Quatuor Arod @ Théâtre des Bouffes du Nord

Théâtre des Bouffes du Nord ClassicAll 37

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Franz Schubert (1797-1828) : Quatuor n°13 en la mineur, « Rosamunde »

Benjamin Attahir (né en 1989) : Quatuor « Al ‘Asr », Prière de l’après-midi (création mondiale)

Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) : Quatuor n° 2 en mi mineur, op. 44.

Quatuor Arod
Jordan Victoria, Alexandre Vu, violons
Corentin Apparailly, alto
Samy Rachid, violoncelle


Malgré sa création il y a quatre ans seulement, le Quatuor Arod prouve une fois encore au Théâtre des Bouffes du Nord qu’il fait partie des formations les plus musicales du moment.

Le second violon d’Alexandre Vu introduit avec magnificence sa partie de soutien du Quatuor n° 13 « Rosamunde » de Franz Schubert pour laisser immédiatement s’exprimer la superbe musicalité du premier violon Jordan Victoria dans le premier thème. Il faut attendre une minute pour que l’alto de Corentin Apparailly et le violoncelle de Samy Rachid, encore très discrets jusque-là, donnent de la voix. Est-ce le lieu très spécial des Bouffes du Nord qui intimide les quatre musiciens, ou la proximité du public, sur le même plan qu’eux, à quelques mètres ? Toujours est-il qu’on ressent dans leur jeu une certaine nervosité, absente de la même œuvre cet été au festival de la Grange de Meslay. Cette sensation a cependant tendance à s’amenuiser à la première reprise, et plus encore dans le développement, au milieu de ce premier mouvement, Allegro ma non troppo.

La justesse de l’Andante impressionne ensuite, surtout dans la coda et son magnifique traitement par le premier violon. Le Menuet, quant à lui, est empli d’une nostalgie évidemment contenue dans la partition, mais rarement aussi bien traitée, notamment par l’alto et les accents graves du violoncelle. Plus de légèreté apparaît dans le finale, Allegro moderato, même s’il semble évident après une telle interprétation que le jeune ensemble est déjà prêt pour interpréter le quatuor suivant du même compositeur, La Jeune Fille et la Mort.

Placée en deuxième position du programme et donné en première mondiale, le Quatuor Al’Asr de Benjamin Attahir est l’œuvre d’un compositeur né en 1989, dont nous avons déjà couvert plusieurs jeunes créations, la plus récente étant Et nous tournions autour de ces fontaines hallucinées à la Cité de la Musique en février 2017. Basé ici sur la Sourate 103 du Coran titrée « Le Temps », le quatuor est la troisième de cinq œuvres prévues dans un cycle autour du salat, la prière musulmane qui se divise elle-même en cinq tout au long de la journée. La pièce débute par des sons aigus tendus, avec l’insertion de thèmes orientaux ainsi que de vives ruptures dans l’intervention de certains instruments ; puis l’atmosphère devient calme, d’abord aux trois instruments aigus, entrecoupés de pizzicati marqués du violoncelle, qui finit lui aussi par rentrer dans le rang. Cette ambiance pleine de latence se maintient près de dix minutes pour évoquer les deux premières parties de la Sourate, « Par le Temps / L’homme est en perdition », mais la pièce tend à tourner en rond dans son dernier tiers : elle cherche notamment la rupture de rythme et la répétitivité d’une cellule, qui n’est pas sans évoquer les quatuors de maturité de Chostakovitch, notamment le n°8, avec ici aussi un thème répété et martelé. L’œuvre met cependant en valeur la qualité des quatre musiciens, impeccables dans la mise en place, et toujours fins dans le jeu.

Le jeune quatuor complète ce concert avec une composition trop rarement programmée, le Quatuor en mi mineur op. 44 n°2 de Felix Mendelssohn. Il suffit d’ailleurs d’en rechercher les références au disque pour se rendre compte du peu d’attrait qu’ont pour l’œuvre les grandes formations et les éditeurs. On louera à ce titre l’enregistrement tout juste paru des Arod pour leur nouveau label, Warner Classics. D’un Allegro assai traité avec élégance, l’œuvre avance vers le Scherzo duquel ne ressort aucun surplus d’accentuation ; peut-être, joué en première partie avec des doigts moins fatigués, ce mouvement aurait-il trouvé plus de couleurs. Un Andante plein de grâce et un Presto agitato dynamique concluent la soirée, avant un court discours du violoncelliste et un bis, le superbe Capriccio tiré de l’op. 81 du même compositeur, traité en maître par les quatre musiciens.

