Grand Soir / Ensemble Intercontemporain

Cité de la Musique ClassicAll 23

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Igor Stravinski (1882-1971): Trois Pièces pour clarinette
I. ♪ = 52
II. ♪ = 168
III. ♪ = 160

Jonathan Harvey (1939-2012): Bhakti, pour ensemble de chambre et bande quadriphonique
Mouvement I
Mouvement II
Mouvement III
Mouvement IV
Mouvement V
Mouvement VIII
Mouvement IX
Mouvement X
Mouvement XI
Mouvement XII
(Les mouvements VI et VII ne sont pas joués.)

Igor Stravinski: Renard, histoire burlesque chantée et jouée, faite pour la scène d’après des contes populaires russes

Richard Ayres (1965): No. 31 (NONcerto for trumpet), pour trompette et grand ensemble
I. Burlesque (with a long scale)
II. Elegy for Alfred Schnittke
III. Rhapsody

Unsuk Chin (1961): Gougalōn. Scène de théâtre de rue, pour ensemble
I. Prolog - Dramatisches Aufgehen des Vorhangs (Prologue - Ouverture spectaculaire du rideau)
II. Lamento der kahlen Sängerin (Lamentation de la chanteuse chauve)
III. Der grinsende Wahrsager mit dem falschen Gebiss (Sourire du voyant aux
fausses dents)
IV. Episode zwichen Flaschen und Dosen (Épisode entre bouteilles et canettes)
V. Circulus vitiosus - Tanz vor den Baracken (Circulus vitiosus - Danse autour des cabanes) VI. Die Jagt nach dem Zopf des Quacksalbers (La chasse à la tresse du Charlatan)

Martin Mitterrutzner, ténor
Yves Saelens, ténor
Leigh Melrose, basse
Jérôme Varnier, basse
Jérôme Comte, clarinette
Clément Saunier, trompette
Jean-Baptiste Barrière, Stanley Haynes, Denis Lorrain, réalisation informatique musicale IRCAM
Augustin Muller, régie informatique musicale IRCAM
Jérémie Henrot, ingénieur du son IRCAM

Ensemble intercontemporain
Duncan Ward, direction

Il y a cent ans, le 23 septembre 1917, le journal L’Univers qualifiait l’âme slave de « mystérieuse et mystique, trouble et impénétrable à l’Occi- dent ». Quelques semaines plus tard, L’Intransigeant ajoutait qu’on ne savait vraiment rien d’elle, sinon qu’elle était « la première à n’en rien savoir ». Est-ce alors le mystère russe qui a fasciné les spectateurs des ballets de Diaghilev ? N’y avait-il pas dans la musique de Stravinski, outre un héritage populaire ou des rythmes et agrégats inédits propres à susciter le scandale, une part d’inconnu dépassant les seuls principes de modernité ou de nouveauté, et seule capable d’ainsi ensorceler le public du Châtelet ? Né russe et mort américain après avoir été naturalisé français, Stravinski n’a jamais sacrifié son originalité aux virages esthé- tiques qui ont jalonné son parcours jusque dans le néoclassicisme et le sérialisme. Composées pour Werner Reinhardt, clarinettiste amateur qui avait financé l’Histoire du soldat, les Trois Pièces témoignent de cette constance : si l’on retrouve, dans la première, des alternances de mesures et un subtil développement des cellules mélodiques dignes du Sacre, la partition ne saurait se résumer aux trouvailles sonores des ballets ; le dénuement du discours, réduit à une simple monodie, relève de l’incan- tation magique, obstinée et envoûtante, assez douce avec la clarinette en la. L’effacement des barres de mesures dans la pièce suivante, puis l’entrain de la dernière, plus proche des danses du Soldat, saisissent l’auditeur à la gorge, jusqu’à l’ultime démonstration de puissance de la clarinette en si bémol.
Sans doute Jonathan Harvey a-t-il été lui aussi happé dans son enfance par les stridences de Stravinski quand son père lui a fait écouter Le Sacre. Par la suite, il n’a eu de cesse que de résoudre le conflit qui s’est imposé à lui, entre le romantisme, l’après-Stravinski et John Cage dont la pensée était toute empreinte de Bouddha. Dans Bhakti, la logique numérique anime la forme autant que les formules dodécaphoniques, mais s’associe aux versets du Rig Veda. Les fondements de l’harmonie se sont échappés de la basse pour s’installer au cœur de la tessiture, centre de symétrie en suspension conférant à l’ensemble un caractère plus flottant. La bande dialogue avec les musiciens, dans un temps distendu sous l’effet des procédés d’anticipation ou de souvenir, tandis que l’interaction entre l’électronique et l’instrument ouvre les portes d’une dialectique du réel et de l’irréel, déployant le riche matériau contenu dans une seule note.

