Figaro gets a divorce / Elena Langer

Grand Théâtre de Genève ClassicAll 50

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Figaro Gets A Divorce
Opéra en 2 actes d'Elena Langer
Livret de David Pountney
Créé à Cardiff le 21 février 2016, au Welsh National Opera.

Direction musicale: Justin Brown
Mise en scène: David Pountney
Scénographie: Ralph Koltaï
Costumes: Sue Blane
Lumières: Linus Fellbom
       
Figaro: David Stout
Susanna: Marie Arnet
Count: Mark Stone
Countess: Ellie Dehn
Serafin: Naomi Louisa O'Connell
Angelika: Rhian Lois
The Cherub: Andrew Watts
The Major: Alan Oke
      
Basel Sinfonietta     

Vous connaissez Figaro barbier et au service du Comte Almaviva. Mais que deviennent les couples après ces deux premiers volets de la Trilogie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais ? Inspiré de La mère coupable de Beaumarchais et de Figaro lässt sich scheiden – Figaro divorce, David Pountney écrit un livret pour la compositrice Elena Langer. Créé à Cardiff le 21 février 2016 au Welsh National Opera, Pountney et Langer racontent comment Susanna, frustrée par son désir d’enfants non partagé par son mari, quitte Figaro. Blessée par son manque d’attention et déçue par son attitude envers elle, Susanna demande le divorce. Une comédie douce-amère pleine d’ombre et de mélancolie.

« Ce fut très inspirant d’imaginer la vie future de ses grands personnages d’opéra et du théâtre, comment ils émergent plus forts et admirables après avoir été mis en difficulté par la vie… »
David Pountney


Au cœur de cet opéra contemporain aux multiples ambiances – belle rencontre, entre l'écriture aussi moderne que chatoyante de la compositrice britannique d'origine russe Elena Langer et le saisissant Basel Sinfonietta dirigé par Justin Brown – domine l'univers nébuleux d'un film d'espionnage, silhouettes en cavale dans un brouillard d'après-guerre sur une scène éclatée de graffitis, d'ombres et de lumières.

Tel le jeune officier Serafin attendant un train (première scène du second acte)…
À ses côtés, le cœur gros, Angelika veut le retenir. À la fois lancinante et brillante, la musique exprime nettement la morosité de l'amour difficile, son suspense fané quand la vie tire au roman noir. Serafin est le fils du Comte et de la Comtesse, personnage très proche de Léon dans L'autre Tartuffe ou La mère coupable, drame bourgeois de 1792 et objet de rares adaptations à l'opéra – ainsi Darius Milhaud en 1966 et Thierry Pécou en 2010.

Loin de l'esprit de Beaumarchais, le projet alambiqué de David Pountney, metteur en scène assez magistral [lire nos chroniques du 11 septembre 2015, des 4 et 5 février 2012] et librettiste légèrement loufoque (mais encore directeur du Welsh National Opera, lieu de création de l'œuvre, en février 2016), s'inspire plutôt de Figaro lässt sich scheiden (Figaro divorce, 1936), comédie grinçante d'Ödön von Horváth. À cette fin est inventé le personnage du Major, le félon, la sadique ordure de guerre qui traque, deux actes durant, la famille Almaviva et leurs valets Figaro et Susanna, tous unis dans la fuite. Migrants, milicien, travesti (surnommé Le Chérubin !) et chanteuse de cabaret composent un microcosme brechtien, dans une certaine opulence des décors (même dans le minimalisme) et des costumes (références au cinéma et à l'histoire du XXe siècle). Le travail de Ralph Koltaï et Sue Blane culmine dans ce dernier épisode (et possible raison d'être) de la trilogie.

