J.S. Bach / Passion selon Saint-Jean

Festival d'Ambronay ClassicAll 52

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Johann Sebastian Bach: Passion selon Saint-Jean BWV245

Vincent Lièvre-Picard, ténor
Maïlys de Villoutreys, Chantal Santon Jeffery, sopranos
Leandro Marziotte, Lucile Richardot, altos
Stephen Collardelle, David Munderloh, ténors
Nicolas Brooymans basse
Tomáš Král, basse

Le Concert Etranger
Itay Jedlin, direction


Le Festival d’Ambronay confie au jeune et talentueux chef israélien Itay Jedlin l’interprétation de la Passion selon saint-Jean. Le chef-d’oeuvre intemporel de Jean-Sébastien Bach est ici donné à deux chanteurs par partie, l’effectif idéal pour redécouvrir la pureté et la légèreté d’une partition tant et tant entendue. Les forces du Concert Étranger accompagnent la fine fleur du chant baroque.

 

La Passion selon saint Jean (Passio secundum Johannem), BWV 245, est une passion de Johann Sebastian Bach (Jean-Sébastien Bach). Elle a été composée durant la première année où Bach était devenu cantor de l'Église Saint-Thomas de Leipzig et jouée dans le même lieu pour la première fois le Vendredi saint 1724, soit le 7 avril.

Cette œuvre relate et commente la Passion du Christ d'après l'évangile de Jean. Elle constitue, avec la Passion selon saint Matthieu de Bach également, l'apogée d'une très ancienne tradition remontant au Moyen-Âge consistant à chanter la passion du Christ pendant la semaine sainte. Il s'agit d'une des plus riches et plus grandioses œuvres de ce genre, et une des œuvres majeures de Bach. Son exécution dure environ 2 heures.

Cette passion est constituée d'une alternance de récitatifs et de chœurs relatant la passion, dans laquelle viennent s'insérer des ariosos, des aria et des chorals venant apporter des commentaires ou des réflexions théologiques aux événements. Deux chœurs libres monumentaux encadrent l’œuvre, qui est divisée en deux parties principales, entre lesquelles pouvait prendre place un sermon.

Les quatre Évangiles racontent la Passion du Christ, mais on ne connaît que deux mises en musique de cet épisode par Jean-Sébastien Bach : celle de saint Jean et celle de saint Matthieu. Des versions des passions selon saint Marc et saint Luc ont été partiellement retrouvées ; leur reconstitution a été tentée sans réel aboutissement : des parties entières de ces deux œuvres ont disparu (beaucoup d'œuvres de Bach ont été éparpillées après sa mort, ses compositions étant passées de mode).

La Passion selon saint Jean est un drame musical. Avant que Jean-Sébastien Bach n'ait été installé dans ses nouvelles fonction de cantor (on dirait actuellement, en français : maître de chapelle de la Thomaskirche (l'église Saint-Thomas) de Leipzig, le conseil municipal lui signifia qu'il aurait à s'en tenir « à des compositions non théâtrales ». Ce qui suppose l'impossibilité de composer des opéras, mais exclut surtout toute ressemblance entre la musique liturgique et la musique pour la scène (le style lyrique). Cela semble naturel. Mais Bach, en homme de son époque, a su concilier sa foi (luthérienne) avec une certaine théâtralité : son art est un art du discours et de la rhétorique, un art de la parole. Il s'agissait avant tout, dans son esprit, de faire entendre la parole donnée par l'évangile et donc de mettre en forme le drame signifié par le texte. On est là en plein dans une esthétique baroque, telle qu'elle se pratiquait dans toute l'Europe, à commencer par l'Italie, depuis le XVIIe siècle, et au cœur des innovations musicales introduites à l'initiative des Jésuites, puisque cette esthétique incluait tous les domaines de l'art.

C'est pourquoi, dix bons mois après son entrée en fonction, le Vendredi saint 1724, Bach faisait entendre à la Nikolaikirche sa Passion selon saint Jean, œuvre dont même la première des quatre versions qui nous sont parvenues peut sembler (si l'on examine les choses rapidement) faire fi des contraintes citées plus haut. C'est en effet un ouvrage éminemment dramatique : même si sa dramaturgie ne relève pas à proprement parler de l'opéra ni du théâtre, elle s'exprime dans la façon dont Bach lie intimement l'histoire (telle qu'elle est rapportée par la Passion) avec son discours musical et rend présentes dans le déroulement de son œuvre, aussi bien les souffrances du Christ que les autres réactions humaines, le tout A soli deo gloria (Pour la seule gloire de Dieu), ainsi qu'il avait l'habitude de signer ses partitions.

Il n'y a pas de traces d'exécutions de la Passion à Leipzig, après la mort de Bach. C'est Felix Mendelssohn qui ressuscite l’œuvre, en 1833, à la suite de sa triomphale re-création de la Passion selon saint Matthieu du même Bach en 1829. L'œuvre avait cependant été éditée par fragments bien avant, et une première édition complète en réduction piano avait été réalisée en 1830 par Trautwein, suivie d'une édition complète du même éditeur en 1831. Mendelssohn était au courant de cette édition, comme en témoigne une lettre du 16 novembre 1830 de Felix à sa sœur Fanny. Dès lors, l’œuvre est régulièrement donnée, du moins en Allemagne.

