Bartok / Intégrale des quatuors à cordes

Théâtre des Bouffes du Nord ClassicAll 1

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Béla Bartók (1881-1945) : Intégrale des quatuors à cordes

Quatuor à cordes n° 1 en la mineur
Quatuor à cordes n° 2 en la mineur
Quatuor à cordes n° 3 en do dièse mineur Sz. 85
Quatuor à cordes n° 4 en ut majeur
Quatuor à cordes n° 5 en si bémol Sz.102
Quatuor à cordes n° 6 en ré majeur Sz.114

Quatuor Diotima
Yun-Peng Zhao, Constance Ronzatti, violon
Franck Chevalier, alto
Pierre Morlet, violoncelle

Les 6 Quatuors de Bela Bartok sont un monument incontournable dans l’histoire de la musique au XX ème siècle, d’un apport capital même dans la littérature du quatuor moderne. Rien d’équivalent à leur prodigieuse unité et cohérence mais aussi à leur flamboyante invention qui récapitule les différentes vagues esthétiques à l’époque de Bartok. Synthèse post romantique dans le premier Quatuor de 1910. Expressionnisme du Second (1918) dont témoigne l’intensité typiquement bartokienne de son Scherzo axial.

Audace et concentration expérimental du Troisième (1927). Clarté et mouvement architectural du Quatrième (1929) dont la forme en arche, disposition concentrique de des 5 mouvements. Tonalisme lumineux du Cinquième (1935), triomphant mais contrastant nettement avec la rupture foudroyante du Sixième (1941).

Toujours Bartok recompose les structures, imagine des combinaisons et des enchaînements, façonne des séquences inédites comme simultanément Webern et Varèse cherchent aussi un renouvellement fondamental du langage, quitte à refondre l’idée même de développement formel. Cette exigence se retrouve aussi chez Sibelius mais la régénération de l’écriture chez Bartok passe par une inspiration nouvelle qui puise sa nourriture principale auprès des motifs populaires que le compositeur a décidé de collecter scientifiquement avec la complicité de Kodaly. Ainsi se réalise dans la forge musicale et matricielle d’un Bartok particulièrement créatif, la fusion idéale du savant dans la lignée de Beethoven, et du populaire comme Brahms et Schubert avaient su le réussir avant lui. Mais comme Sibelius, Bartok ajoute une vigilance constante sur la forme, exigence et défis permanents qui en font l’un des architectes de la modernité parmi les plus productifs alors et les plus originaux. Un Septième Quatuor était en projet mais le compositeur n’eut ni le temps ni la santé pour mener à bien son intention. Ainsi le Sixième Quatuor est l’un des ouvrages chambristes les plus impressionnants qui soient. Un défi d’autant plus spectaculaire qu’il exige des interprètes, une implication totale et continue, ce dans le prolongement des cinq précédents tout aussi difficiles.

Théâtre des Bouffes du Nord

Destiné au répertoire de Caf-conc’ , le théâtre des Bouffes du Nord, commandé par M. Chéret à l'architecte Louis-Marie Emile Leménil, est construit sur des fondations déjà existantes, supposées être celles d'une caserne dont le projet fut abandonné. La salle comporte 530 places réparties en un parterre, un rang de loges et une galerie.
Le spectacle d'inauguration, une revue "Ta-Da-Da" n'obtient aucun succès. M. Chéret comprend alors qu'il s'est attaqué à trop forte partie, et cède la place au bout de quelques mois.

