Brahms Symphonie no.1 / Dissonances

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Johannes Brahms (1833-1897) Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68
Poco sostenuto – allegro
Andante sostenuto
Poco allegretto et grazioso
Adagio – più andante – allegro non troppo ma con brio – più allegro

Les Dissonances
David Grima, direction

1876 : voici enfin révélée au public la symphonie que Schumann appelait de ses vœux quelque vingt ans auparavant. Vingt ans également que Brahms y songe et qu’il s’y essaie : d’abord en 1854 avec ce qui deviendra le Concerto pour piano n° 1 en 1858 ; puis dès 1862 avec les premières esquisses de l’allegro initial envoyées à Clara Wieck-Schumann.
Tout ou presque dans l’œuvre évoque l’imposante figure beethovénienne : l’effectif orchestral, assez réduit pour les années soixante-dix, renvoie aux partitions viennoises du premier quart
du siècle (il n’est que de comparer à Liszt ou à Wagner dont la Tétralogie est créée la même année à Bayreuth) ; la tonalité d’ut mineur convoque, plus que la noirceur de l’ouverture de Coriolan, l’héroïsme de la Cinquième Symphonie (que rappelle aussi une figure triolet-noire) ; le rapport de tierce entre le premier et le deuxième mouvement (ut mineur – mi majeur) naît de la grammaire tonale du Concerto pour piano n° 3 de 1800 ; et surtout, le thème diatonique donné par l’allegro non troppo du finale entretient des rapports étroits avec le fameux thème de l’« Ode à la joie » qui couronne la Neuvième Symphonie, à tel point que Brahms s’écrie : « C’est si évident qu’un âne s’en apercevrait ».
Hanslick, ardent défenseur de Brahms depuis son arrivée à Vienne en 1862, n’est pas sans le faire remarquer : « Dans cette œuvre, l’étroite affinité de Brahms avec l’art de Beethoven s’impose avec évidence à tout musicien qui ne l’aurait pas encore perçue. La nouvelle symphonie témoigne d’une volonté énergique, d’une pensée musicale logique, d’une grandeur de facultés architectoniques, et d’une maîtrise technique telles que n’en possède aucun compositeur vivant » (article dans la Neue freie Presse). Et Hans von Bülow, longtemps réfractaire à Brahms, de parler de la « Dixième Symphonie, alias la première symphonie de Brahms ».
Malgré ce tribut évident, l’œuvre n’est en rien une resucée de Beethoven ; c’est indéniablement du Brahms, et ce dès l’introduction lente, sur une pédale pesante des timbales (l’on songe au Requiem allemand dix ans auparavant), où tout le matériau thématique du premier mouvement se trouve
concentré dans une économie de moyens qui est une des marques de fabrique du compositeur (cellule do-do dièse-ré).
Après une massive forme sonate, l’Andante sostenuto, plus clair, marque une relative détente où les mélodies prennent de l’importance aussi bien aux violons qu’au hautbois ou à la clarinette.
Le troisième mouvement, qui entretient à nouveau un rapport de tierce majeure avec le précédent, emprunte au scherzo sa fonction mais non ses caractéristiques (il évoque plutôt certains intermezzos pianistiques) ; la douceur aux accents populaires de la clarinette y cède la place à une sorte de trio en si majeur qui joue sur les appels de trois notes, motifs qui reviendront dans la coda.
Le finale possède lui aussi son introduction lente, très sombre et mystérieuse, qui débouche
sur une seconde section où le cor en ut majeur joue le premier rôle (écho d’une mélodie de cor alpestre notée en 1868), ponctué d’un choral aux vents (trombones, bassons, contrebasson). Après un decrescendo, le thème beethovénien lance l’allegro final proprement dit, forme sonate pervertie qui intègre aussi bien le thème de cor que les accords dorénavant triomphants du choral.

Cité de la Musique

Conçue par l’architecte Christian de Portzamparc, la Cité de la musique, inaugurée en 1995, est un lieu d’art et de vie, immergé dans la verdure du parc de la Villette.
Projet novateur de transmission de la musique, c'est un pôle de référence national et international entièrement dédié à la musique, avec quelque 250 concerts par an destinés aux adultes et aux jeunes, un Musée de la musique aux collections rares, une Médiathèque dotée de quelque 100 000 documents et une offre pédagogique riche et variée.
Résolument ouverte sur le monde, la Cité de la musique accueille les artistes internationaux les plus en vue. En association avec de prestigieuses salles européennes (membres du réseau ECHO), elle favorise la création musicale et la promotion des jeunes talents européens. Elle coproduit également des expositions avec des musées étrangers et diffuse son expertise et son savoir-faire dans le monde.
La Cité de la musique est un établissement public industriel et commercial qui bénéficie du soutien du ministère de la Culture et de la Communication.
La Cité de la musique est un lieu d’échanges parfaitement intégré dans un espace culturellement dense (avec notamment le Conservatoire de Paris, la Grande Halle de la Villette, la Cité des sciences et de l’industrie, le Zénith, les cinémas MK2 quai de Seine et quai de Loire, le Cent quatre… et dont le devenir est prometteur (l’ouverture de la Philharmonie de Paris est prévue en janvier 2015).
La Cité est aussi un lieu de convivialité et de détente. Côté cour, avec sa librairie Harmonia Mundi et son Café des concerts au design épuré et à la cuisine inventive, elle invite à des moments de détente autour d'une visite ou d'un concert.

