Marc-Antoine Charpentier / La Victoire de Milan

Festival d'Ambronay ClassicAll 4

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Marc-Antoine Charpentier : La Victoire de Milan

Motet pour les trépassés H. 311
Leçon de Ténèbres H. 120
Ouverture pour un reposoir H. 523
Messe pour les trépassés H. 2
Elévation Farnem meam H. 408
La Peste de Milan (Pestis Mediolanensis) H. 398
Ouverture pour le sacre d’un évêque
Te Deum H. 147

Ensemble Correspondances (chœur & orchestre)
Violaine Le Chenadec – dessus
Caroline Weynants – dessus
Lucille Richardot – bas-dessus
Stephen Collardelle – haute contre
Davy Cornillot – taille
Francisco Manalich – taille
Etienne Bazola – basse-taille
Renaud Brès – basse
Béatrice Linon, Louis Creac’h, Sandrine Dupé, Sophie Inamura – violons
Etienne Floutier, Flore Seube – violes
Lucille Perret & Mathieu Bertaud – flûtes
Myriam Rignol – basse de viole
Julien Hainsworth – basse de violon
Diego Salamanca – théorbe
Sébastien Daucé – clavecin, orgue & direction

 « Miseremini mei… » « Ayez pitié de moi, au moins, mes amis, car la main du Seigneur m’a touché ». C’est par cette supplication ardente, qui semblait flotter dans le chœur de l’Abbatiale d’Ambronay, que débutait une soirée de toute beauté consacrée à Charpentier. Composée de pièces sacrées écrites alors que le compositeur était alors de la Maison de la duchesse de Guise, puis plus tardivement, employé par la Compagnie des Jésuites, cette sélection amenait doucement l’auditeur de l’ombre à la lumière, de la déploration et de l’inquiétude métaphysique à la joie et à l’exultation.

Entre 1671 et 1675 de nombreux décès endeuillent la famille de sa protectrice, Marie de Lorraine : il est donc impossible de savoir à quelles occasions furent donnés le Motet (H. 311) et la Messe pour les Trépassés (H. 2). Toutefois la Première leçon pour le Mercredi Saint (H. 120), avec son alternance de cordes et de flûtes, date des années 1690 et tranche sur les précédentes pièces par une sobriété tendue fondée sur la rigueur de sa seule basse continue. « L’ouverture dès que la procession paraît » Pour un reposoir (H. 523) date, quant à elle, de 1683 et fait partie des œuvres composées pour la Musique du Dauphin. L’élévation (H. 408) composée la même année, sur le texte de source inconnue « Farnem meam » mettant en scène un dialogue entre Esuriens (l’affamé), Sitiens (l’assoiffé) et Christus, dramatisation resserrée du dogme de la transsubstantiation, se déploie avec une richesse instrumentale et rhétorique qui conduit tout naturellement à la pièce sacrée qui prête son nom au programme. Pestis Mediolanensis (H. 398) est un raccourci saisissant de l’art de Charpentier : épousant les méandres d’un texte habilement construit (le retour de l’angoissant « et non erat auxiliator » « et point de secours » est poignant), d’une remarquable économie de moyens, ce magnifique hommage à l’action héroïque de saint Charles Borromée est un autre dialogus qui se rapproche de la forme oratorio, si ce n’étaient ses effectifs réduits. Probablement commandée par la Compagnie des Jésuites, il frappe par la beauté de son texte ainsi que par le soulignement souple et intense de sa rhétorique et de sa prosodie par un Charpentier au sommet de ses moyens expressifs. L’Ouverture pour le sacre d’un évêque conduit alors, via le chœur de réjouissance « Hymnus ergo cantemus » célébrant Charles Borromée, à la jubilation raffinée du Te Deum (H. 147) écrit à destination des Jésuites (dans les années 1690), dépourvu du clinquant auquel Lully et ses épigones nous ont habitués

Le Charpentier de Sébastien Daucé séduit par une sobriété ardente, qui, pour être retenue n’en effleure pas moins les âmes d’un souffle brûlant. Cette vision intimiste, qui privilégie la force orante des textes, une sidération emplie d’espérance, met à nu les élans d’une humanité qui ne cesse de se tendre vers des Mystères dont elle attend consolation et lumière. Ce sont cette douceur et cette amertume mêlées, soulignées par la cohésion d’un ensemble Correspondances dont on ne saurait distinguer l’un ou l’autre –tant chacun œuvre, qui d’un seul souffle, qui, d’un seul geste, à ce mouvement ascendant – qui forgent cet instant hors du temps, cet univers contenu dans une Abbatiale d’Ambronay qui se fait alors Speculum Mundi (Miroir du Monde).

