Beethoven Symphonie no.6

Opéra National de Paris ClassicAll 6

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Ludwig van Beethoven: Symphonie n° 6 en fa majeur, opus 68

1. Allegro ma non troppo
2. Andante molto moto
3. Allegro
4. Allegro
5. Allegretto

Orchestre de l'Opéra National de Paris
Philippe Jordan, direction

 

La symphonie no 6 en fa majeur, opus 68, dite Pastorale, de Ludwig van Beethoven, est composée entre 1805 et 1808. Beethoven l'intitule précisément dans une lettre à Breitkopf & Härtel (28 mars 1809): Symphonie Pastorale, ou Souvenir de la vie rustique, plutôt émotion exprimée que peinture descriptive et la co-dédie au prince Lobkowitz et au comte Razumovsky. L'œuvre est créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien de Vienne,et publiée en avril 1809 chez Breitkopf & Härtel, jouée et publiée en même temps que la 5°.

Pour Hector Berlioz, la symphonie pastorale est un « étonnant paysage qui semble avoir été composé par Poussin et dessiné par Michel-Ange. L'auteur de Fidelio, de la Symphonie héroïque veut peindre le calme de la campagne, les douces mœurs des bergers ; il ne s'agit pas des bergers roses-verts et enrubannés de M. de Florian, encore moins de ceux de M. Lebrun, auteur du Rossignol5, ou de ceux de J. J. Rousseau, auteur du Devin du Village. C'est de la nature vraie qu'il s'agit ici. »

La Pastorale clôt en quelque sorte une longue tradition d'œuvres instrumentales dans lesquelles les choses de la nature (le chant des oiseaux, le vent, l’eau, le tonnerre, etc.) étaient imitées grâce à des moyens musicaux plus ou moins stéréotypés; mais elle marque en même temps le début de ce nouveau genre de “musique à programme intérieur” qui sera caractéristique du XIXe siècle et qui s’efforcera de représenter l’univers émotionnel d'un sujet humain imaginaire, telle la Symphonie fantastique7. Beethoven anticipe sur la fameuse définition d'Amiel : « chaque paysage est un état d'âme » (Jedes Landschaftsbild ist ein Seelenzustand).

Composée simultanément avec la Cinquième symphonie, la Pastorale en donne la clé d'interprétation psychologique: l'une nous montre l'homme aux prises avec le destin, l'autre face à la nature; tandis qu'il luttait avec celui-là et finissait par le terrasser, il s'abandonne à celle-ci.

Beethoven n'est pas le premier compositeur qui s'est proposé d'écrire une symphonie Pastorale. En 1784, l'éditeur Heinrich Philipp Bossler publie à Spire une œuvre symphonique de Justin Heinrich Knecht intitulée Tongemälde der Natur (Portrait musical de la nature), qui comporte un programme bien détaillé dont voici les grandes lignes11: « Le Portrait musical de la Nature ou Grande Symphonie… Laquelle va exprimer par le moyen des sons :

Il faut noter que ce même éditeur publiait l'année précédente les trois sonatines de Beethoven dédiées à l'électeur de Cologne, Maximilien François d'Autriche. On ne sait si Beethoven avait connaissance de cette œuvre mais son programme se confond presque avec celui de la Pastorale. Cependant, Beethoven goûtait peu le « portrait musical » car à plusieurs reprises il notera en marge des esquisses pour la Pastorale et indiquera finalement dans le titre lui-même : « plutôt expression de la sensation que peinture. » En 1807 : « Laissons à l'auditeur le soin de s'orienter. Sinfonia caracteristica — ou un souvenir de la vie à la campagne. Tout spectacle perd à vouloir être reproduit trop fidèlement dans une composition musicale. — Sinfonia Pastorella — les titres explicatifs sont superflus; même celui qui n'a qu'une idée vague de la vie à la campagne comprendra aisément le dessein de l'auteur. La description est inutile; s'attacher plutôt à l'expression du sentiment qu'à la peinture musicale. » Et en 1808 : « la Symphonie Pastorale n'est pas un tableau ; on y trouve exprimées, en nuances particulières, les impressions que l'homme goûte à la campagne13. » Il s'agit donc d'une partition à la fois expressionniste et impressionniste : on sait la fortune que ces deux esthétiques ont connue ensuite, chez Claude Debussy et Richard Strauss notamment.