Surtout, dans ce récit épisodique, la partition d'Elena Langer déballe toute une gamme de transitions musicales fascinantes, brillamment orchestrées. Depuis la petite jungle sonore en ouverture jusqu'à la sage finitude onirique dans les ultimes notes, en passant par quelques ensembles gracieux, de poursuites en échos, flashbacks, emprunts sud-américains, secousses ou explosions, le plaisir est grand de faire connaissance avec un art lyrique aussi musclé qui tire le meilleur d'un livret en général sans poésie. Sur une trame faiblarde, allons donc presque jusqu'à reprendre le compliment de Richard Wagner à l'endroit des Noces : « le dialogue tout entier devient musique, et la musique à son tour devient dialogue ».

Cependant, les chanteurs n'ont que peu de mélodies, encore moins d'airs, pour s'exprimer, à l'image des tourtereaux aux ailes brisées, le soprano Rhian Lois en Angelika et le mezzo Naomi Louisa O'Connell en Serafin. Remarquons le cœur et le beau timbre virils du baryton David Stout en Figaro. Le machiavélique Major, son rival scabreux, existe dans toute sa complexité grâce au talent du ténor Alan Oke. Le débit sec et élégant du Comte tient au baryton Mark Stone [lire notre chronique du 21 janvier 2004], tandis que son épouse vit par le chant clair, ému et bien articulé du soprano Ellie Dehn, exceptionnel de lyrisme. Le contreténor Andrew Watts s'élance vaillamment, de corps et de voix, pour camper un Chérubin osé et juste, tenancier d'un bar glauque où échoue la divorcée Susanna. Au dernier détour d'une intrigue nouvelle ou peu connue, voire confuse, le rôle camériste, particulièrement beau quand s'élève le joli soprano de Marie Arnet [lire notre chronique du 11 mars 2005], est le grand révélateur du sens désordonné de la vie (« I love you. But I am pregnant ») et de la mort (« Then... you killed him »).

Tout le propos semble aller à l'encontre des opéras bouffes précédents et d'une dramatique mélancolie. En conclusion de Figaro gets a divorce, il y a néanmoins réconciliation et, en toute fin, un large message d'amour. File le méconnaissable fugitif, le bon vieux Figaro nous manque déjà !

 

Grand Théâtre de Genève

Le Grand Théâtre de Genève est à la fois un lieu et une institution. Le lieu ? Un auguste bâtiment qui trône sur la Place de Neuve depuis 1879. Sa salle de 1500 places, rénovée en 1962 suite à un incendie, offre une remarquable qualité acoustique et visuelle aux spectateurs. L'institution ? C'est un vaste appareil scénique, la plus grande structure de production de Suisse romande, offrant chaque année une saison d'opéras et de récitals de niveau international. Le Ballet du Grand Théâtre ajoute à chaque saison deux à trois productions chorégraphiques que la scène internationale accueille également lors des nombreuses tournées de la compagnie à l'étranger.

Le Théâtre de Rosimond

Le Théâtre de Rosimond est l’ancêtre du Grand Théâtre de Genève. Du nom de l’entrepreneur de spectacles lyonnais Argus Rosimond qui en avait la gérance, il fut construit en 1766, en bois, de l’autre côté de la Place Neuve, à l’angle du parc des Bastions et de l’actuelle rue de la Croix-Rouge, dans le but de distraire les garnisons de soldats étrangers venues maintenir l’ordre dans la cité. Il comportait trois étages de loges avec un foyer au rez-de-chaussée et pouvait recevoir huit cents spectateurs. Son éclairage était fourni par un lustre de chandelles de suif, sous lequel avait été placé un plateau de verre pour recevoir les gouttelettes pleuvant sur les spectateurs. Malheureusement, aucune image de l'intérieur comme de l'extérieur n’a été gardée. Deux ans plus tard, un incendie probablement intentionnel dévasta les tréteaux du Théâtre de Rosimond. Au cours de son existence éphémère, on y joua la comédie et l’opéra-comique. Le compositeur liégeois André-Ernest-Modeste Grétry y donna une oeuvre nouvelle de son cru, Isabelle et Gertrude.