Festival d'Ambronay

Depuis plus de 30 ans, le festival de musique d’Ambronay fait l’actualité et marque les esprits… Jordi Savall, William Christie, Marc Minkowski, Manfredo Kraemer, sont les stars qui ont grandi avec Ambronay… Aujourd’hui, Leonardo García Alarcón poursuit la dynamique en métamorphosant à son tour des partitions oubliées. Chaque année, les 4 week-ends de programmation rivalisent d’intensité et d’innovation… portés par des générations d’artistes capables de transcender les œuvres classiques pour le bonheur des mélomanes les plus exigeants.
 

Même si certains concerts sont délocalisés à Bourg-en-Bresse, Belley ou Lyon, le lieu principal reste ancré dans l’abbatiale de l’abbaye d’Ambronay, reconnue pour son acoustique exceptionnelle. Son élégance architecturale (XIIIe et XVe siècle) et son dépouillement intérieur apportent une grande sérénité aux concerts. Un cadre singulier qui profite à de fréquentes captations en live pour la télévision. Parallèlement, depuis plusieurs années, les bâtiments de l’abbaye sont progressivement réhabilités pour abriter le Centre Culturel de Rencontre (labellisé en 2003) dédié à la musique ancienne et au spectacle vivant. C’est aussi le siège de l’académie baroque européenne.

Ambronay, c’est de la grande musique mais aussi beaucoup d’opportunités touristiques dans la partie méridionale des Montagnes du Jura. Les grottes du Cerdon ou les caveaux de dégustation (vins du Bugey) sont à portée de main… tout comme le château des Allymes et son panorama sur la plaine de l’Ain.

  • Centre culturel de rencontre d'Ambronay Place de l'Abbaye 01500, Ambronay, France
  • web

Sébastien Daucé

Organiste, claveciniste, Sébastien Daucé est animé par le désir de faire revivre un répertoire foisonnant et peu connu, celui de la musique sacrée et profane du XVIIe siècle français.

C’est pendant sa formation au département de musique ancienne du CNSM de Lyon qu’il rencontre les futurs membres de Correspondances. Il y bénéficie notamment de l’enseignement de Françoise Lengellé et d’Yves Reschteiner, en clavecin et basse continue. Sollicité comme continuiste, il joue sous la direction de Gabriel Garrido (Ensemble Elyma et Académie Baroque d’Ambronay), Raphaël Pichon (Ensemble Pygmalion), Toni Ramon (Maîtrise de Radio France), Françoise Lasserre (Akademia), Geoffroy Jourdain (Les Cris de Paris), Harmut Henschen, Mikko Franck (Orchestre Philarmonique de Radio France). Chef de chant aux côtés de Kenneth Weiss lors des académies 2006 et 2007 du festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence, il travaille également aux côtés d’Emmanuel Mandrin à l’Abbaye aux Dames de Saintes.

C’est en 2008 qu’il fonde Correspondances, réunissant auprès de lui chanteurs et instrumentistes épris du répertoire français sacré du Grand Siècle. Avec l’ensemble, qu’il dirige depuis le clavecin ou l’orgue, il parcourt la France et le monde, joue pour la radio et dans de prestigieux festivals (Ambronay, Pontoise, Sablé, Saintes, Utrecht), et effectue des tournées au Japon et en Colombie. Son exploration d’un répertoire peu joué, souvent inédit, aboutit à trois enregistrements avec Correspondances, salués par la critique : Diapason d’or, un ffff de Telerama, et un Choc de l’année de Classica, **** de fonoforum, IRR Outstanding.