La première esquisse pour la Symphonie pastorale se trouve dans un cahier de 1803 mêlée à celles de l’Héroïque et au début de la 5e Symphonie en ut mineur; on y trouve une étude pour un « murmure de ruisseau » qui sera utilisée dans le 2e mouvement et le motif de contrebasses qui sera repris dans le 3e mouvement. Le thème de l'orage est déjà présent dans l'introduction qui suit immédiatement l'ouverture du ballet Les Créatures de Prométhée, alors que Prométhée est poursuivi par l'orage du ciel. Le principal du travail de composition est cependant étroitement liée dans le temps à la Symphonie en ut mineur, écrite à la même époque 1806-1808, et jouée pour la première fois au même concert le 22 décembre 1808.

Anton Schindler rapporte dans ses souvenirs que Beethoven s'est inspiré de chants populaires autrichiens pour le troisième mouvement et les danses paysannes, allant jusqu'à parodier la danse nationale du peuple autrichien.

La transition vers le dernier mouvement présente une très grande similitude avec l'introduction de l’Hymne à l'agriculture, pour orchestre d'harmonie et chœur composé en 1796 par Jean-Xavier Lefèvre, pour la fête de l'agriculture célébrée le 28 juin et il n'est pas interdit de penser que Beethoven s'en soit inspiré pour le final de sa sixième symphonie

Selon des indications de certains brouillons, Beethoven aurait songé un moment à couronner le finale et la Symphonie par un chœur religieux — il aurait envisagé un Gloria ou un des lieder de Gllert. Sur un manuscrit antérieur l'intention religieuse est en effet plus explicite; Beethoven avait écrit: « Hirtengesang, vohltätige, mit Dank an die Gottheit verbundene Gefühle nach dem Sturm » (Chant de pâtres, sentiments bienfaisants joints aux remerciements à la divinité après la tempête). « En renonçant à la parole et à la voix, pour laisser chanter seulement la musique pure, il maintenait l'œuvre dans le domaine de la sensation, à distance égale de la “peinture” et de la “pensée”. »

La première de la Symphonie pastorale eut lieu le 22 décembre 18084 lors d’un grand concert au Theater an der Wien. Beethoven était sur le point de quitter Vienne pour entrer au service de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, en tant que Kappelmeister à Kassel et voulait offrir aux Viennois un immense concert (une Académie selon le terme en usage à l'époque). L'avis, paru dans la Wiener Zeitung du 17 décembre 1808, stipulait qu'il s'agissait de morceaux entièrement nouveaux de Beethoven… mais sans plus. Il dura plus de quatre heures et le programme était celui-ci :

Première partie :

    Une « Symphonie intitulée Souvenirs de Vie à la Campagne, en fa majeur (no 5) »
    « Ah, perfido », Op. 65
    Le Gloria de la Messe en ut majeur
    Le Concerto pour piano nº 4 interprété par Beethoven au piano

Deuxième partie :

    « Grande Symphonie en ut mineur (no 6) »
    les Sanctus et Benedictus de la Messe en ut majeur
    Fantaisie pour piano solo (improvisée par Beethoven, le futur opus 77)
    La Fantaisie chorale.

Les œuvres présentées n'était finalement pas toutes nouvelles. L'air de concert « Ah, perfido » date de la tournée de 1796 (Prague, Dresde, Leipzig, Berlin). Ici, Beethoven évoque clairement la douleur du départ, les adieux adressés au public viennois et son regret de le quitter: « Aie pitié, ne me dis pas adieu. Que ferai-je sans toi? Tu le sais, mon bien-aimé, je mourrai de douleur. »

On remarquera que les deux symphonies furent présentées au public dans l'ordre de numérotation inverse de celui que nous connaissons aujourd'hui. L′Ut mineur était la 6e alors que la Pastorale était la Cinquième. Toutefois, lors de leur parution chez Breitkopf & Härtel en avril 18094, elles portent leur numéros définitifs : l'Ut mineur devient la 5e Symphonie avec le numéro d'opus 67, et la Pastorale devient la 6e avec le numéro d'opus 68.