Une quinzaine de directeurs malchanceux se succèderont. Le théâtre, situé dans le quartier excentré de la Chapelle, en lisière des champs, mal éclairé et mal desservi, rebute les habitués des salles parisiennes. Quant au public de l'endroit, il n'est pas préparé à assister sagement à un spectacle. Il arrive que la police soit forcée de l'expulser tant il prend part avec passion aux événements qui se déroulent sur la scène.
1882 L'anarchiste Louise Michel, tente d'attirer les "Marlous" et les "Gigolettes" en faisant jouer une pièce révolutionnaire "Nadine" qui tombe à plat, dans une totale indifférence.
1885 Après que la nouvelle directrice, Mme Olga Léaud, soit partie avec la caisse sans payer les artistes, le théâtre ferme.
Septembre 1885 Abel Ballet, metteur en scène qui sévit principalement dans les théâtres de quartier, rouvre les Bouffes du Nord. Il y monte de grandes fresques historiques et des mélodrames où Margot pleure à gros sanglots. Le spectacle commence à 7 heures le soir et fini souvent au-delà de minuit. Tout comme à Montparnasse, on apporte son fricot que l'on réchauffe sur le poêle commun et que l'on déguste à l'entr'acte, Cette année-là débute Yvette Guilbert dans "La Reine Margot" d'Alexandre Dumas.

1890
Le théâtre du Château d'Eau vient de fermer ses portes et le jeune Firmin Gémier se trouve au bord de la misère. Il est engagé, alors, aux Bouffes du Nord mais il se sent frustré par le répertoire du théâtre devant lequel se pâme le public de la Chapelle et de la Villette.

1893
Abel Ballet accueille - et c'est tout à son honneur - Lugné-Poë qui, avec les comédiens du théâtre de L'reuvre, crée "Rosmersholm" et "Un Ennemi du peuple" de Ibsen, dans des décors dessinés et peints par Vuillard.
"Les Bouffes du Nord une fois louées, on dut répéter. Cependant que Edouard Vuillard aidé de quelques bons amis, Pierre Bonnard, Ranson, Sérusier, consentait à peindre sur la terre froide dans le magasin de décors de la rue de la Chapelle près des bureaux de la petite vitesse du chemin de fer du Nord. Comment nos bons amis ne sont-ils pas eux aussi morts de bronchite ? Il faut avouer que Vuillard et ses compagnons, retapant à 7h ou 8h du matin les vieux châssis que nous trouvions, ont risqué leur santé et leur jeunesse dans l'aventure. Le magasin de décors des Bouffes du Nord était ouvert à tous les vents et il n'y avait aucun chauffage."
Lugné-Poë. "Souvenirs"

Décembre 1893: Création de "Ames solitaires" de G. Hauptmann, mise en scène de Lugné-Poë.
Février 1894: Création de "Solness le constructeur" d'Ibsen, mise en scène de LugnéPoë.

1896
Abel Ballet quitte la direction des Bouffes du Nord. Les deux comédiens Emmanuel CIot et G, Dublay lui succèdent.

1904
La salle, sous l'impulsion de ses directeurs, est entièrement restaurée, repeinte, l'électricité y est installée. Comme pour lui donner ses lettres de noblesse on rebaptise le théâtre "Théâtre Molière" et on fait appel à des auteurs tels que Kistemaeckers, G. Spitzmiller, Georges Darien, A. Bernède et Gaston Leroux dont on monte une adaptation de son "Chéri-Bibi". L'arrivée du chansonnier, Aristide Bruant, interprétant sa propre pièce: "Fleur de Pavé" est considérée comme un événement.

Août 1914: Le Théâtre Molière, comme tous les autres théâtres, ferme ses portes.

1917: Déjà propriétaires de plusieurs scènes de variétés. Oscar Dufrenne et Henry Varna se portent acquéreurs des Bouffes du Nord qu'ils transforment en music-hall. Chaque année ils produisent deux revues, aux titres évocateurs, que signe, le plus souvent Henry Varna, et qui ont toujours beaucoup de succès: "C'est couru", "C'est épatant". "Cline, va!". "Le droit de couchage!". "La Revue très excitante", "La Revue folichonne", "Le Coucher de la marquise". "La Vie d'une fille", etc...

1923
Oscar Dufrenne et Henry Varna se retirent après avoir empoché de sérieux bénéfices. Henry Darcet leur succède et inscrit les Bouffes du Nord dans "Le Consortium des théâtres de quartiers". Réunis dans une même association, Les théâtres des Gobelins, de Grenelle, des Ternes, de Montrouge, des Bouffes du Nord, etc "font tourner des spectacles à succès, créés sur les boulevards. Les principaux rôles sont tenus par des comédiens de second rang, les prix des places sont modestes et l'affiche change toutes les semaines. Malheureusement certaines salles de quartier disparaissent, les unes après les autres, absorbées par la nouvelle industrie du cinéma.