David Grimal

Après le Conservatoire de Paris (CNSMDP), où il travaille avec Régis Pasquier, David Grimal bénéficie des conseils d’artistes prestigieux, tels que Shlomo Mintz ou Isaac Stern, passe un an à Sciences-Po Paris, puis fait la rencontre, décisive, de Philippe Hirschhorn.
Il est sollicité par de nombreux orchestres : Orchestre de Paris, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre National de Russie, Orchestre National de Lyon, New Japan Philharmonic, Orchestre de l’Opéra de Lyon, Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, Orchestre Symphonique de Jérusalem ou Sinfonia Varsovia, sous la direction de Christoph Eschenbach, Michel Plasson, Michael Schønwandt, Peter Csaba, Heinrich Schiff, Lawrence Foster, Emmanuel Krivine, Mikhaïl Pletnev, Rafael Frühbeck de Burgos, Peter Eötvös…
De nombreux compositeurs lui ont dédié leurs œuvres, parmi lesquels Marc-André Dalbavie, Brice Pauset, Thierry Escaich, Jean-François Zygel, Alexandre Gasparov, Victor Kissine, Fuminori Tanada, Ivan Fedele, Philippe Hersant, Anders Hillborg, Oscar Bianchi, Guillaume Connesson, et Frédéric Verrières.
Depuis de nombreuses années, David Grimal poursuit par ailleurs une collaboration avec Georges Pludermacher en récital. Ils se produisent dans le monde entier et leur discographie, qui comprend des œuvres de Ravel, Debussy, Bartók, Franck, Strauss, Enesco, Szymanowski et Janácek, a obtenu des récompenses prestigieuses.
David Grimal a enregistré les Sonatines de Schubert avec Valery Afanassiev. En 2009, son intégrale des Sonates et Partitas de Bach, accompagnée de Kontrapartita - une création de Brice Pauset qui lui est dédiée -, a obtenu le Choc de Classica – Le Monde de la Musique. Son enregistrement du Concerto pour violon de Thierry Escaich avec l’Orchestre National de Lyon a quant à lui reçu le Choc de Classica en 2011.
En marge de sa carrière de soliste, David Grimal a souhaité s’investir dans des projets plus personnels. L’espace de liberté qu’il a créé avec Les Dissonances lui permet de développer son univers intérieur en explorant d’autres répertoires.
Sous l’égide des Dissonances, il a également créé « L’Autre Saison », une saison de concerts en faveur des sans-abris, en l’église Saint-Leu à Paris. David Grimal est artiste en résidence à l’Opéra de Dijon depuis 2008. Il enseigne le violon à la Musikhochschule de Sarrebruck en Allemagne, donne de nombreuses masterclasses et a été membre du jury du Concours International Long-Thibaud à Paris en 2010. Il a été fait chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture en 2008. Il joue sur un Stradivarius, le « ex-Roederer » de 1710, et sur un violon fait pour lui par le luthier français Jacques Fustier, le « Don Quichotte ».

Les Dissonances

Les Dissonances

Les Dissonances, collectif d’artistes : on a pris l’habitude de voir les musiciens dirigés à la baguette. Jouer sans chef, c’est prendre la liberté de se réunir lors de sessions de travail, dans un espace décloisonné où chacun crée sa place. Solistes, chambristes, musiciens d’orchestre et brillants étudiants en devenir se retrouvent afin de s’enrichir mutuellement. Un espace où compositeurs et interprètes renouent un dialogue nécessaire.
Les Dissonances poussent toujours plus loin le niveau artistique des défis qu’elles relèvent, des Symphonies de Beethoven à celles de Brahms, en passant par des programmes mettant à l’honneur des œuvres trop peu connues du public.
Premier orchestre symphonique sans chef d’orchestre, Les Dissonances réinventent la pratique musicale à travers une organisation participative où les talents et les idées de chacun sont valorisées.
L’orchestre se produit sur de nombreuses scènes européennes et a obtenu la reconnaissance immédiate de la critique internationale.
Liberté des musiciens, dans leur choix de travailler ensemble, liberté de choix des compositeurs, des oeuvres et des programmes, et libre association avec les salles et festivals qui partagent ce même souci d’exigence, d’excellence et d’innovation artistique.
Car cette exigence en tout est la contrepartie à cette liberté en tout revendiquée par Les Dissonances. Il faut y ajouter d’autres valeurs : Les Dissonances ont un inspirateur et un leader, mais elles n’ont pas de Chef ! Les musiciens sont tous égaux et unis par le partage fraternel de la musique. Liberté, égalité, fraternité, générosité, voilà les valeurs qui animent et inspirent Les Dissonances… et bien sûr leurs partenaires.

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