Le concert se solda par un fiasco : un programme d'environ quatre heures, joué dans une salle glaciale, après une seule répétition, par des musiciens pour la plupart de second ordre, exigeait trop des exécutants et de l'auditoire. La qualité de la prestation laissa particulièrement à désirer car, avec son caractère emporté, Beethoven s'était mis l'orchestre à dos :

« L'orchestre du Theater an der Wien était tellement monté contre lui qu'il n'y avait plus que les chefs d'orchestre Seyfried et Clément pour vouloir avoir affaire à lui ; et il fallut user de beaucoup de persuasion et mettre la condition que Beethoven ne serait pas présent dans la salle pendant les répétitions pour que les musiciens consentent à jouer. Pendant les répétitions, qui avaient lieu dans le grand local situé derrière la scène, Beethoven allait et venait dans une pièce voisine. »

Après les deux premières exécutions au Gewandhaus de Leipzig, au début de l'année 1809, l’Allgemeine musikalische Zeitung désapprouve la longueur du deuxième mouvement, mais qualifie d'« ingénieuse » la « disposition picturale »; quant aux troisième et quatrième mouvements, le critique trouve qu'ils sont « les pages les plus remarquables de l'œuvre », qu'ils répondent entièrement aux intentions descriptives « par une nouveauté et une abondance d’idées ainsi que par une vigueur et une efficacité de mise en œuvre qui font qu’on ne peut les entendre sans émerveillement et sans plaisir ». Le commentateur émet pourtant une restriction qui frappe avant tout par son ton de respectueuse politesse à l’égard du compositeur — Beethoven est devenu entretemps une célébrité consacrée et admirée du monde musical: « du reste nous ne voudrions certes pas entreprendre de justifier toutes les harmonies [dans le quatrième mouvement] ». Il conclut : « Il aurait mieux valu appeler cette composition “Fantaisies [ou aussi “variations”] d'un musicien à l'instigation de motifs de Beethoven” » La première à Berlin le 7 juin 1809 ne donnera lieu à aucun commentaire supplémentaire du journal.

Le Palais Garnier

Opéra National de Paris

1661
Louis XIV fonde l’Académie royale de Danse, avec pour mission de former les artistes et de codifier l’art chorégraphique.

1669
L'Académie royale de Musique est fondée à l'instigation de Colbert. Sous la tutelle royale, cette institution rassemble une troupe de chanteurs, le premier orchestre professionnel de France et le corps de Ballet de l’Académie royale de Danse. Egalement nommée Académie d’opéra ou Opéra, elle a pour mission de promouvoir l’opéra français à Paris et dans les villes les plus considérables du royaume. L’Académie n’est pas subventionnée : elle vit de ses recettes propres. Ce n’est qu’après la Révolution française que son directeur bénéficiera d’une aide de l’Etat moyennant un cahier des charges. Le Roi lui octroie un privilège : le monopole de la représentation des pièces de théâtre en musique. De 1672 à 1687, Lully est directeur de cette Académie pour laquelle il compose vingt ouvrages, parmi lesquels Cadmus et Hermione (1673), considéré comme le premier opéra français, Armide (1674) et Alceste (1686).
Evénement fondateur de l’histoire de l’art lyrique en France, la création de l'Académie royale de Musique fait aussi date dans l’histoire du Ballet. L’art chorégraphique, jusqu’alors dévolu au divertissement de la Cour, dispose désormais d’une scène : la troupe danse dans les intermèdes des opéras. Peu à peu, le Ballet conquiert son indépendance jusqu’à avoir son propre répertoire au XIXe siècle, à l’époque des grands ballets romantiques.
Les deux siècles suivant sa création voient l'Opéra changer onze fois de lieu. Il occupe ainsi les salles de la Bouteille (1670-1672), du Jeu de paume (1672-1673), du Palais-Royal (1673-1763), des Machines (1764-1770), la seconde salle du Palais-Royal (1770-1781), des Menus-Plaisirs (1781), de la Porte Saint-Martin (1781-1794), de la rue de Richelieu (1794-1820), le Théâtre Louvois (1820), les salles Favart (1820-1821) et Le Peletier (1821-1873).

