Premier Amour

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PREMIER AMOUR
Ecrit et réalisé par Stepan Burnashev

Production : NEW ERA, DETSAT, Sakhafilms
Titre original : Man’najgy taptal

avec : Izabella Egorova, Fedot Lvov, Dmitri Shadrin, Stepan Poryadin, Roman Doroveev, Ilyana Pavlova

Musique originale:  Moïseï Kobiakov

Langue : yakoute VOSTFR
Tournage : République de Sakha (Yakoutie – Russie)

Volodia, éleveur de chevaux, monte à la capitale pour s’acheter un fusil de chasse. Il manque de se faire écraser par la voiture d’une femme d’affaire. Tous les deux ne mettent pas longtemps à reconnaître en l’autre son premier amour.

Avec Premier Amour, découvrez pour la première fois sur une chaîne française un long-métrage de fiction d’un réalisateur de République de Sakha (Iakoutie), région de Sibérie du Nord connue pour être le pôle du froid avec des températures excédant les -65°C en janvier. Le film est une adaptation du livre de l’écrivain sakha Eduard Novikov « Plissada et Michka », qui raconte la rencontre à l’âge adulte d’un homme et d’une femme amoureux à l’adolescence. Avec sensibilité, le film montre les nuances d’une romance tardive entre un éleveur de chevaux de passage à la capitale et une riche femme d’affaire.

Dans cette comédie romantique qui porte la signature du cinéma indépendant sakha, le spectateur découvre la réalité citadine d’aujourd’hui en Sibérie du Nord et, à travers le personnage de l’éleveur de chevaux, ce qu’est un « vrai homme » sakha. Non sans une pointe d’humour et sans tomber dans les stéréotypes d’un indien dans la ville, le réalisateur a su dresser le portrait d’un homme de la campagne, qui tente, non sans difficultés, de s’adapter aux contraintes de la ville. S’il parle aussitôt au spectateur sakha, le film fait résonance en chacun de nous et nous fait découvrir une Sibérie presque familière, loin de tous stéréotypes.

Premier amour a été tourné en Extrême-Orient Russe, en République de Sakha (Yakoutie), un territoire qui occupe 1/5ème de le la Russie. Si la République appartient à la Fédération russe, elle n’en possède par moins ses institutions propres : dotée d’une Constitution, d’un Président, d’un Parlement, la Yakoutie est une région économiquement forte de par ses richesses naturelles considérable (or, diamants, argent, charbon…).

Il y a à peine un siècle de cela, la plupart des familles sakha vivaient sur des clairières dans la taïga, élevant chevaux et vaches. Aujourd’hui, même si un grand nombre de familles citadines et villageoises possèdent des chevaux, afin de pouvoir consommer la viande de leurs propres animaux pendant l’hiver, elles ne s’en occupent pas elles-mêmes mais les confient à des professionnels qui passent une partie de l’année sur un campement dans la nature et veillent au bien-être des animaux et les protègent des attaques des loups en faisant des tournées régulières en forêt, même par des températures de -60°C au plus fort de l’hiver. Premier Amour, met en scène l’un de ces éleveurs attachés à sa vie dans la nature et pour qui monter à la capitale est une entreprise coûteuse et peu agréable.

La scène se passe à Yakoutsk, capitale de la République, centre économique et universitaire important qui attire la population des plus de 3000 villages de Yakoutie. Fondée lors de l’arrivée des Cosaques en 1632, encore toute de bois il y a quelques décennies, c’est aujourd’hui une ville moderne marquée par l’architecture de la période soviétique, qui contraste avec les maisons en bois disparaissant progressivement au profit de buildings modernes aux murs de vitres étincelants. À la chute de l’Union soviétique a émergé, comme ailleurs en Russie, une catégorie de la population appelée les nouveaux riches, telle l’héroïne de notre film, une femme qui, comme d’autres entrepreneurs construisent leur demeure en bois aux abords de la ville dissimulés entre les arbres, peut-être dans une certaine nostalgie de la vie d’antan.

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la Yakoutie, son cinéma, sa littérature et sa musique, rendez-vous sur le site des éditions Borealia www.borealia.eu.

Stepan Burnashev

Rêvant depuis tout petit au cinéma, Stepan Burnashev est autodidacte. En 2009, il écrit son premier scénario de comédie, puis tourne ses premiers films : des documentaires sur la chasse, le hobby préféré des hommes en République de Sakha. Il a réalisé depuis 7 longs-métrages de fiction. Le cinquième qu’il signe est Premier Amour, sans doute son film le plus touchant, très différents de ses genres de prédilection, les films d’action et les films d’horreur. Il termine actuellement un film de zombies, genre dont ne s’était pas encore doté le cinéma sakha et qui lui vaut déjà la réputation de Tarantino sakha.

Stepan Burnashev est l’une des figures clefs du cinéma sakha, auprès de réalisateurs comme Sergeï Potapov et Mikhaïl Lukachevski, du directeur de la photographie Semen Amanatov et des productrices Marianna Skrybykina et Sardaana Savvina. Il contribue au développement de ce qui est même appelé aujourd’hui le Sakhahood, ce cinéma sakha en plein boom, tourné en langue sakha et avec des acteurs sakha, qui fait aujourd’hui sensation en Fédération russe.

Malgré les très faibles budgets accordés au cinéma régional ou « ethnique », le Septième Art s’est doté en Yakoutie de toutes les professions, ce qui permet à des films d’être produits entièrement sur place. Si une compagnie de cinéma républicaine existe, le plupart des films sont tournés sur les budgets privés de petites entreprises locales.

Telles les récits épiques contés par les ancêtres des Sakha, beaucoup de films sakha magnifient la nature, souvent hostile, toujours superbe. Ainsi, dans les productions de Stepan Burnashev, le spectateur se retrouve aussi bien en plein cœur de la taïga par un mètre de neige que sous le soleil d’été harassant. 

  • Auteur, Réalisateur / Réalisatrice

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