Théâtre des Bouffes du Nord

Destiné au répertoire de Caf-conc’ , le théâtre des Bouffes du Nord, commandé par M. Chéret à l'architecte Louis-Marie Emile Leménil, est construit sur des fondations déjà existantes, supposées être celles d'une caserne dont le projet fut abandonné. La salle comporte 530 places réparties en un parterre, un rang de loges et une galerie.
Le spectacle d'inauguration, une revue "Ta-Da-Da" n'obtient aucun succès. M. Chéret comprend alors qu'il s'est attaqué à trop forte partie, et cède la place au bout de quelques mois.

Une quinzaine de directeurs malchanceux se succèderont. Le théâtre, situé dans le quartier excentré de la Chapelle, en lisière des champs, mal éclairé et mal desservi, rebute les habitués des salles parisiennes. Quant au public de l'endroit, il n'est pas préparé à assister sagement à un spectacle. Il arrive que la police soit forcée de l'expulser tant il prend part avec passion aux événements qui se déroulent sur la scène.
1882 L'anarchiste Louise Michel, tente d'attirer les "Marlous" et les "Gigolettes" en faisant jouer une pièce révolutionnaire "Nadine" qui tombe à plat, dans une totale indifférence.
1885 Après que la nouvelle directrice, Mme Olga Léaud, soit partie avec la caisse sans payer les artistes, le théâtre ferme.
Septembre 1885 Abel Ballet, metteur en scène qui sévit principalement dans les théâtres de quartier, rouvre les Bouffes du Nord. Il y monte de grandes fresques historiques et des mélodrames où Margot pleure à gros sanglots. Le spectacle commence à 7 heures le soir et fini souvent au-delà de minuit. Tout comme à Montparnasse, on apporte son fricot que l'on réchauffe sur le poêle commun et que l'on déguste à l'entr'acte, Cette année-là débute Yvette Guilbert dans "La Reine Margot" d'Alexandre Dumas.

1890
Le théâtre du Château d'Eau vient de fermer ses portes et le jeune Firmin Gémier se trouve au bord de la misère. Il est engagé, alors, aux Bouffes du Nord mais il se sent frustré par le répertoire du théâtre devant lequel se pâme le public de la Chapelle et de la Villette.

1893
Abel Ballet accueille - et c'est tout à son honneur - Lugné-Poë qui, avec les comédiens du théâtre de L'reuvre, crée "Rosmersholm" et "Un Ennemi du peuple" de Ibsen, dans des décors dessinés et peints par Vuillard.
"Les Bouffes du Nord une fois louées, on dut répéter. Cependant que Edouard Vuillard aidé de quelques bons amis, Pierre Bonnard, Ranson, Sérusier, consentait à peindre sur la terre froide dans le magasin de décors de la rue de la Chapelle près des bureaux de la petite vitesse du chemin de fer du Nord. Comment nos bons amis ne sont-ils pas eux aussi morts de bronchite ? Il faut avouer que Vuillard et ses compagnons, retapant à 7h ou 8h du matin les vieux châssis que nous trouvions, ont risqué leur santé et leur jeunesse dans l'aventure. Le magasin de décors des Bouffes du Nord était ouvert à tous les vents et il n'y avait aucun chauffage."
Lugné-Poë. "Souvenirs"

Décembre 1893: Création de "Ames solitaires" de G. Hauptmann, mise en scène de Lugné-Poë.
Février 1894: Création de "Solness le constructeur" d'Ibsen, mise en scène de LugnéPoë.