1681
Le Ballet de l’Opéra cesse d’être une troupe exclusivement masculine.

1733
A cinquante ans, Jean-Philippe Rameau fait ses débuts à l’Académie royale de Musique avec une tragédie lyrique composée sur le Phèdre de Racine : Hippolyte et Aricie. Triomphe. Dans la salle, le vieux compositeur André Campra note qu’il y a assez de musique dans cet opéra pour en faire dix. C’est après cette représentation mémorable que Rameau, dont le répertoire ne comptait alors que quelques pièces, va devenir le génie musical que nous connaissons. En vingt ans, il composera une douzaine d’ouvrages pour l’Académie, parmi lesquels Les Indes galantes (1735) et Les Paladins (1757). A propos de la représentation de Platée en 1745, l’Encyclopédie note qu’il s’agit là d’un composé extraordinaire, assemblage nouveau en France de grandes images et de tableaux ridicules, de la plus noble et de la plus puissante musique.

1774
En Europe, l’opéra est entré dans une phase de profonds changements qui marqueront à jamais son histoire. Alors que Mozart s’apprête à quitter son Salzbourg natal pour prendre son envol, après Vienne, Christoph Willibald Gluck arrive à Paris dans le but d’appliquer sa réforme à l’opéra français. Ses œuvres, parmi lesquelles Iphigénie en Aulide (1774), Orphée et Eurydice (1774 pour la version française) et Iphigénie en Tauride (1779), toutes créées et représentées à l’Académie royale de Musique, deviennent le fer de lance d’un art lyrique nouveau en quête de naturel et de vérité dramatique.

1776
Considéré comme le créateur du ballet moderne, Jean-Georges Noverre est le premier à imposer le ballet d'action sur la scène de l’Opéra : pour la première fois, le corps de Ballet danse, non un intermède, mais un ballet narratif où l’histoire est développée par la danse et la pantomime.

1782
Luigi Cherubini compose avec Anacréon ou l'Amour fugitif son premier opéra pour l’Académie royale de Musique. Suivront Faniska (1806), Pygmalion (1809), Crescendo (1810), Abencérages ou l'Étendard de Grenade (1813) et Ali-Baba et les Quarante Voleurs (1833).

1784
Louis XVI dote officiellement l’Opéra d’une Ecole de danse, jusqu’alors Ecole de l’Académie.

1826
C’est encore pour l’Académie que Gioacchino Rossini compose ses derniers opéras. Ainsi, Le Siège de Corinthe (1826), Moïse et Pharaon ou le Passage de la mer Rouge (1827), Le Comte Ory (1828) et le monumental Guillaume Tell (1829).

1828
Le compositeur Daniel-François-Esprit Auber et le librettiste Eugène Scribe créent pour l’Opéra La Muette de Portici. Ce grand succès, qui joua un rôle important dans l’émergence du Grand opéra français, semble aujourd’hui tombé dans l’oubli. Suivront une demi-douzaine d’ouvrages, dont Le Philtre (1831), sur le livret duquel Gaetano Donizetti composera son Elisir d’Amore. Paris scellera à jamais la collaboration de ces deux artistes géniaux que furent Auber et Scribe en donnant leurs noms à deux rues qui mènent à l’actuel Palais Garnier.