1929
Paul Le Danois et Charles Malincourt remplacent Henry Darcet qui prend la direction de la Scala, Ils poursuivent comme ils peuvent la politique du Consortium.

Août 1932: Charles Malincourt se suicide, dans une crise de dépression.

Octobre 1932
Après avoir remis en état la salle, modernisé le plateau, Paul le Danois accueille le journaliste Léon Moussinac, fondateur du théâtre d'Art international, futur directeur de l'I.D.H.E.C., qui présente trois spectacles remarquablement montés et joués par une troupe de cinquante comédiens.

13 octobre 1932: "Miracle à Verdun" de Hans Chlumberg.

Novembre 1932
5 novembre 1932, "Le Train blindé n° 14-69" de Vsevolod Ivanov.
30 novembre 1932 "Acide prussique" de Friedrich Wolff.
Bien que la critique reconnaisse la grande qualité de ces spectacles, les recettes ne peuvent couvrir les dépenses, ni les frais du loyer, Léon Moussinac doit abdiquer.

Décembre 1932 "Les Surprises du divorce", vaudeville d'Alexandre Bisson.

1935: Décès de Paul le Danois. Les Bouffes du Nord n'offrent plus que des spectacles épisodiques.

1943: La chanteuse réaliste Damia organise des soirées de music-hall dans lesquels elle tient la vedette.

Mai 1945
Comme pour fêter l'Armistice, un jeune metteur en scène, plein d'enthousiasme, Jean Serge, ouvre à nouveau le théâtre auquel il donne le nom de "Théâtre des Carrefours".

25 mai 1945: "L'Invasion" de Léonid Léonov (Prix Staline 1944) avec Daniel Ivernel et Michel Piccoli.

30 octobre 1945: "Les Bouches inutiles" de Simone de Beauvoir, avec Michel Vitold.

27 janvier 1946: "Winterset" de Maxwell Anderson, adaptation de Marcel Achard avec Daniel Gélin et, dans un petit rôle, Louis de Funès, et "Le Roi sans amour" de Paul Mourousi.

Septembre 1946
Ne pouvant plus assumer financièrement la bonne marche du théâtre, Jean Serge se retire. René Marjolle, ex-chanteur de l'Opéra-Comique souhaite donner une vocation lyrique aux Bouffes du Nord, mais après une année difficile, lui, aussi, abandonne.
Décembre 1950

Charles Béai, ancien directeur du théâtre de l'Humour, tente à son tour l'expérience. Il la réussit grâce à une reprise de "Ces Dames aux chapeaux verts" d'après le roman de Germaine Acremant, avec Alice Tissot et Armand Bernard. La pièce "tient" plus de trois mois. On se reprend à espérer..
.
1951
"1900, c'était le bon temps", spectacle de music-hall.

Juin 1952: Trop vieux, mal entretenu, le théâtre ne présente plus les normes de sécurité prescrites par la préfecture de Police et doit fermer ses portes.

1974
Peter Brook et Micheline Rozan, fondateurs du Centre International de 8 Créations Théâtrales, se souviennent de ce bâtiment délabré qu'est le théâtre des Bouffes du Nord. Grâce à l'appui financier du Festival d'Automne, que dirige Michel Guy, ils le font restaurer avec une intelligence et un goût remarquables.

"C'est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d'autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l'apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l'on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l'architedure perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient."
Peter Brook, 1974.

15 octobre 1974: Réouverture du théâtre des Bouffes du Nord avec "Timon d' Athènes", dans une adaptation de J.-C. Carrière. Mise en scène de Peter Brook.

  • 37 bis, bd de La Chapelle, 75010 Paris France
  • web

Quatuor Diotima

Fondé en 1996 par des lauréats du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, le Quatuor Diotima est aujourd’hui l’une des formations les plus demandées au monde.