Le Théâtre de Neuve

C’est en 1783 que ce bâtiment initial fut remplacé par le Théâtre de Neuve, réalisé par l'architecte Pierre-David Matthey. Il fut construit en pierre cette fois-ci. Cet édifice élégant pouvait accueillir un millier de spectateurs sur un parterre et trois étages de balcons. Cependant, la scène était exiguë et sans dégagement, et la fosse ne pouvait contenir qu’une trentaine de musiciens. A l’aube de la Révolution française, alors qu’une vague d’agitation politique parcourait Genève, cette nouvelle salle avait toujours pour fonction d’accueillir et de divertir les officiers étrangers venus en renfort et elle était désormais destinée en priorité aux actionnaires qui la finançaient. Par conséquent, la majorité de la population genevoise n’y avait pas accès. Le Théâtre de Neuve n’occupa la place que le temps d’un petit siècle. En effet, en raison des troubles révolutionnaires, le théâtre dut fermer ses portes à plusieurs reprises. Il devint même le lieu de réunion d’un club révolutionnaire, pour être par la suite transformé en filature de coton. Finalement, en octobre 1797, un arrêt y interdit tout spectacle. Il faudra attendre l’annexion de Genève par la France en avril 1798 pour que le théâtre soit réouvert. Durant les quinze années d’occupation, il accueille des troupes d’artistes français. A la Restauration, en 1813, les comédiens quittent Genève avec l’armée française. Le théâtre réouvre une nouvelle fois en 1817 et retrouve sa vocation primitive en s’ouvrant plus largement à la population. On y joua tout le répertoire du siècle, Rossini et Donizetti, Auber et Meyerbeer, Beethoven, Weber et même Wagner, dont les Genevois purent découvrir le Tannhäuser bien avant les Parisiens. Nonobstant quelques vedettes qui y brillèrent parfois, la plupart du temps le niveau était très moyen, mêlant comédies, vaudevilles, opérettes et opéras plus ambitieux. La tendance générale restait orientée vers le répertoire français, léger de préférence. Et si Faust y fut un succès constant, La Fille de Madame Angot en fut un bien plus grand...

Le Grand Théâtre 1879-1951

Le premier Théâtre de Neuve fut démoli en 1880, après une longue activité ininterrompue, pour laisser la place à un nouveau Théâtre correspondant mieux à des exigences accrues et à l’augmentation de la population. Dès 1862, le Conseil municipal jugea le Théâtre de Neuve trop petit et trop modeste par rapport à l’importance et au prestige grandissant de la ville de Genève. Un concours fut donc lancé en 1870 et les architectes Emile Reverdin et Gaspard André décrochèrent le projet. Le financement du nouveau bâtiment fut rendu possible par la générosité du Duc Charles de Brunswick : à sa mort, il légua sa fortune à la Ville de Genève en 1873. On préleva 1’200’000 francs afin d’édifier le futur haut lieu de la culture lyrique genevoise. La construction du nouveau théâtre, sur un terrain de 3000 m2 fourni par l’Etat de Genève, fut votée en 1874, suivant les plans de l’architecte Jacques-Elisée Goss.

Le bâtiment est construit sur d’anciens fossés de fortifications. La première pierre du Grand Théâtre fut posée en 1875. Quant à son inauguration officielle, elle eu lieu en octobre 1879, avec la représentation d’un opéra de Rossini, Guillaume Tell, suivi d’une saison particulièrement brillante. Situé entre le Musée Rath et le Conservatoire de musique, le bâtiment était classé parmi les dix meilleurs théâtres européens, peu après le récent Palais Garnier de Paris, dont il s’inspirait d’ailleurs par son style Second Empire. Les façades du bâtiment sont construites entièrement en pierre de taille, les soubassements en roche du Jura et le reste de la construction en grès et en molasse. Sur la façade principale, les huit grandes colonnes sont en roche du Jura et les six petites en granit rouge provenant d’un torrent de l'Oberland bernois. La façade principale de l'édifice présentait – et présente toujours – maintes sculptures et moulures qui lui confèrent son aspect monumental. Précédé d'un vaste perron, l'avant-corps central est rythmé par de grandes statues de marbre, représentant (de gauche à droite) la Tragédie, la Danse, la Musique et la Comédie. A l'étage, des colonnes doubles séparent les trois baies à balcons du grand foyer. Au-dessus se dresse un fronton portant les armoiries de Genève, couronnées d'une allégorie du Génie des arts et flanquées de deux groupes de figures sculptées. Sous l'entablement, huit bustes ornent la façade principale et les retours sur les deux façades latérales. Il s'agit des portraits de grands compositeurs Rossini, Boieldieu, Beethoven, Meyerbeer, Weber, Mozart et Donizetti, ainsi que du célèbre écrivain genevois J.J. Rousseau, également compositeur à ses heures.