1831
Après Auber, Robert le Diable, créé pour l’Opéra de Paris, marque la première collaboration d’Eugène Scribe avec un autre compositeur majeur de l’époque : Giacomo Meyerbeer. Gustav Kobbé a beau trouver grotesque l’histoire du fils de Satan amoureux d’une princesse, la musique de Meyerbeer transcende le livret et confère à la représentation un succès si sensationnel que l’Opéra, dit-on, fit fortune. Robert le Diable marque le début d’une longue et fidèle collaboration entre le compositeur, son librettiste et l’Opéra de Paris : citons Les Huguenots (1836) – l’opéra de la consécration -, Le Prophète (1849) et L'Africaine (achevé en 1865 après le décès de Meyerbeer). En mêlant la mélodie italienne, l’harmonie allemande, le rythme et la déclamation française, l’œuvre de Meyerbeer pose, avec Rossini et Halévy, les bases du Grand opéra français. Wagner l’imite avant de s’en détacher, Verdi ne rate jamais une première de ses opéras. Paris est désormais le passage obligé de tous les grands compositeurs.

1832
La Sylphide, créé pour l’Opéra par Philippe Taglioni, est le premier ballet à être dansée en tutus blancs.

1840
Auteur en Italie d’une œuvre foisonnante de plus de soixante opéras, Gaetano Donizetti crée avec La Favorite son premier ouvrage pour l’Opéra de Paris. Suivra Dom Sébastien, roi de Portugal en 1843.

1841
Giselle, de Jean Coralli et Jules Perrot, marque l’apogée du ballet romantique. Auteur du livret, Théophile Gautier a puisé dans la mythologie allemande la légende des fiancées défuntes qui attirent les voyageurs imprudents et les font danser jusqu’aux portes du Royaume des ombres.

1845
Avec La Juive, son œuvre la plus célèbre en cinq actes avec ballet, Jacques Fromental Halévy offre à l’Opéra de Paris un chef-d’œuvre du Grand opéra français, assurant au genre une grande postérité au cours du XIXe siècle. Suivra La Reine de Chypre en 1841. Halévy partage avec Gluck, Auber et Scribe le privilège de donner son nom à l’une des quatre rues adjacentes au Palais Garnier.

1847
Giuseppe Verdi compose son premier opéra pour l’Académie royale de Musique et pour Paris en s’essayant au genre du Grand opéra. Le demi-succès de Jérusalem, attribué à la médiocrité des interprètes, ne l’empêchera pas de composer Les Vêpres siciliennes (1855) puis Don Carlos (1867). Verdi a toujours eu avec l’Opéra de Paris une relation ambiguë : ne refusant jamais l’honneur qu’on lui faisait en lui commandant un ouvrage, pestant sans cesse contre les exigences de ce qu’il appelait la grande Boutique.

1851
Sapho, premier opéra de Charles Gounod, est créé pour l’Opéra, alors Académie impériale de Musique. Suivront notamment Polyeucte (1878) et Le Tribut de Zamora (1881).

14 janvier 1858
Alors que Napoléon III se rend en carrosse à l’Opéra, des anarchistes italiens à la solde de Felice Orsini lancent des bombes sur la foule. L’Empereur et son épouse réchappent miraculeusement de cet attentat qui fait huit morts et près de cent-cinquante blessés. Le lendemain même du drame, l’Empereur décide la construction d’une nouvelle salle.

1860
Organisation du concours international pour l’édification de l’Académie impériale de musique et de danse. 171 architectes y participent. Parmi les candidats, le méconnu Charles Garnier, alors âgé de 35 ans. Son projet tente de répondre à ce qu’il pense être le problème crucial de l’art de son temps : l’impossibilité de diffuser la création artistique pour le plus grand nombre. Il est proclamé vainqueur le 30 mai 1861.

1861
Richard Wagner fait son entrée à l’Opéra de Paris avec perte et fracas. La première de Tannhaüser déclenche dans la salle une nouvelle bataille d’Hernani. L’administration cède en annulant les représentations et le compositeur quitte Paris précipitamment. Qu’importe, dira Baudelaire qui prend la défense du génie : l’idée est lancée, la trouée est faite, c’est l’important.