En France, l’œuvre ne semble pas avoir été donnée en public avant 1895 à Strasbourg (alors sous domination allemande) par Ernest Münch et le chœur de Saint-Guillaume. Puis l'œuvre est donnée par Guy Ropartz à Nancy en 1902 (avec un texte en français), et à Paris en 1903 par la Société des concerts du Conservatoire.

Dans un premier temps, la Passion selon saint Jean a eu tendance à être considérée comme inférieure et moins aboutie que la Passion selon saint Matthieu, à l'image de Philipp Spitta qui la considérait comme « empreinte d'une certaine monotonie et d'une vague tristesse ». Robert Schumann, en revanche, après l'avoir dirigée en 1851 à Düsseldorf estime qu'« elle est, par bien des aspects, plus audacieuse, puissante et poétique que la Passion selon saint Matthieu » et qu'« elle est, tout du long, compacte et géniale et réalisée avec quel art ! ».

Ce n'est qu'après la seconde moitié du XXe siècle que l’œuvre commence à être considérée comme « une des plus profondes et parfaites œuvres de Bach » et qu'une certaine parité entre les deux grandes passions de Bach commence à émerger.

Au centre de tout oratorio ayant la Passion pour objet, on trouve le récit de l'Évangile, qui se déroule à deux niveaux : celui du narrateur (l'Évangéliste, placé en avant de la scène) et celui des personnages agissant et parlant en leur nom propre (Jésus, l'apôtre Pierre, Pilate, etc.), incarnés par des solistes. À ces personnages s'ajoutent les différents groupes (la foule - turba - incarnée par un chœur, les grands prêtres, etc.).

Le texte, inspiré de l'évangile selon Jean, est présenté et non représenté (il ne s'agit pas d'un opéra mais d'un oratorio), mais le récit évangélique, par la mise en musique qui est faite par Bach, est bien plus qu'une simple récitation. Un peu par plaisanterie, on a pu appeler quelquefois Bach, « le cinquième Évangéliste ».

Un autre élément est le commentaire chanté dans les airs de solistes (parfois précédés d'un court arioso). Les chorals relient la « scène » et les fidèles, car ceux-ci connaissent la partie supérieure (la partie aiguë) de ces prières chantées, proprement luthériennes puisqu'elles en constituent la base de la liturgie musicale.

Son Évangéliste est un conteur, un intermédiaire, dont l'interprétation expressive crée une proximité avec les événements qu'il relate. Et ce n'est pas par hasard que Bertolt Brecht (rapporté par le compositeur est-allemand Hanns Eisler) citait toujours le premier récitatif de la Passion selon saint Jean comme « un admirable exemple du caractère gestuel de la musique. » Cette idée fondamentale d'action et de drame humain (mais, dans l'esprit de Bach, non limité à cela) aboutit à ce que les récitatifs et les chœurs font, tout naturellement, passer le message dans un esprit voisin du spectacle. La structure même de l'ensemble fait du récit de la Passion une sorte d'œuvre théâtrale. Pour Bach, il s'agit de mettre l'accent sur la mort du Dieu chrétien, qui, selon le texte, avait d'abord choisi de s'incarner. Bach croit fermement que la parole de Dieu (notion qui est à la base des religions monothéistes) est devenue un être humain, et donc un être mortel. Ce qui est donné ici, c'est le récit de cette mort (et de cette sorte de rite de passage, puisque la résurrection du Christ constituera l'épisode suivant. Tout autant qu'une œuvre tendant vers le théâtre, la mise en musique du texte, par Bach, en fait également un discours reprenant tous les éléments d'une rhétorique baroque issue de l'Antiquité gréco-romaine (on y trouve en particulier les éléments du discours cicéronien). Il s'agit ainsi d'une forme de parole humaine dont Bach considère qu'elle procède aussi, d'un bout à l'autre de l'œuvre, de la parole divine.

Le texte évangélique fragmente l'œuvre en plusieurs scènes : Arrestation - Jésus devant les chefs des prêtres - Jésus devant Pilate - Crucifixion - Mise au tombeau. Bach respecte ce schéma, en terminant chaque épisode par un choral et en ménageant après le deuxième tableau une pause destinée au sermon prononcé par l'officiant.

La Passion de saint Jean est une interprétation poétique, musicale et religieuse de cet épisode fondamental des Évangiles. Elle est tout aussi évocatrice et bouleversante que les Stabat Mater de Pergolèse ou de Vivaldi. En revanche, il est évident que c'est un lyrisme éloigné des opéras profanes. Qu'entend-t-on exactement par lyrisme ? Si on se tient à la définition la plus simple : l'art de mettre des paroles en musique, on doit reconnaître Bach comme un maître lyrique.

