Mitrovitsa (1991), Exécuteur 14, texte et mise en scène de Adel Hakim, avec Jean-Quentin Châtelain (1991), L'Afrique fantôme, extrait du "journal" de Michel Leiris, mis en scène par Thierry Bédard (1992), ou encore La Vie au-dessus et au-dessous des mille mètres de Giovanna Marini (1994) .

Le TGP accueille, durant trois ans d'une résidence très active, Stanislas Nordey qui va explorer, avec sa compagnie, l'oeuvre dramatique de Pier Paolo Pasolini (Bête de style en 1991, Calderon en 1993 et Pylade en 1994) , reprendre La Dispute de Marivaux (1992), monter La Conquête du Pôle Sud de Manfred Karge (1993), 14 pièces piégées (+ 2) d'Armando Llamas (1994), ou Tabataba de Bernard-Marie Koltès, baladé en ville de bistrots en salles publiques.

En résidence également Catherine Anne qui, après deux textes d'Henri Michaux, La Ralentie et Chaînes (1992), crée Agnès en 1994 (reprise en 1995) et Ah la la ! Quelle histoire ! pour Enfantillages 94.
Et puis, Claude Régy s'emparant par deux fois du jeune auteur anglais Gregory Motton : Chutes en 1992 et La Terrible voix de Satan en 1994. En 1995, Antoine Caubet met en scène Ambulance, du même Gregory Motton.
Depuis 1993 la grande salle porte désormais le nom de Roger Blin et son rideau de scène est un fameux "Carré basculé", de six mètres de haut et dix mètres de large, conçu par le plasticien François Morellet.

Deux événements également des saisons du TGP : Africolor, festival qui programme depuis cinq ans trois soirées autour de Noël consacrées à la musique mandingue, aux musiciens venus d'Afrique, de Madagascar ou de l'île de la Réunion; et Enfantillages, 6e édition en 1995 de spectacles pour les grandes et les petites personnes, réalisé en collaboration avec le Cargo de Grenoble. Mais l'histoire du TGP ne s'arrête pas là...

Stanislas Nordey succède à Jean-Claude Fall en 1998. Il retrouve ainsi le Théâtre Gérard Philipe après trois années passées avec les comédiens de sa compagnie, en résidence au Théâtre de Nanterre-Amandiers. Il y développe un projet dit "Théâtre Citoyen" et parie sur une ouverture du théâtre toute l'année, un prix de places unique à 50F, la production et l'accueil de jeunes compagnies et de nouveaux auteurs.

Alain Ollivier est nommé directeur au 1er janvier 2002 jusqu'à décembre 2007. Daniel Jeanneteau est metteur en scène associé pendant cette période.

Christophe Rauck est nommé directeur en janvier 2008 jusqu'à décembre 2013.

Le 1er janvier 2014, Jean Bellorini devient directeur du Théâtre Gérard Philipe.

 

  • 59 Boulevard Jules Guesde, 93200 Saint-Denis, France
  • web

Galin Stoev

Né en Bulgarie où il entame sa carrière de metteur en scène, Galin Stoev réside aujourd’hui entre Bruxelles, Paris et Sofia. Diplômé de l’Académie nationale des arts du théâtre et du cinéma (Sofia), il travaille dès 1991 comme metteur en scène et comédien à Sofia, créant nombre de spectacles, notamment au Théâtre national. Il commence par mettre en scène des auteurs classiques (Corneille, Strindberg, Shakespeare, Eschyle, Büchner, Brecht, Musset, etc.), pour s'ouvrir peu à peu au répertoire contemporain (Mishima, Harold Pinter, Tom Stoppard, Philip Ridley, etc.). Ses débuts remarqués le mènent en divers lieux d’Europe et du monde (Londres, Leeds, Bochum, Stuttgart, Moscou, Buenos Aires, etc.) où il signe plusieurs mises en scène. En 2005, il crée sa propre compagnie à Bruxelles, FINGERPRINT. Il est également artiste associé au Théâtre de Liège ainsi qu’à La Colline – théâtre national (Paris).

Plusieurs rencontres déterminantes jalonnent son parcours, et tout d'abord sa rencontre et son amitié avec Ivan Viripaev, dont il met en scène Les Rêves (2002), la version bulgare ainsi que la version française d’Oxygène, Genèse n°2 (présentée au 61e Festival d’Avignon, ainsi qu’à Rome, Bruxelles, Paris et Ottawa), et Danse Delhi (en 2011 à la Colline – théâtre national). Il collabore aussi plusieurs fois avec le compositeur Oscar Strasnoy, notamment pour la création mondiale de son opéra Geschichte présenté au Theaterhause de Stuttgart ainsi qu’au Teatro Colon à Buenos Aires.

En 2007, il commence sa collaboration avec la Comédie-Française, où il met en scène La Festa, la création française de la pièce de Spiro Scimone (2007), Douce vengeance et autres sketches d’Hanokh Levin (2008), L’Illusion comique de Pierre Corneille (2008), Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux (2011) et Tartuffe de Molière (2014). Il retourne aussi régulièrement en Bulgarie, où il collabore avec la jeune auteure Yana Borissova, dont il a mis en scène Petite pièce pour une chambre d’enfant (tr. fr. aux Éditions Théâtrales) et Rose is a rose is a rose (Prix 2009 du meilleur spectacle, du meilleur texte et de la meilleure mise en scène en Bulgarie) et Les Gens d’Oz (2013), le dernier texte de Yana Borissova.

Par ailleurs, il crée en 2010 La vie est un songe de Calderón de la Barca au Théâtre de la Place de Liège dans le cadre du programme européen Prospero (spectacle également présenté au Emilia Romagna Teatro de Modène, au Théâtre national de Bretagne, à la Comédie de Genève et au Festival International de Théâtre à Varna). En 2012, il monte une version russe du Triomphe de l'amour (Marivaux) au Théâtre des Nations de Moscou, suivie en 2013 d’une version française de la même pièce (TGP, Liège, Vidy-Lausanne). En 2014, il monte Liliom de F. Molnar, une coproduction de La Colline – théâtre national et du Théâtre de Liège. Il a récemment tourné son premier film : The Endless Garden, en collaboration avec Yana Borissova.

Il a également enseigné au St Martin’s College of Art and Design de Londres, à l’Arden School de Manchester ainsi qu’aux conservatoires nationaux de Ljubljana et de Sofia. Plus récemment, sa pratique pédagogique se déroule sous forme de Master Class, notamment à Paris (ARTA, ESAD), Marseille (La Réplique), Sofia (NATFA) et Moscou (Territoria).

 

  • Metteur en scène

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