1862
Peintre, critique d’art, Emile Perrin devient directeur de l’Opéra de Paris qu’il dirigera jusqu’en 1871.

Nuit du 28 au 29 octobre 1873
La salle Le Peletier est anéantie dans un incendie de plus de vingt-quatre heures et dont les causes demeurent indéterminées. En attendant l’ouverture du Palais Garnier, l’Opéra s’installe provisoirement salle Ventadour.

5 janvier 1875
Inauguration du nouvel Opéra. Le Palais de Charles Garnier devient la pièce maîtresse du nouveau Paris haussmannien. Napoléon III, mort deux ans auparavant, ne verra jamais l’Opéra qu’il avait commandé. Sur l’avenue qui mène à l’entrée principale, aucun arbre n’a été planté : les passants peuvent admirer sans entrave cette façade qui aurait dû devenir le symbole éclatant du pouvoir impérial. Les airs de La Juive sont les premiers à retentir dans l’enceinte de ce nouveau temple de l’art lyrique.

1914
Alors que la France entre dans la Première Guerre mondiale, Jacques Rouché est nommé directeur de l’Opéra de Paris, qu’il dirigera durant plus de trente ans.

1929
Ancien danseur des Ballets russes de Diaghilev, Serge Lifar est invité à créer un ballet pour l’Opéra : Les Créatures de Prométhée, sur la musique de Beethoven. L’année suivante, il devient Maître de Ballet et prend les rênes de la Compagnie à laquelle il consacrera plus de trente années de sa vie. Il crée une classe d’adage, qui permet aux danseurs de n’être plus les simples faire-valoir des ballerines, et développe son style néoclassique qui imprègnera Roland Petit et Maurice Béjart.
Lui aussi issu des Ballets russes, George Balanchine aurait pu lier son destin à celui de l’Opéra à la place de Lifar : c’est d’abord à lui que Jacques Rouché avait commandé la chorégraphie  des Créatures de Prométhée, avant que la maladie ne l’empêche de porter ce projet à son terme.

1933
A neuf ans, Roland Petit entre à l’Ecole de danse de l’Opéra. Il dansera par la suite dans le corps de Ballet comme sujet, avant d’en démissionner à vingt ans pour se consacrer à la chorégraphie. Il créera nombre de ballets pour l’Opéra de Paris, dont Notre-Dame de Paris, Adages et variations (1965), Le Fantôme de l’Opéra (1980) et Clavigo (1999).

1936
Création au Palais Garnier de l’unique opéra et chef-d’œuvre de Georges Enescu : Œdipe. Dans ses souvenirs, le compositeur roumain raconte comment lui est venue l’idée de son ouvrage après avoir été ébloui par une représentation de l’Œdipe Roi de Sophocle au Français.

1939
L’Etat rapproche l’Opéra Comique, en difficulté financière, du Théâtre national de l’Opéra pour former la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux. L’Opéra Comique retrouvera son autonomie en 1990.

1945
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Reynaldo Hahn, compositeur, chef d’orchestre et critique musical, devient directeur de l'Opéra de Paris.

1957
Création au Palais Garnier de la version française de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, dont la première italienne a eu lieu quelques mois plus tôt. Cette histoire bouleversante d’une jeune novice qui surpasse ses peurs pour suivre ses sœurs de congrégation à l’échafaud rencontre un immense succès. Jamais Poulenc ne mit autant de temps et d’énergie à la création d’une œuvre musicale.

1973
Compositeur, après avoir été directeur artistique de l’Orchestre de la Radio suisse alémanique à Zurich, directeur de orchestre de la radio allemande Norddeutscher Rundfunk puis intendant de l’Opéra de Hambourg, Rolf Liebermann est appelé à la tête de la Réunion des théâtres lyriques nationaux.

1974
Création de l’Opéra Studio, centre de formation lyrique résidant à la salle Favart. Il sera remplacé en 2005 par l’Atelier Lyrique.