Longues plages méditatives et secrète combinatoire numérique, réali- sant un peu le un vœu de Stravinski : « Sans doute le peuple russe est l’un des plus doués qui soient pour la musique. Malheureusement, si le Russe sait raisonner, la méditation et la spéculation ne sont guère de son fait. Or sans système spéculatif, et faute d’un ordre défini de méditation, la musique n’a pas de valeur, pas même d’existence en tant qu’art. »
Opportuniste, Stravinski s’est approprié avec succès le jazz comme les inventions de ses pairs ou le chant traditionnel. Résidant en Suisse pen- dant la guerre, il a tiré parti de cette période de disette pour concevoir l’Histoire du soldat, adaptée aux petites scènes comme aux manques matériels. Histoire burlesque chantée et jouée, Renard relève presque du même genre, par sa combinaison de disciplines et son texte rédigé en collaboration avec Charles-Ferdinand Ramuz. Sa réussite réside dans l’art de la narration : instruments et voix font vivre les personnages du conte que sont le Renard, le Coq, le Chat ou le Bouc. Et toute l’âme russe est contenue dans l’authentique priaboutka, malgré le remplacement par le cymbalum de l’introuvable guzla, sorte de balalaïka aux cordes en boyau de chèvre. Reste alors à imaginer bouffons, danseurs ou acrobates, car cette cantate de chambre est destinée à accompagner une action mimée pour transformer le concert en un merveilleux et irrésistible spectacle.
La provocation, on la retrouve dans le titre générique de Richard Ayres, NONcerto, détournant le genre concertant par l’expérimentation instru- mentale et le croisement des styles. S’il y a quelque chose de ridicule dans le NONcerto pour cor, quand le soliste parcourt la scène et monte les rampes comme on gravit les monts alpins, les grondements rauques et les essoufflements de cuivre, l’entrée prétentieuse de la harpe, les mélanges de styles font du NONcerto pour trompette (1997-1999) un truculent patchwork, multipliant les formules inattendues jusqu’à faire réapparaître les ostinatos angoissants d’un film d’action. Au centre, une élégie en hommage à Schnittke, maître insolent du polystylisme désor- mais cultivé par Richard Ayres de manière insolite. Stravinski se serait-il amusé de sa « Rhapsody » finale ? Réjouissante aujourd’hui, l’œuvre aurait vraisemblablement scandalisé autrefois...

Dernière pièce du programme, au sens musical et dramatique du terme puisque Gougalōn évoque le théâtre de rue. Emprunté au vieux haut- allemand, le titre veut à la fois dire « mystifier, faire des gestes ridicules, abuser quelqu’un par des tours de magie ou pratiquer la divination ». Unsuk Chin y raconte l’impression qu’elle a eue en Chine, quand elle a vu, côte à côte, les vieilles ruelles étroites et leurs vendeurs à la sauvette, puis les immeubles modernes, bureaux ou centres commerciaux parés d’écrans géants. Cela lui a rappelé la Corée de son enfance, quand une troupe venait se produire dans son village et vendre quelque potion mira- culeuse. L’exemple stravinskien se serait-il alors transmis, plutôt que dans des effets de langage, dans un rapport intime avec les origines, révélant les mystères de l’âme slave jusqu’aux dernières heures de l’exil aux États- Unis ? « Un homme a un seul lieu de naissance, une seule patrie, un seul pays », affirmait le Russe. Et la musique de raviver les souvenirs d’Unsuk Chin, de restaurer les liens entre l’artiste et son passé, avec humour ou onirisme. Composé entre 2009 et 2012, Gougalōn « fait renaître une “musique populaire imaginaire” stylisée, déstructurée et seulement en apparence primitive ».

 

Cité de la Musique

Conçue par l’architecte Christian de Portzamparc, la Cité de la musique, inaugurée en 1995, est un lieu d’art et de vie, immergé dans la verdure du parc de la Villette.
Projet novateur de transmission de la musique, c'est un pôle de référence national et international entièrement dédié à la musique, avec quelque 250 concerts par an destinés aux adultes et aux jeunes, un Musée de la musique aux collections rares, une Médiathèque dotée de quelque 100 000 documents et une offre pédagogique riche et variée.
Résolument ouverte sur le monde, la Cité de la musique accueille les artistes internationaux les plus en vue. En association avec de prestigieuses salles européennes (membres du réseau ECHO), elle favorise la création musicale et la promotion des jeunes talents européens. Elle coproduit également des expositions avec des musées étrangers et diffuse son expertise et son savoir-faire dans le monde.
La Cité de la musique est un établissement public industriel et commercial qui bénéficie du soutien du ministère de la Culture et de la Communication.
La Cité de la musique est un lieu d’échanges parfaitement intégré dans un espace culturellement dense (avec notamment le Conservatoire de Paris, la Grande Halle de la Villette, la Cité des sciences et de l’industrie, le Zénith, les cinémas MK2 quai de Seine et quai de Loire, le Cent quatre… et dont le devenir est prometteur (l’ouverture de la Philharmonie de Paris est prévue en janvier 2015).
La Cité est aussi un lieu de convivialité et de détente. Côté cour, avec sa librairie Harmonia Mundi et son Café des concerts au design épuré et à la cuisine inventive, elle invite à des moments de détente autour d'une visite ou d'un concert.