En pénétrant dans le vestibule d'entrée, on rencontrait en premier lieu les guichets et, sur la droite, le café du Théâtre; on entrait ensuite dans le hall donnant accès à la salle, aujourd'hui rénové dans son dallage d'origine en marbre polychrome. Les murs des deux volées d'escalier conduisant aux foyers et aux loges étaient décorés de six grandes peintures représentant la musique guerrière, champêtre, religieuse, légère, orphique et bachique, œuvre de Léon Gaud. Ces panneaux, qui étaient d'une belle tenue académique, alternaient avec des médaillons arborant les portraits de compositeurs illustres. Tous les éléments décoratifs de l'avant-foyer (encadrements des portes menant aux loges, voussures du plafond) ont disparu dans l'incendie de 1951. A l'étage, en face de l'accès à la salle de spectacle, trois portes ouvrent sur le grand foyer dont la vue se prolonge sur la place Neuve à travers trois baies vitrées. Le grand foyer avec, à sa droite, le petit foyer et, à sa gauche, le petit salon forment le bel étage de la façade principale. Les nombreux grands miroirs qui animent les parois de ces trois salles en enfilade, offrent un subtil jeu de perspectives visuelles. Le foyer voulait rappeler, par sa splendeur, la célèbre galerie d'Apollon du Louvre. Dans le petit foyer, le plafond est dû au peintre Léon Gaud. De nombreux artistes – peintres et sculpteurs – furent sollicités pour enrichir d'ornements éclectiques tant l'extérieur que l'intérieur du bâtiment.

La décoration de la salle était somptueuse, l'or rehaussant les tons clairs. Quinze médaillons placés dans la voussure, autour de la coupole centrale à laquelle était suspendu un imposant lustre, représentaient neuf artistes de théâtre et six chanteurs. Ces médaillons, tout comme le décor pictural aux motifs allégoriques (la Musique, la Déclamation et la Danse) qu'ils entouraient, étaient l'oeuvre d'un peintre académique parisien, Pierre-Nicolas Brisset. Ornementation somptueuse pour ce bâtiment dont les installations techniques étaient à la pointe du progrès pour l'époque. Le rideau de scène fonctionnait grâce à la pression hydraulique provenant de l'usine des Forces Motrices. De plus, des travaux d'électrification furent exécutés entre 1905 et 1913. Ils permirent notamment l’installation d’un rideau de fer actionné par un treuil électrique et la substitution de l'électricité au gaz pour l’éclairage des spectacle.

Incendie - Reconstruction 1951-1962

Le 1er mai 1951 à 12h08, lors de la préparation d'un tableau du troisième acte de La Walkyrie, un violent incendie éclata, détruisant la scène et toute sa machinerie, les installations mécaniques et électriques, cintres, grils, passerelles. Le rideau de fer s'effondra et le sinistre gagna la salle - du parterre à la troisième galerie -, la grande peinture décorative du plafond et toutes celles des médaillons et des cartouches du plafond d'avant-scène. Il restera, de la partie non-sinistrée du théâtre, le foyer, l'avant-foyer, l'entrée principale ainsi que les façades jusqu'au bâtiment de scène compris. Le théâtre dut fermer ses portes pour une décennie entière, période pendant laquelle les spectacles furent transférés à la salle du Grand Casino ou Kursaal.

