Charles Wuorinen / Brodeback Mountain

Teatro Real Madrid ClassicAll 9

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Charles Wuorinen (1938): Brokeback Mountain
Opéra en 2 actes et 22 scènes sur un livret d’Annie Proulx
Création mondiale

Chœurs et orchestre du Teatro Real de Madrid

Titus Engel, direction musicale
Ivo van Hove, mise en scène
Jan Versweyveld, décors, création lumières
Wojciech Dziedzic, costumes
Tal Yarden, vidéo
Jan Vandenhouwe, dramaturgie
Andrés Máspero, chef de chœur

Daniel Okulitch, Ennis del Mar
Tom Randle, Jack Twist
Heather Buck, Alma
Hannah Esther Minutillo, Lureen
Ethan Herschenfeld, Aguirre / Hog-Boy
Celia Alcedo, Mère d'Alma
Ryan MacPherson, Père de Jack
Jane Henschel, Mère de Jack
Hilary Summers, Une serveuse
Letitia Singleton, Une vendeuse
Gaizka Gurruchaga, Un cowboy
Vasco Fracanzani, Bill Jones

 

Durant l'été 1963. deux jeunes hommes font connaissance à Brokeback Mountain, dans le Wyoming, où ils ont été engagés comme gardiens de troupeaux saisonniers.
Ennis Del Mar, le plus timide, aspire à avoir un jour son propre ranch, comme ses parents, morts dans un accident de voiture. Jack Twist, plus expansif, rêve de devenir une star du rodéo.
La montagne omniprésente semble exercer sur eux une force magique. Lors d'une soirée de beuverie, leur simple camaraderie se transforme en passion torride.

La saison achevée, chacun repart de son côte. Ennis épouse Alma, qui très vite tombe enceinte et donne naissance à deux filles. Jack a un garçon avec Lureen, dont le père Hog-Boy, tient un
prospère commerce de machines agricoles au Texas. Entre Ennis et Alma les rapports se font de plus en plus distants et ils finissent pas se séparer. Après son divorce Jack retourne dans
le Wyoming dans l'espoir de monter la-has son propre ranch avec Ennis. Mais ce dernier lui confie qu'ils se feront assassiner par les gens du cru s'ils s'installent ensemble. Il lui raconte
l'histoire de Earl et Rich, deux homosexuels qui vivaient près de chez lui quand il était enfant. Le jour où Earl fut empalé par un groupe d'homophohes, son père le traina de force sur les
lieux du crime pour qu'il contemple son cadavre. Jack et Ennis décident de ne se voir que trois ou quatre fois dans l'année.

En 1980, une carte postale qu'il a envoyée à Jack revient à Ennis avec la mention "décédé".  Lorsqu'il va trouver Lureen celle-ci lui explique que Jack a été assassiné.
Jack voulait que ses cendres soient répandues à Brokeback Mountain. Ennis se rend dans la maison d'enfance de Jack et découvre sur le lit les deux chemises qu'ils portaient à Brokeback Mountain. Il lui
jure alors un amour éternel.
 

C'est en apprenant, en 2008, que Wuorinen voulait écrire Brokeback Mountain que Mortier a décidé de le produire au New York City Opera dont il était alors pressenti directeur avant de démissionner en 2009 et de venir à Madrid.

Une rencontre avec les journalistes a été organisée deux heures avant la première le 28 janvier. Quoique très amaigri par le cancer contre lequel il se bat depuis de longs mois, Mortier n'a rien perdu de son charisme légendaire, ni de son humour corrosif. « Ici, on n'est pas à Bayreuth ! a-t-il précisé. Si les gens tapent des pieds, ce n'est pas qu'ils apprécient mais au contraire qu'ils sont à la corrida ! » Il n'y a pas eu de mise à mort à la fin de Brokeback Mountain.

UNE MAGISTRALE ABNÉGATION DES ARTISTES

La magistrale abnégation des artistes a inspiré le plus profond respect. A commencer par les protagonistes principaux, le baryton-basse Daniel Okulitch (Ennis Del Mar) et le ténor Tom Randle (Jack Twist), en scène d'un bout à l'autre, défendant une vocalité aussi inhospitalière et escarpée que les paysages du Wyoming diffusés en vidéo dans la mise en scène d'Ivo van Hove, une réussite à la scénographie astucieuse (le vis-à-vis scénique des deux hommes au sein de leurs familles respectives) assortie d'une direction d'acteurs millimétrée.

Beaucoup de choses diffèrent entre les adaptations du film et de l'opéra. Les deux épouses ont quitté leurs archétypes féminins. L'une revendique âprement son droit au rêve américain (magnifique Heather Buck en Alma, la femme d'Ennis) ; l'autre, celui d'être une femme sexuellement comblée (émouvante Hannah Esther Minutillo en Lureen, la femme de Jack).

Mais la montagne a complètement changé de rôle. Métaphorique de l'amour des deux cow-boys, avec ses beaux paysages lyriques, elle est devenue un lieu métaphysique, emblématique de l'enfer social des deux parias, que poursuit une meute de justiciers en noir – les hommes d'Aguirre, puis du père de Lureen, réapparu d'outre-tombe pour venger sa fille. Revenu à Brokeback après la mort de Jack, Ennis viendra clamer sur ce Golgotha sa culpabilité et son amour. Là est peut-être l'écueil. Ce que les images d'Ang Lee ne faisaient qu'effleurer est ici mis en musique avec une ostentation quasi minérale. La musique atonale et postsérielle de Charles Wuorinen, à fuir toute tentation sentimentale ou romantisme à la Puccini (compositeur détesté par Mortier) se targue d'atteindre à la puissance tragique et universelle d'un Tristan et Isolde. Elle oublie que Wagner ne perd jamais de vue l'expression.