Festival d'Ambronay

Depuis plus de 30 ans, le festival de musique d’Ambronay fait l’actualité et marque les esprits… Jordi Savall, William Christie, Marc Minkowski, Manfredo Kraemer, sont les stars qui ont grandi avec Ambronay… Aujourd’hui, Leonardo García Alarcón poursuit la dynamique en métamorphosant à son tour des partitions oubliées. Chaque année, les 4 week-ends de programmation rivalisent d’intensité et d’innovation… portés par des générations d’artistes capables de transcender les œuvres classiques pour le bonheur des mélomanes les plus exigeants.
 

Même si certains concerts sont délocalisés à Bourg-en-Bresse, Belley ou Lyon, le lieu principal reste ancré dans l’abbatiale de l’abbaye d’Ambronay, reconnue pour son acoustique exceptionnelle. Son élégance architecturale (XIIIe et XVe siècle) et son dépouillement intérieur apportent une grande sérénité aux concerts. Un cadre singulier qui profite à de fréquentes captations en live pour la télévision. Parallèlement, depuis plusieurs années, les bâtiments de l’abbaye sont progressivement réhabilités pour abriter le Centre Culturel de Rencontre (labellisé en 2003) dédié à la musique ancienne et au spectacle vivant. C’est aussi le siège de l’académie baroque européenne.

Ambronay, c’est de la grande musique mais aussi beaucoup d’opportunités touristiques dans la partie méridionale des Montagnes du Jura. Les grottes du Cerdon ou les caveaux de dégustation (vins du Bugey) sont à portée de main… tout comme le château des Allymes et son panorama sur la plaine de l’Ain.

  • Centre culturel de rencontre d'Ambronay Place de l'Abbaye 01500, Ambronay, France
  • web

Itay Jedlin

Né à Jérusalem, Itay Jedlin connaît une enfance consacrée à la musique : il apparaît en soprano dans à l’Opéra d’Israël et avec l’Orchestre philharmonique d’Israël. Bouleversé par la découverte de la musique ancienne et par la sonorité des instruments authentiques, il commence l’étude du traverso avec Michael Meltzer et Idit Shemer à l’Académie Rubin de Jérusalem. Il étudie également la direction d’orchestre auprès de Zeev Dorman et d’Itay Talgam.

Attiré par Paris où il réside depuis 2002, il rejoint la classe d’Hélène d’Yvoire au CRR de Paris, où il obtient un premier prix. Il poursuit son apprentissage au Conservatoire royal de La Haye auprès de Barthold Kuijken et bénéficie des conseils de Marc Hantaï et de Wilbert Hazelzet. Au traverso, Itay Jedlin participe à des productions orchestrales au sein de divers ensembles.

Une véritable passion pour les échanges humains suscitée par la pratique de la musique de chambre l’amène à priviléger une collaboration avec le violoniste Olivier Briand, le violiste Andreas Linos et le claveciniste Jean-Luc Ho. Cet idéal a trouvé dès 2006, année de la création du Concert Étranger, une forme d’expression plus vaste, tant au niveau de l’effectif que du projet culturel.

Actuellement, Itay Jedlin enseigne le chant choral et la flûte traversière baroque au CRD de Fresnes.

Le Concert Etranger

Créé par Itay Jedlin en 2006, Le Concert Étranger réunit de jeunes musiciens venus d’horizons aussi divers que Paris, Athènes, Montréal, La Havane, Tokyo et Jérusalem, partageant la même passion d’une interprétation fidèle du répertoire baroque, soutenue par une recherche musicologique et artistique.

L’originalité de l’ensemble réside dans son effectif, qui peut aller du quatuor jusqu’à une formation plus étoffée, comme un orchestre et un chœur au complet. Son continuo fourni et varié peut soutenir une dynamique quasi orchestrale dans la musique de chambre, ou susciter un caractère intime et détaillé dans le répertoire orchestral ou vocal, tout en travaillant les couleurs et les textures instrumentales individuelles.

Le Concert Étranger a le souci de replacer ses concerts dans une cohérence musicale et culturelle, dans un moment artistique élargi qui peut se référer à un temps liturgique, à un instrument historique, ou encore illustrer un lieu, son architecture et son décor. Certains programmes font appel au théâtre, au ballet ou à la poésie ; tous ont l’ambition de révéler ces affinités artistiques, en plaçant la musique dans son temps, dans son lieu, au milieu de ses sœurs.

 

L'ensemble a été en résidence du Centre de musique ancienne de Sarrebourg, s’est produit au Festival Sinfonia en Périgord, à la Cité de la Voix de Vézelay, au Festival Marin Marais et à Paris dans plusieurs saisons musicales de l'église Saint-Germain-des-Prés et au Temple des Billettes.

En 2014 l’ensemble a présenté des projets au Midsummer Festival d’Hardelot ainsi qu’au Festival de Sablé. La mëme année, le Festival d'Ambronay invitait le Concert Étranger à donner la "Passion selon Saint Jean" de J.S. Bach, suivie en 2015 par une reconstitution de sa "Passion selon Saint Marc".

Ces deux concerts étaient retransmis en direct par France Télévisons.

 

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