1978
La Réunion des théâtres lyriques nationaux est dissoute au profit du Théâtre national de l'Opéra de Paris, dont Rolf Liebermann devient l’administrateur jusqu’en 1980.

1982
Jugeant la jauge du Palais Garnier insuffisante, le président François Mitterrand décide de la construction d'un nouvel opéra, moderne et populaire, dans Paris. Organisation du concours international auquel s’inscrivent 1700 architectes, pour 756 projets reçus.

1983
Création de l'Établissement public Opéra-Bastille (EPOB). A 37 ans, l’architecte uruguayen Carlos Ott remporte le concours.
Création au Palais Garnier de Saint François d'Assise, Scènes Franciscaines, opéra en trois actes et huit tableaux d’Olivier Messiaen, sous la direction musicale de Seiji Ozawa et dans la mise en scène de Sandro Sequi. Il fallut huit années à Olivier Messiaen pour écrire le livret et la partition de cet opéra, que Rolf Liebermann lui avait commandé dès 1975.
Après avoir mené une carrière internationale de danseur hors du commun, le chorégraphe Rudolf Noureev devient Directeur de la Danse à l’Opéra de Paris. Il quittera ce poste six ans plus tard, mais restera chorégraphe principal de la compagnie. Il s’attache notamment à remonter et adapter les œuvres de Marius Petipa, dont Dom Quichotte (1981), Raymonda (1983), Le Lac des Cygnes (1984), Casse-Noisette (1985) et La Bayadère (1992).

1984
Début des travaux pour la construction du nouvel Opéra.

1987
L’Ecole de danse trouve son emplacement actuel à Nanterre.


1988
Cofondateur et président de la maison de haute couture Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé devient directeur du conseil d’administration de l’Opéra. Il organise notamment la cérémonie d’inauguration de l’Opéra Bastille.

13 juillet 1989
Inauguration de l’Opéra Bastille dans le cadre des manifestations du Bicentenaire de la Révolution française.

1990
Le Palais Garnier et l’Opéra Bastille forment l’Opéra de Paris. En mars est donné le premier spectacle lyrique à l’Opéra Bastille : Les Troyens d’Hector Berlioz, sous la baguette de Myung-Whun Chung, alors directeur musical de l’Opéra de Paris, et dans une mise en scène de Pier Luigi Pizzi. La première saison de l’Opéra Bastille débute en septembre.

1994
L’Opéra de Paris devient l’Opéra national de Paris. Ce changement d’intitulé souligne la volonté de l’Institution de rayonner au-delà des limites de la capitale.

1995
Après avoir été secrétaire général de la Réunion des Théâtres Lyriques nationaux, adjoint de Rolf Liebermann au Théâtre national de l’Opéra puis directeur du Grand Théâtre de Genève, Hugues R. Gall devient directeur de l’Opéra national de Paris.
Chorégraphe, pédagogue, ancienne danseuse du Ballet de l’Opéra, après avoir été notamment Inspectrice principale de la Danse à la Direction de la Musique et de la Danse au Ministère de la Culture, Administratrice générale de l’Opéra de Paris-Garnier puis Directrice adjointe chargée de la Danse, Brigitte Lefèvre devient Directrice de la Danse de l’Opéra national de Paris.

2004
Après avoir dirigé le Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles, le Festival de Salzbourg et le premier cycle de la Ruhr Triennale, Gerard Mortier devient directeur de l’Opéra national de Paris.

2009
Metteur en scène à la carrière internationale, après avoir dirigé le Théâtre du Capitole de Toulouse, Nicolas Joel devient directeur de l’Opéra national de Paris. Philippe Jordan occupe à ses côtés la fonction de Directeur musical.

2014
Après avoir été secrétaire général du Théâtre d'Aubervilliers, co-directeur du Centre Dramatique national de Nice et du Théâtre des Bouffes du Nord, directeur du Théâtre du Châtelet, directeur général de l'Orchestre de Paris, directeur du Festival International d'Aix-en-Provence, surintendant et directeur artistique du Teatro alla Scala de Milan, Stéphane Lissner devient directeur de l'Opéra national de Paris.