1896
Abel Ballet quitte la direction des Bouffes du Nord. Les deux comédiens Emmanuel CIot et G, Dublay lui succèdent.

1904
La salle, sous l'impulsion de ses directeurs, est entièrement restaurée, repeinte, l'électricité y est installée. Comme pour lui donner ses lettres de noblesse on rebaptise le théâtre "Théâtre Molière" et on fait appel à des auteurs tels que Kistemaeckers, G. Spitzmiller, Georges Darien, A. Bernède et Gaston Leroux dont on monte une adaptation de son "Chéri-Bibi". L'arrivée du chansonnier, Aristide Bruant, interprétant sa propre pièce: "Fleur de Pavé" est considérée comme un événement.

Août 1914: Le Théâtre Molière, comme tous les autres théâtres, ferme ses portes.

1917: Déjà propriétaires de plusieurs scènes de variétés. Oscar Dufrenne et Henry Varna se portent acquéreurs des Bouffes du Nord qu'ils transforment en music-hall. Chaque année ils produisent deux revues, aux titres évocateurs, que signe, le plus souvent Henry Varna, et qui ont toujours beaucoup de succès: "C'est couru", "C'est épatant". "Cline, va!". "Le droit de couchage!". "La Revue très excitante", "La Revue folichonne", "Le Coucher de la marquise". "La Vie d'une fille", etc...

1923
Oscar Dufrenne et Henry Varna se retirent après avoir empoché de sérieux bénéfices. Henry Darcet leur succède et inscrit les Bouffes du Nord dans "Le Consortium des théâtres de quartiers". Réunis dans une même association, Les théâtres des Gobelins, de Grenelle, des Ternes, de Montrouge, des Bouffes du Nord, etc "font tourner des spectacles à succès, créés sur les boulevards. Les principaux rôles sont tenus par des comédiens de second rang, les prix des places sont modestes et l'affiche change toutes les semaines. Malheureusement certaines salles de quartier disparaissent, les unes après les autres, absorbées par la nouvelle industrie du cinéma.

1929
Paul Le Danois et Charles Malincourt remplacent Henry Darcet qui prend la direction de la Scala, Ils poursuivent comme ils peuvent la politique du Consortium.

Août 1932: Charles Malincourt se suicide, dans une crise de dépression.

Octobre 1932
Après avoir remis en état la salle, modernisé le plateau, Paul le Danois accueille le journaliste Léon Moussinac, fondateur du théâtre d'Art international, futur directeur de l'I.D.H.E.C., qui présente trois spectacles remarquablement montés et joués par une troupe de cinquante comédiens.

13 octobre 1932: "Miracle à Verdun" de Hans Chlumberg.

Novembre 1932
5 novembre 1932, "Le Train blindé n° 14-69" de Vsevolod Ivanov.
30 novembre 1932 "Acide prussique" de Friedrich Wolff.
Bien que la critique reconnaisse la grande qualité de ces spectacles, les recettes ne peuvent couvrir les dépenses, ni les frais du loyer, Léon Moussinac doit abdiquer.

Décembre 1932 "Les Surprises du divorce", vaudeville d'Alexandre Bisson.

1935: Décès de Paul le Danois. Les Bouffes du Nord n'offrent plus que des spectacles épisodiques.

1943: La chanteuse réaliste Damia organise des soirées de music-hall dans lesquels elle tient la vedette.

Mai 1945
Comme pour fêter l'Armistice, un jeune metteur en scène, plein d'enthousiasme, Jean Serge, ouvre à nouveau le théâtre auquel il donne le nom de "Théâtre des Carrefours".

25 mai 1945: "L'Invasion" de Léonid Léonov (Prix Staline 1944) avec Daniel Ivernel et Michel Piccoli.

30 octobre 1945: "Les Bouches inutiles" de Simone de Beauvoir, avec Michel Vitold.

27 janvier 1946: "Winterset" de Maxwell Anderson, adaptation de Marcel Achard avec Daniel Gélin et, dans un petit rôle, Louis de Funès, et "Le Roi sans amour" de Paul Mourousi.