Parallèlement à ses activités de musiciens, Sébastien Daucé enseigne depuis la rentrée 2012 au Pôle Supérieur de Paris. À son travail de pédagogue, il joint des activités de recherche : il ainsi est amené à publier aux Editions des Abbesses, en collaboration avec William Christie, trois opéras de Marc-Antoine Charpentier. Sébastien Daucé est également artiste associé de la Fondation Royaumont.

Ensemble Correspondances

L’ensemble Correspondances réunit chanteurs et instrumentistes sous la direction du claveciniste et organiste Sébastien Daucé. Trouvant son nom dans la poésie baudelairienne, Correspondances tisse des liens entre la musique et les autres arts.

Depuis leur premier concert en 2009, l’ensemble lyonnais redécouvre des compositeurs à la renommée déjà confirmée tel Marc-Antoine Charpentier et revivifie l’image de musiciens peu connus aujourd’hui mais joués et plébiscités en leur temps, tels qu’Antoine Boësset ou Etienne Moulinié, dont les sonorités modernes nous touchent directement aujourd’hui.

Dès sa création, l’ensemble Correspondances se spécialise dans l’interprétation du répertoire français sacré du XVIIe siècle, comme en témoignent ses cinq premiers disques : « O Maria ! »  (Charpentier, Zig Zag Territoires 2010) cumule les récompenses de la presse spécialisée : Choc de Classica et Diapason découverte, Coup de cœur de l’Académie Charles Cros, **** de Fonoforum. Le deuxième opus de l’ensemble constitue la toute première anthologie sacrée d’Antoine Boësset (« L’Archange et le Lys », Zig-Zag Territoires, 2011). Fort de l’accueil enthousiaste réservé à cet album, le troisième enregistrement de Correspondances paraît en octobre 2013 chez Harmonia Mundi et renoue avec Charpentier : il est salué par un Diapason d’or, un ffff de Telerama, et un Choc de l’année de Classica, **** de fonoforum, IRR Outstanding, et la presse française (Libération, La Croix, L’Express) y voit « l’une des merveilles automnales ». Le quatrième album redécouvre l’œuvre d’Etienne Moulinié (Choc de Classica, 5 diapasons, Editor’s Choice Gramophone, Grand prix Académie Charles Cros). En mars 2015, Correspondances sort avec Sophie Karthäuser les « Leçons de Ténèbres » de Delalande (ffff de Télérama, Choc de Classica, Diapason d’Or). A l’automne 2015, le «Concert royal de la nuit » paraîtra chez Harmonia Mundi. Fruit d’un travail de recherche de Sébastien Daucé de trois années pour redécouvrir ce moment musical majeur du 17ème siècle, ce sixième disque ouvre le répertoire de l’ensemble au registre profane, français et italien.

L’ensemble Correspondances se produit au niveau national comme international : Il est l’invité des festivals de Saintes, de Sablé, d’Ambronay, de Lanvellec, de Pontoise, OudeMuziek Utrecht, Sinfonia en Périgord, et Musique et Mémoire, où il a été résident. L’ensemble donne également des concerts pour la radio française (Radio France), suisse (Radio Suisse Romande) et allemande (Bayerischer Rundfunk, NDR). Ses concerts le conduisent ponctuellement en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, et en Suisse ; ainsi qu’au Japon et en Colombie pour des tournées. Correspondances a été en résidence pour 3 années (2011-2013) au festival Musique & Mémoire, avec le soutien de la DRAC Franche-Comté.

Il est associé au Centre culturel de rencontre d’Ambronay pour la période 2015-2017. Il est également en résidence au Théâtre de Caen à partir de 2016.

2015 sera l’occasion pour l’ensemble de se produire entre autres à l’Opéra Royal de Versailles, à l’Auditorium du Louvre, au Wigmore Hall, aux festivals d’Ambronay auquel il est associé, de Saintes, de la Chaise-Dieu, du MA Festival de Bruges, d’Oude Muziek en Belgique et aux Pays-Bas.

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