L’incendie qui dévasta le Grand Théâtre fournit l’occasion de revoir complètement la structure de la salle et l'équipement de la scène. Il fallut toutefois du temps pour arrêter un projet et réunir un consensus autour de son financement. La Ville de Genève engagea de nombreuses études en vue de la reconstruction. Celle-ci fut entreprise de 1958 à 1962 par le Genevois Charles Schapfer et le Milanais Marcello Zavelani-Rossi, avec, pour la décoration de la salle, l'artiste suisse d’origine polonaise Jacek Stryjenski. Après la mort prématurée de celui-ci, l'aménagement de la nouvelle salle sera confié aux architectes Albert Cingria et Georges Tamarasco. L'impressionnant plafond prolongé à la verticale par le rideau de feu, conçu par Stryjenski, se compose de tôles d'aluminium rehaussées de feuilles d'or et d'argent, elles-mêmes percées d'un millier d'orifices lumineux ornés de verre de Murano qui créent l'illusion de la voie lactée. Trois saillies insérées dans ce plafond permettent de loger des sources d'éclairage, soit pour l'illumination du métal décoré, soit pour y disposer des projecteurs d'avant-scène. La réouverture des portes eut lieu en décembre 1962, avec la version française du Don Carlos de Verdi.

Le Grand Théâtre 1962 - Aujourd'hui

A l’inauguration du nouveau théâtre, on découvre une salle majestueuse, entièrement reconçue et une mécanique de scène équipée des technologies les plus avancées de l’époque. Depuis sa résurrection, de prestigieux directeurs se sont succédé à la tête de la scène de Neuve : dans l’ordre, Marcel Lamy (1962 - 1965), Herbert Graf (1965 - 1973), Jean-Claude Riber (1973 - 1980), Hugues Gall (1980 - 1995), Renée Auphan (1995 - 2001) et Jean-Marie Blanchard (2001 - 2009). C'est Tobias Richter qui reprend cette fonction dès la saison 2009-2010.

Dans sa version initiale de 1879, la salle du Grand Théâtre de Genève avait été construite à l'italienne, les loges et les balcons sur plusieurs étages occupaient les trois côtés de la salle en forme de fer à cheval. La salle rénovée en 1962, plus proche désormais d'une forme à l'allemande, c’est-à-dire carrée (précédemment ovale), contient 1488 places - 593 au parterre, 199 au balcon, 161 à la galerie et 535 à l'amphithéâtre. Cette configuration spatiale permet à chacun des spectateurs, où qu'il soit assis, d'avoir une visibilité intégrale de la scène.

Technologies anciennes et modernes

Pendant la saison 1997-1998, un double chantier est mis en route. Le premier devenu primordial et urgent après 10 ans d'études (celui du remplacement de la mécanique de scène) et le second touchant aux travaux de réfection dans l'espace public. L'essentiel des travaux réalisé dans la cage de scène, c'est-à-dire entre le plancher et la toiture, est invisible des spectateurs. Le chantier aura nécessité l'intervention de soixante entreprises et de six cents ouvriers. Si rien n'a changé dans la structure des murs, les possibilités du bâtiment auront été exploitées au maximum. L'entreprise allemande retenue pour la réalisation de ces travaux, Mannesmann Rexroth, comptait parmi ses précédents chantiers l'Opéra de Göteborg et la machinerie du Festival de Salzbourg, auxquels s'ajoute désormais, comme référence, le Grand Théâtre de Genève.

La scène

C’est en 1987 que fut lancé le projet de remplacement de la machinerie. Le crédit fut voté en 1994 et la première étape des travaux réalisée en 1997-1998. Ces travaux étaient nécessaires à la sécurité et à la modernisation des installations. La mécanique de scène est constituée de deux infrastructures principales qui lui donnent sa force : la machinerie du dessus (cintre) et la machinerie du dessous de scène. Le Grand Théâtre était équipé depuis 1962 d’un système hydraulique de basse pression, révolutionnaire pour l’époque mais devenu obsolète.