Brokeback Mountain est un exercice de style redoutable : une orchestration à l'expressionnisme savant (remarquablement dirigée par Titus Engel), une architecture élaborée dont la ligne vocale ne porte ni chair et sentiment mais une mystique accusatrice. Ainsi la visite d'Ennis aux parents de Jack : la mère aux allures de Mater dolorosa tendant la chemise ensanglantée, devenue Saint-Saire. Jack saint et martyr. Il ne restera à Ennis – à la fois Judas et meurtrier – qu'à chanter son propre Sermon sur la montagne, messie prêchant l'acceptation des autres et le droit de tous à s'aimer.

Teatro Real Madrid

Le Teatro Real (siège de l'opéra de Madrid), projet de l'architecte de la ville Antonio López Aguado sous le règne d'Isabelle II, est inauguré en 1850. Situé à proximité de Sol, en 1977 le bâtiment est classé monument national et, au fil des ans, on envisage la possibilité de redonner au théâtre son activité d'origine. Ainsi, en 1997, il redevient la scène madrilène des spectacles de bel canto.

Les années fastes de l'opéra (marquées notamment par la visite en 1863 de Verdi venu y présenter son dernier opéra La forza del destino), de son inauguration en 1850 jusqu'en 1925, prennent fin lorsque le théâtre doit fermer ses portes à cause de dégâts occasionnés au bâtiment par le percement du métro de Madrid.

Rouvert en 1966 comme lieu de concert et d'événements musicaux, il accueille dans ses murs le Concours Eurovision de la chanson 1969. Des travaux de rénovation entrepris au milieu des années 1990 lui ont permis de renouer avec sa vocation de salle d'opéra. Depuis 1997, le Teatro Real a retrouvé son lustre d'antan et la réputation d'excellence qui était la sienne au XIXe siècle. L'orchestre dans la fosse est l'Orchestre symphonique de Madrid.

Après une proposition faite en 2008, la direction artistique a été confiée à Gerard Mortier qui entre en fonction à partir de 2010 pour cinq saisons.

En ce qui concerne le bâtiment, c'est un mélange d'architecture dont la scène est le véritable joyau, avec ses 1 472 mètres carrés. Elle permet des changements de décors complexes grâce à ses 18 plateformes articulées qui offrent de multiples combinaisons pour la scène et la fosse de l'orchestre. Le théâtre dispose d'une capacité d'entre 1 748 et 1 854 places en fonction des besoins du montage, distribuées sur 28 loges à plusieurs étages, ainsi que huit proscenium et la Loge Royale, deux fois plus haute.

Le seul étage exclusivement consacré au public s'appelle « La Rotonda » et fait le tour complet du bâtiment.  On y trouve quatre grands salons décorés dans différents tons avec des objets du patrimoine national et du musée du Prado.  De même, les lampes ont été fabriquées spécialement pour le théâtre à la Fábrica Real de La Granja.

  • Plaza Isabel II, s/n, 28013 Madrid, Espagne
  • web

Ivo van Hove

Personnalité parmi les plus influentes de la scène artistique européenne. il assume depuis 2001 la direction générale de l'illustre Toneelgroep Amsterdam. Régulièrement invité à se
produire dans les grands festivals tels qu'Edimbourg, Avignon ou la Ruhrtriennale. Parmi ses invités. citons Pierre Audi, Krzysztof Warlikowski, Johan Simons et Thomas Ostermeier. Entre
1998 et 2004 il a été directeur artistique du Holland Festival. ll a collaboré avec la Schaubühne de Berlin, le Münchner Kammerspiele, le New York Theatre Workshop et le Deutsche
Schauspielhaus de Hambourg. Il a également revisité la mise en scène d'opéras comme l'Affaire Makropoulas. ldoménée, lolanta, Lulu, Macbeth, der Schatzgräber de Schreker et
l'Anneau du Nibelungen à l'Opéra des Flandres, d'Amsterdam, de Bruxelles et de Lyon. Il a reçu de nombreuses récompenses. Durant les saisons 2013-2011, il a dirigé Mazeppa au Komische
Oper de Berlin et La Clémence de Titus à Bruxelles.

  • Metteur en scène
  • web

Titus Engel

Né à Zurich en 1975. il réside à Berlin. Après avoir étudié la musicologie et la philosophie , il travaille la direction d'orchestre avec Christian Kluttig au Conservatoire de Dresde. Il a
assumé la direction d'orchestres prestigieux comme l'Orchestre de l'Opéra national de Paris, Mozarteum de Salzbourg, WDR Symphoniy Orchestra de Cologne, SWR Symphony Orchestra,
Orquesta Sinfonica de Castilla y Leon,  Bern Symphony Orchestra, Mahler Chamber Orchestra et est fréquemment engagé par les festivals de Salzbourg et de Lucerne. Gérard Mortier l'a
invité régulièrement à se produire au Teatro Real. A son répertoire : l'Orfeo de Monteverdi, Don Giovanni de Mozart, le Freischütz de Weber, le Vaisseau fantôme de Wagner et Lohengrin,
Wozzeck de Berg, Orphée de Telemann et de nombreuses premières mondiales à Stuttgart, Vienne, Francfort, Hambourg et Berlin. Il est l'auteur de nombreuses publications
sur l'opéra contemporain et fondateur de l'Akademie Musiktheater Heute.

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