Philippe Jordan

Directeur Musical de l'Opéra national de Paris et Directeur Musical désigné des Wiener Symphoniker à partir de la saison 2014/15, Philippe Jordan est, à 38 ans, déjà reconnu comme l'un des chefs d'orchestre les plus doués et les plus passionnants de sa génération.

Il prend à 6 ans sa première leçon de piano. A 8 ans, il rejoint les Zürcher Sängerknaben et à 11 ans débute le violon. En 1994, à l'age de 16 ans, il entre au conservatoire de Zurich où il obtient le diplôme de professeur de piano - avec mention. Il étudie parallèlement avec le compositeur suisse Hans Ulrich Lehmann et continue ses études de piano auprès de Karl Engel. Dans la même période il travaille comme assistant de Maestro Jeffrey Tate sur le Ring de Wagner présenté au Châtelet. Il se produit régulièrement en tant que pianiste en récitals et musique de chambre.

Philippe Jordan commence sa carrière comme Kapellmeister au Stadttheater d'Ulm en 1994/95. De 1998 à 2001, il est Assistant de Daniel Barenboïm au Deutsche Staatsoper de Berlin. De 2001 à 2004, il est Directeur musical de l'Opéra de Graz et de l'Orchestre Philharmonique de Graz. Pendant ce temps, il fait ses débuts dans les plus importants Opéras et festivals internationaux comme le Houston Grand Opera, le Festival de Glyndebourne le Festival d'Aix-en-Provence, le Metropolitan Opera, le Royal Opera House Covent Garden, le Teatro alla Scala, le Bayerischen Staatsoper de Munich, le Salzburger Festspiele (Così fan Tutte), le Wiener Staatsoper et le Festspielhaus Baden Baden (Tannhäuser). De 2006 à 2010 Philippe Jordan a été Principal Guest Conductor au Staatsoper Unter den Linden de Berlin.

En concert, Philippe Jordan a dirigé le Berliner Philharmoniker, le Wiener Philharmoniker, la Staatskapelle de Berlin, le Wiener Symphoniker, le RSO de Vienne, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le Philharmonia Orchestra de Londres, l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia, l'Orchestre de la Suisse Romande, le Tonhalle de Zurich, l'Orchestre de chambre d'Europe, le Mahler Chamber Orchestra, l'Orchestre Gustave Mahler des Jeunes, le NDR/ Sinfonie Orchester Hamburg, le DSO Berlin et l'orchestre du Mozarteum de Salzburg. En Amérique du Nord, il a dirigé les orchestres de Seattle, St. Louis, Dallas, Detroit, Chicago, Cleveland, Philadelphia, Washington, Minnesota, Montreal, New York et San Fransisco.

La saison dernière, Monsieur Jordan a fait ses débuts au Teatro alla Scala (Der Rosenkavalier). En concert, il a dirigé les Wiener Philharmoniker et l'orchestre de l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia.

Cette saison, Philippe Jordan a fait ses débuts au Festival de Bayreuth (Parsifal) et dirigera la reprise du Ring de Richard Wagner à l'Opéra de Paris. En concert, il dirigera les Wiener Philharmoniker, le Philharmonia de Londres, les Hamburger Symphoniker et fera ses débuts avec les Münchner Philharmoniker.

Philippe Jordan a enregistré en DVD Carmen (Glyndebourne Festival), Werther (Wiener Staatsoper), Doktor Faust (Opernhaus Zurich) et Salomé (Covent Garden), Tannhäuser (Baden Baden) les Nozze di Figaro (Opéra de Paris). Il a également enregistré pour Naïve l'intégrale des concertos pour piano de Beethoven avec François-Frédéric Guy et l'Orchestre Philharmonique de Radio France et Eine Alpensinfonie de Richard Strauss avec l'Orchestre de l'Opéra national de Paris récompensé par un "CHOC de l'année - Classica".

  • Chef d'orchestre
  • web

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