Duncan Ward

Originaire de Grande-Bretagne, Duncan Ward est depuis 2015 chef principal de Sinfonia Viva, l’un des ensembles les plus dynamiques du Royaume-Uni, ainsi que chef associé du National Youth Orchestra. Sur la recommandation de Sir Simon Rattle, il est amené à diriger la Berliner Philharmoniker Orchester-Akademie entre 2012 et 2014. Au Festival de Salzbourg, il dirige ses propres arrangements du Barbier de Séville destinés à un public familial, ainsi que Manon Lescaut au Festival de Pâques à Baden-Baden. Citons également ses collaborations avec les Bamberger Symphoniker, l’Orchestre symphonique de Lucerne, le Royal Northern Sinfonia, le Royal Scottish National Orchestra, les Ludwigsburger Schlossfestspiele, le Southbank Sinfonia, l’Ulster Orchestra et la BBC National Orchestra of Wales. On compte à son actif la première chinoise de Peter Grimes à Pékin. Pendant l’été 2012, on le retrouve au Covent Garden de Londres dans le cadre des Jeux Olympiques, en collaboration avec Streetwise Opera.
Récemment, il a fait ses débuts à la tête du Scottish Chamber Orchestra, de l’Orchestre de la Radio Bavaroise, du Swedish Radio Symphony, de la MDR Leipzig, de l’Ensemble Modern, du Copenhagen Philharmonic, du New Japan Philharmonic, de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, du Stavanger Symphony, du Basel Sinfonietta et de l’Aalborg Symphony. Il a également assisté Sir Simon Rattle pour Le Grand Macabre de Ligeti avec le London Symphony Orchestra et les Berliner Philharmoniker. Pendant la saison 2017/18, il dirigera pour la première fois l’Orchestre Philharmonique de Dresde, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de Belgique, le Trondheim Symphony, ainsi que le couplage scénique: Trouble in Tahiti de Bernstein et Clemency de Macmillan à l’Opéra national des Pays-Bas. Il fera également son retour à la direction de l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne, du BBC Philharmonic, des Bamberger Symphoniker, de la RTE Dublin, de la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, de l’Ensemble Intercontemporain de Paris, du Residentie Orkest, de l’Orchestre symphonique sicilien et de Glyndebourne en tournée dans le cadre de la production Hamlet de Brett Dean. Duncan Ward se révèle être par ailleurs un compositeur accompli. Vainqueur des BBC Young Composer de l’année 2005, il publie désormais chez les Éditions Peters. En 2008, il remporte le Composer Coutts Bank’s Family Business Awards

Ensemble Intercontemporain

Créé par Pierre Boulez en 1976 avec l’appui de Michel Guy (alors secrétaire d’État à la Culture) et la collaboration de Nicholas Snowman, l’Ensemble intercontemporain réunit 31 solistes partageant une même passion pour la musique du vingtième siècle à aujourd’hui.
Constitués en groupe permanent, ils participent aux missions de diffusion, de transmission et de création fixées dans les statuts de l’Ensemble.
Placés sous la direction musicale du compositeur et chef d’orchestre Matthias Pintscher, ils collaborent, au côté des compositeurs, à l’exploration des techniques instrumentales ainsi qu’à des projets associant musique, danse, théâtre, cinéma, vidéo et arts plastiques.
Chaque année, l’Ensemble commande et joue de nouvelles œuvres, qui viennent enrichir son répertoire.
En collaboration avec l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (IRCAM), l’Ensemble intercontemporain participe à des projets incluant des nouvelles techniques de génération du son.
Les spectacles musicaux pour le jeune public, les activités de formation des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs ainsi que les nombreuses actions de sensibilisation des publics, traduisent un engagement profond et internationalement reconnu au service de la transmission et de l’éducation musicale.
Depuis 2004, les solistes de l’Ensemble participent en tant que tuteurs à la Lucerne Festival Academy, session annuelle de formation de plusieurs semaines pour des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs du monde entier.
En résidence à la Cité de la musique-Philharmonie de Paris, l’Ensemble se produit et enregistre en France et à l’étranger où il est invité par de grands festivals internationaux.
Financé par le ministère de la Culture et de la Communication, l’Ensemble reçoit également le soutien de la Ville de Paris.

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