La machinerie du haut - cintre

Afin d'assurer une efficacité et une sécurité maximales, la machinerie de scène ou cintre a subi une métamorphose complète et a été entièrement informatisée. Les travaux comprenaient le renforcement de la structure afin de mieux supporter les nouvelles charges, l'installation d'une centaine de treuils hydrauliques, le renforcement et l'élargissement des passerelles existantes surplombant la scène (passées de 90cm à 190cm). Toutes les équipes et les herses sont pendues à partir de la toiture. Dans le jargon du théâtre, les « équipes » sont les 52 perches de 20m de long fixées aux décors, qui se soulèvent ou se baissent face au public. Leur capacité de charge est passée de 500kg par décor à 1000kg. Elles sont désormais synchronisées tandis que leur vitesse est programmable pour la réalisation des effets.

La salle et les espaces publics

La Fondation Hans Wilsdorf a, quant à elle, offert 2,8 millions pour la réfection du hall d'entrée et de la salle. Le premier a retrouvé son magnifique sol originel en marbre polychrome qui était caché par une moquette rouge. Quant aux nouveaux sièges de la salle avec leurs dossiers en bois, ils ont été recouverts de velours rouge et placés sur du parquet. Le rideau de fer et le plafond ont été nettoyés et désamiantés, et le plancher de scène entièrement refait. La fosse d'orchestre a été rénovée et peut à présent s'élever ou s'abaisser jusqu'à 6m50. La Fondation Hans Wilsdorf a également financé, en 2007, le nouveau système de surtitrage bilingue français-anglais à écran LED qui permet de voir les surtitres de toutes les places.

Le plateau et les dessous

Le plateau principal du Grand Théâtre comprend une scène centrale constituée de six ponts, d'un poids respectif de 17 tonnes, montés sur des vérins hydrauliques qui les rendent mobiles. Ils peuvent être déplacés à la verticale, individuellement et selon les besoins des mises en scènes, de moins 8,67 m à plus 2 m. D’autre part, une scène dorsale autoporteuse, actionnée grâce à un moteur électrique, peut avancer horizontalement en glissant sur des rails et se substituer à la scène principale lorsque celle-ci s'abaisse. Le cadre de scène possède des dimensions variables. La fosse d'orchestre peut accueillir jusqu'à cent musiciens. Mécanisée, elle se compose de trois ponts mobiles permettant de placer l'orchestre sur différents niveaux, jusqu'au prolongement du plateau, le «proscenium» (ou fosse comblée).
Enfin, un lift à toile et châssis sert à la manutention et au stockage de matériel destiné à la scène. Or la gestion de ces vastes éléments mis en mouvement par un système électro-hydraulique n’est plus automatisée. Elle nécessite donc un personnel nombreux pour garantir une sécurité minimum.

Ainsi la dernière étape de modernisation, entreprise en 2006, a consisté à automatiser l’ensemble des dessous et à en confier la gestion à un nouveau système électro-hydraulique piloté par informatique. Ils peuvent être actionnés solidairement et synchronisés avec la machinerie du haut. Outre l’assurance d’une parfaite sécurité dans les différentes manoeuvres, cet outil scénique intégralement rénové saura répondre aux exigences les plus hautes de l’art de la scénographie.

Aux côtés d'entreprises extérieures, le personnel technique du Grand Théâtre participa activement au projet. Nos mécaniciens démontèrent et remontèrent une grande partie des organes de la mécanique de scène, notre service électrique refit toute l'installation des éclairages et tout le câblage de la nouvelle installation, et enfin le service Son et Vidéo remit à neuf tout son équipement dans les dessous de scène

Cette lourde rénovation a été financée par la Ville de Genève et l'Association des communes genevoises à hauteur de 20 millions de francs suisses. Ces nouvelles installations font plus que jamais du Grand Théâtre une salle de spectacle à la pointe des techniques de scène, l'une des plus performantes d'Europe.

