Brahms Symphonie no.3 / Dissonances

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Johannes Brahms (1833-1897): Symphonie n° 3 en fa majeur op. 90

Les Dissonances
David Grimal, direction

Allegro con brio Andante
Poco allegretto Allegro

Bien des choses ont changé depuis les premiers essais pour l’orchestre du jeune Brahms, et pour l’homme qui compose sa troisième symphonie, les angoisses de 1872 ne sont plus d’actualité
Je ne composerai jamais de symphonie ! Vous n’imaginez pas quel courage il faudrait quand on entend toujours derrière soi les pas d’un géant [Beethoven] ! », à Hermann Levi). Sa réputation de symphoniste est faite, et le triomphe qui accueille la création viennoise de la Symphonie n° 3
ainsi que ses nombreuses reprises dans toute l’Europe (et jusqu’aux États-Unis) ne fait que la consolider, à tel point que Brahms finit par déplorer que la célébrité de cette symphonie plongeât ses deux aînées dans une ombre imméritée.

La première avait reçu le surnom de « dixième » (de Beethoven, s’entend) par Hans von Bülow ; celle-ci devint pour Hans Richter « l’Eroïca ». Il est vrai que, ne serait-ce que par son choix d’écrire une symphonie traditionnelle dans sa forme (quatre mouvements, reprise de l’exposition de la forme sonate liminaire) à l’heure où les cadres ont éclaté depuis longtemps, Brahms se confronte à la première école de Vienne, et partant de là, à Beethoven – ce que faisait déjà la Sonate pour piano op. 1 avec sa référence à la Hammerklavier, ce que faisait aussi la Première Symphonie par

sa limpide allusion à l’Ode à la joie de la Neuvième. Pour autant, cette Troisième Symphonie est profondément brahmsienne par sa flamboyance nordique, sa sombre atmosphère de ballade (un goût que Brahms partage avec Schumann) et ses ambivalences mélodiques ou tonales.

Si le premier mouvement devait montrer l’influence d’un autre compositeur, ce serait plutôt celle de Schubert : la suite d’accords qui ouvre l’œuvre (fa majeur-septième diminuée-fa majeur à nouveau), directement héritée des premières mesures du Quintette en do majeur D. 956, et sa mélodie fa-la bémol-fa (F-A-F selon la notation allemande), dans laquelle on a souvent vu la devise de Brahms « frei aber froh » (« libre mais joyeux », en référence à celle de l’ami Joachim
« libre mais seul »), vont donner lieu à un travail thématique serré qui viendra compléter deux thèmes, l’un empli d’un élan irrésistible, énoncé par les violons dès la troisième mesure, l’autre noté « grazioso » à la clarinette et aux bassons.

Simplicité et sérénité semblent caractériser le deuxième mouvement (en ut majeur), aux douces inflexions de vents ; mais une harmonie parfois aventureuse et une gravité momentanée viennent apporter un démenti passager à l’impression première. Le superbe Poco allegretto suivant, dont les hésitations majeur/mineur évoquent à nouveau Schubert, a des allures d’intermezzo, avec sa mélancolique mélodie délicatement festonnée de triolets encadrant une sorte de danse lente, accentuée sur son troisième temps, en guise de trio.

Le dernier mouvement, très dramatique, en fa mineur dans sa majeure partie, fait précéder l’exposition proprement dite de deux thèmes inquiétants, le premier sinueux, le second funèbre, dans le grave de l’orchestre, qui fourniront une bonne part de la matière du développement et du long développement terminal. Ce finale ébouriffant, qui paraît animé d’un irrépressible sentiment d’urgence, se clôt dans la douceur du fa majeur retrouvé, sur de longues tenues des vents et quelques frémissements de cordes et de timbales.

Cité de la Musique

Conçue par l’architecte Christian de Portzamparc, la Cité de la musique, inaugurée en 1995, est un lieu d’art et de vie, immergé dans la verdure du parc de la Villette.
Projet novateur de transmission de la musique, c'est un pôle de référence national et international entièrement dédié à la musique, avec quelque 250 concerts par an destinés aux adultes et aux jeunes, un Musée de la musique aux collections rares, une Médiathèque dotée de quelque 100 000 documents et une offre pédagogique riche et variée.
Résolument ouverte sur le monde, la Cité de la musique accueille les artistes internationaux les plus en vue. En association avec de prestigieuses salles européennes (membres du réseau ECHO), elle favorise la création musicale et la promotion des jeunes talents européens. Elle coproduit également des expositions avec des musées étrangers et diffuse son expertise et son savoir-faire dans le monde.
La Cité de la musique est un établissement public industriel et commercial qui bénéficie du soutien du ministère de la Culture et de la Communication.
La Cité de la musique est un lieu d’échanges parfaitement intégré dans un espace culturellement dense (avec notamment le Conservatoire de Paris, la Grande Halle de la Villette, la Cité des sciences et de l’industrie, le Zénith, les cinémas MK2 quai de Seine et quai de Loire, le Cent quatre… et dont le devenir est prometteur (l’ouverture de la Philharmonie de Paris est prévue en janvier 2015).
La Cité est aussi un lieu de convivialité et de détente. Côté cour, avec sa librairie Harmonia Mundi et son Café des concerts au design épuré et à la cuisine inventive, elle invite à des moments de détente autour d'une visite ou d'un concert.