Septembre 1946
Ne pouvant plus assumer financièrement la bonne marche du théâtre, Jean Serge se retire. René Marjolle, ex-chanteur de l'Opéra-Comique souhaite donner une vocation lyrique aux Bouffes du Nord, mais après une année difficile, lui, aussi, abandonne.
Décembre 1950

Charles Béai, ancien directeur du théâtre de l'Humour, tente à son tour l'expérience. Il la réussit grâce à une reprise de "Ces Dames aux chapeaux verts" d'après le roman de Germaine Acremant, avec Alice Tissot et Armand Bernard. La pièce "tient" plus de trois mois. On se reprend à espérer..
.
1951
"1900, c'était le bon temps", spectacle de music-hall.

Juin 1952: Trop vieux, mal entretenu, le théâtre ne présente plus les normes de sécurité prescrites par la préfecture de Police et doit fermer ses portes.

1974
Peter Brook et Micheline Rozan, fondateurs du Centre International de 8 Créations Théâtrales, se souviennent de ce bâtiment délabré qu'est le théâtre des Bouffes du Nord. Grâce à l'appui financier du Festival d'Automne, que dirige Michel Guy, ils le font restaurer avec une intelligence et un goût remarquables.

"C'est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d'autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l'apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l'on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l'architedure perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient."
Peter Brook, 1974.

15 octobre 1974: Réouverture du théâtre des Bouffes du Nord avec "Timon d' Athènes", dans une adaptation de J.-C. Carrière. Mise en scène de Peter Brook.

  • 37 bis, bd de La Chapelle, 75010 Paris France
  • web

Quatuor Arod

Créé en 2013, le Quatuor Arod remporte le Premier Prix du Concours International de l'ARD de Munich en 2016. Il avait déjà remporté le Premier Prix du concours Carl Nielsen de Copenhague en 2015 et le Premier Prix du Concours européen de la FNAPEC en 2014. En 2017, il est nommé « BBC New Generation Artist » pour les saisons 2017 à 2019, et ECHO Rising Star pour la saison 2018-2019.

En 2017 et 2018, le Quatuor Arod se produit notamment à l'Auditorium du Louvre, au Théâtre des Bouffes du Nord et à la Philharmonie de Paris, à l’Arsenal de Metz, à Bordeaux et à Montpellier, à Bozar (Bruxelles), à Schloss Elmau, au Mozarteum de Salzbourg, au Black Diamond de Copenhague, au Konzerthaus de Vienne, au Concertgebouw d’Amsterdam, à la Tonhalle de Zurich, au Wigmore Hall de Londres, à Tokyo, en Finlande, en Suisse, en Italie ou encore en Serbie.

Le Quatuor Arod se produit aussi dans de nombreux festivals : Verbier et Montreux (Suisse), Aix-en-Provence, Menton, Salon-de-Provence, Folle Journée de Nantes, Prades, Heidelberg, Rheingau, Mecklenburg-Vorpommern, Bremen Musikfest, Mozartfest Würzburg, Spring Music Festival de Prague…

Le Quatuor Arod collabore avec des artistes tels que les altistes Amihai Grosz, Lise Berthaud et Mathieu Herzog, les pianistes Eric Lesage et Alexandre Tharaud, les clarinettistes Martin Fröst, Romain Guyot et Michel Lethiec ou encore les violoncellistes Raphaël Pidoux, Harriet Krijgh, François Salque, Jérôme Pernoo et Bruno Philippe. En 2017, il crée le premier quatuor à cordes du compositeur français Benjamin Attahir (commande de La Belle Saison, de ProQuartet et du Quatuor Arod).

Le Quatuor Arod enregistre pour le label Erato Warner Classics. Son premier disque consacré à Mendelssohn sort à l’automne 2017.

Le Quatuor a bénéficié de l’enseignement de Mathieu Herzog et de Jean Sulem ainsi que du Quatuor Artemis à la Chapelle Reine Elisabeth de Bruxelles. Il a travaillé par ailleurs régulièrement avec le Quatuor Ebène et le Quatuor Diotima.

Le Quatuor Arod est en résidence à la Fondation Singer-Polignac et à ProQuartet - CEMC. Il est lauréat HSBC de l’Académie du Festival d’Aix, et des Fondations Banque Populaire et Safran. Il est soutenu par l’ADAMI et la région PACA. Mécénat Musical Société Générale est le mécène principal du Quatuor Arod.

 

 

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