  • Grand Théâtre de Genève 11, boulevard du Théâtre - CP 5126 1211 Genève 11 Suisse
  • web

Justin Brown

Né en Angleterre il a étudié à l’Université de Cambridge et à Tangelwood avec Seiji Ozawa et Leonard Bernstein. Suite à sa formation, il devient l’assistant de Leonard Bernstein et de Luciano Berio. Il fait ses débuts comme chef lors de la première anglaise de Mass de Bernstein. Il débute sa carrière à l’opéra à l’English National Opera et au Scottish Opera.

Depuis, Justin Brown a été l’invité de nombreuses maisons d’opéras telles que : Covent Garden, Santa Fé Opera, La Monnaie, Staatsoper Stuttgart, Oper Frankfurt, Opéra de Nantes, Opéra de Strasbourg, Teatro San Carlo de Lisbonne et Opéra national de Norvège. Il est également le chef invité de nombreux orchestres prestigieux: les philharmonies d’Oslo, de Bergen, Saint-Pétersbourg, Dresde, Malaisie, Tokyo, les orchestres nationaux de Toulouse, Cincinnati, Colorado, Indianapolis, les orchestres symphoniques de Birmingham, Dallas, Londres, São Paulo, de la BBC, les orchestres de la radio de Finlande, des Pays-Bas, le Mainly Mozart Festival Orchestra of San Diego et d’autres. Durant les 6 saisons où il était engagé comme directeur musical de l’Orchestre symphonique d’Alabama, il a commandé onze nouvelles créations à huit compositeurs différents. Il a dirigé beaucoup d’œuvres de compositeurs contemporains tels qu’Elliott Carter, George Crumb, John Adams, Peter Lieberson and Steve Reich. La saison 2016-2017 est marquée par Die Walküre et Siegfried pour le cycle du Ring, la création de l’opéra d’Avner Dorman Wahnfried mis en scène par Keith Warner à Karlsruhe et par deux débuts, celui à l’opéra de Francfort et celui au Grand Théâtre de Genève.

  • Chef d'orchestre
  • web

David Pountney

David Pountney se fait connaître internationalement en 1972 au Wexford Festival avec sa mise en scène de Katia Kabanova. De 1975 à 1980, il est engagé comme directeur de production au Scottish Opera. Il y met en scène notamment un cycle Janácek (en coproduction avec le Welsh National Opera). En 1977, il met en scène la première mondiale de Toussaint de David Blake à l’English National Opera, où il sera engagé pour plus de 20 opéras.
Il met en scène plus de dix premières mondiales, comprenant trois créations de Sir Peter Maxwell Davies, pour qui il écrit aussi des livrets. Il mène une carrière en indépendant dès 1992 ; il est dès lors invité régulièrement par l’Opernhaus de Zurich, aux Staatsopern de Vienne et de Munich, ainsi que par maints opéras aux États-Unis et au Japon. Il met en scène Prince Igor et Die Frau ohne Schatten à Zurich, Il Trittico à Lyon et Roi Roger ainsi que La Passion grecque au Festival de Bregenz, où il est nommé directeur dès décembre 2003. Il est nommé directeur général et artistique du Welsh National Opera en septembre 2011. Au printemps 2011, Kommilitonen, son troisième opéra écrit en collaboration avec Sir Peter Maxwell Davies, est donné à la Royal Academy of Music et en novembre 2011 à la Juilliard School of Music. Il met en scène un nouvel opéra de Philip Glass Die Spuren der Verirrten pour l’ouverture du nouveau théâtre de Linz en 2013. Plus récemment, il met en scène Simon Boccanegra (Prague et Bratislava), Die Passagierin (Houston, New York et Chicago), Carmen (Moscou), Cavalleria Rusticana / I Pagliacci et Les Troyens (Berlin), Rigoletto (Tel Aviv), Die Frau ohne Schatten (Zurich), Saül (Copenhague).

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