Les Dissonances

Les Dissonances

Les Dissonances, collectif d’artistes : on a pris l’habitude de voir les musiciens dirigés à la baguette. Jouer sans chef, c’est prendre la liberté de se réunir lors de sessions de travail, dans un espace décloisonné où chacun crée sa place. Solistes, chambristes, musiciens d’orchestre et brillants étudiants en devenir se retrouvent afin de s’enrichir mutuellement. Un espace où compositeurs et interprètes renouent un dialogue nécessaire.
Les Dissonances poussent toujours plus loin le niveau artistique des défis qu’elles relèvent, des Symphonies de Beethoven à celles de Brahms, en passant par des programmes mettant à l’honneur des œuvres trop peu connues du public.
Premier orchestre symphonique sans chef d’orchestre, Les Dissonances réinventent la pratique musicale à travers une organisation participative où les talents et les idées de chacun sont valorisées.
L’orchestre se produit sur de nombreuses scènes européennes et a obtenu la reconnaissance immédiate de la critique internationale.
Liberté des musiciens, dans leur choix de travailler ensemble, liberté de choix des compositeurs, des oeuvres et des programmes, et libre association avec les salles et festivals qui partagent ce même souci d’exigence, d’excellence et d’innovation artistique.
Car cette exigence en tout est la contrepartie à cette liberté en tout revendiquée par Les Dissonances. Il faut y ajouter d’autres valeurs : Les Dissonances ont un inspirateur et un leader, mais elles n’ont pas de Chef ! Les musiciens sont tous égaux et unis par le partage fraternel de la musique. Liberté, égalité, fraternité, générosité, voilà les valeurs qui animent et inspirent Les Dissonances… et bien sûr leurs partenaires.

David Grimal

Après le Conservatoire de Paris (CNSMDP), où il travaille avec Régis Pasquier, David Grimal bénéficie des conseils d’artistes prestigieux, tels que Shlomo Mintz ou Isaac Stern, passe un an à Sciences-Po Paris, puis fait la rencontre, décisive, de Philippe Hirschhorn.
Il est sollicité par de nombreux orchestres : Orchestre de Paris, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre National de Russie, Orchestre National de Lyon, New Japan Philharmonic, Orchestre de l’Opéra de Lyon, Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, Orchestre Symphonique de Jérusalem ou Sinfonia Varsovia, sous la direction de Christoph Eschenbach, Michel Plasson, Michael Schønwandt, Peter Csaba, Heinrich Schiff, Lawrence Foster, Emmanuel Krivine, Mikhaïl Pletnev, Rafael Frühbeck de Burgos, Peter Eötvös…
De nombreux compositeurs lui ont dédié leurs œuvres, parmi lesquels Marc-André Dalbavie, Brice Pauset, Thierry Escaich, Jean-François Zygel, Alexandre Gasparov, Victor Kissine, Fuminori Tanada, Ivan Fedele, Philippe Hersant, Anders Hillborg, Oscar Bianchi, Guillaume Connesson, et Frédéric Verrières.
Depuis de nombreuses années, David Grimal poursuit par ailleurs une collaboration avec Georges Pludermacher en récital. Ils se produisent dans le monde entier et leur discographie, qui comprend des œuvres de Ravel, Debussy, Bartók, Franck, Strauss, Enesco, Szymanowski et Janácek, a obtenu des récompenses prestigieuses.
David Grimal a enregistré les Sonatines de Schubert avec Valery Afanassiev. En 2009, son intégrale des Sonates et Partitas de Bach, accompagnée de Kontrapartita - une création de Brice Pauset qui lui est dédiée -, a obtenu le Choc de Classica – Le Monde de la Musique. Son enregistrement du Concerto pour violon de Thierry Escaich avec l’Orchestre National de Lyon a quant à lui reçu le Choc de Classica en 2011.
En marge de sa carrière de soliste, David Grimal a souhaité s’investir dans des projets plus personnels. L’espace de liberté qu’il a créé avec Les Dissonances lui permet de développer son univers intérieur en explorant d’autres répertoires.
Sous l’égide des Dissonances, il a également créé « L’Autre Saison », une saison de concerts en faveur des sans-abris, en l’église Saint-Leu à Paris. David Grimal est artiste en résidence à l’Opéra de Dijon depuis 2008. Il enseigne le violon à la Musikhochschule de Sarrebruck en Allemagne, donne de nombreuses masterclasses et a été membre du jury du Concours International Long-Thibaud à Paris en 2010. Il a été fait chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture en 2008. Il joue sur un Stradivarius, le « ex-Roederer » de 1710, et sur un violon fait pour lui par le luthier français Jacques Fustier, le « Don Quichotte ».

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