Son nom illustre la double identité musicale du Quatuor: Diotima est à la fois une référence au romantisme allemand -Friederich Hölderlin nomme ainsi l’amour de sa vie dans son roman Hyperion– et un engagement en faveur de la musique de notre temps, en évoquant la pièce de Luigi Nono, Fragmente-Stille, an Diotima.

Le Quatuor Diotima est le partenaire privilégié de nombreux compositeurs majeurs tels que Helmut Lachenmann, Brian Ferneyhough, Toshio Hosokawa et il commande régulièrement de nouvelles pièces à des compositeurs de tous les horizons parmi lesquels Tristan Murail,  Alberto Posadas, Gérard Pesson, Rebecca Sanders ou encore Pascal Dusapin.

S’il est résolument tourné vers la création contemporaine, le répertoire du Quatuor Diotima n’y est pas exclusivement consacré. Ses programmes offrent toujours, à la lumière des pièces d’aujourd’hui, une mise en oreilles nouvelle pour réentendre les grands compositeurs classiques qui l’inspirent, particulièrement Bartok, Debussy et Ravel, les derniers quatuors de Schubert et Beethoven, les compositeurs de l’Ecole de Vienne ou encore Janacek.

Depuis sa création, le Quatuor Diotima s’est produit sur la scène internationale et a joué dans la plupart des festivals et séries de concerts européens (Philharmonie et Konzerthaus de Berlin, Reina Sofia Madrid, Cité de la musique Paris, Wigmore Hall Londres, South Bank Center Londres, Konzerhaus de Vienne, etc.). Il réalise régulièrement des tournées aux États-Unis, en Asie et en Amérique du Sud. Il est par ailleurs en résidence au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris de 2012 à 2016.

Leurs interprétations sont régulièrement saluées par la presse internationale. Tout comme leur discographie récompensée en France (5 diapasons d’or dont 2 Diapasons d’Or de l’année pour un enregistrement des Quatuors de Janacek  – 2008- et un autre dédié à la musique américaine – Crumb, Reich, Barber, 2011 -), en Allemagne (Concerto pour Quatuor et Orchestre de Schoenberg), en Espagne…

Le succès critique et public de l’enregistrement des Quatuors d’Onslow paru en 2009 chez Naïve (Diapason d’or et Événement du mois de Diapason, Excepcional de Scherzo) a scellé la collaboration entre le Quatuor Diotima et cette maison de disque pour laquelle il enregistre désormais exclusivement avec toujours autant de succès.

Par ailleurs, à l’invitation du label Megadisc, le Quatuor enregistre Livre pour quatuor révisé de Pierre Boulez de 2015  qui reçoit un accueil critique enthousiaste (ffff de Télérama et Choc de l’année pour Classica).

En 2016, pour célébrer par le disque les 20 ans d‘existence du Quatuor, deux événements discographiques sont au programme : la parution d’un coffret dédié à l’Ecole de Vienne et le lancement d’une nouvelle collection de portraits monographiques de compositeurs. Le premier opus de cette collection est dédié à Miroslav Srnka. Il sera suivi d’un portrait de Gérard Pesson en coproduction avec la WDR.

Outre cette double sortie discographique, les années à venir seront riches en rendez-vous et concerts parmi lesquels le cycle Boulez-Schoenberg-Beethoben au Festival Wien Modern, des concerts avec la création du nouveau quatuor d’Enno Poppe (Wittener Tage für neue Musik, Huddersfield Contemporary Music Festival, November Music ‘s-Hertogenbosch, Transit Festival Leuven, Festival d´Automne à Paris), l’intégrale des quatuors de Bartók en une soirée au Théâtre des Bouffes du Nord et quatre tournées internationales : en Amérique du Sud, au Japon et aux Etats-Unis ainsi qu’une première tournée en Russie.

Le Quatuor Diotima est soutenu par la DRAC et la Région Centre-Val de Loire au titre des ensembles conventionnés, et reçoit régulièrement le soutien de l’Institut Français, de la Spedidam, de Musique Nouvelle en Liberté, du Fonds pour la Création musicale, de l’Adami ainsi que de mécènes privés.

Le Quatuor Diotima est membre de PROFEDIM.

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