Francesco Cavalli / Erismena

Festival International d'Art Lyrique d'Aix en Provence ClassicAll 1

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Francesco Cavalli (1602 - 1676): Erismena
Dramma per musica en un prologue et trois actes
Livret d'Aurelio Aureli
Créé le 26 (ou le 30) décembre 1655 au Théâtre San Apollinare, Venise

Direction musicale: Leonardo García Alarcón
Mise en scène et lumière: Jean Bellorini
Décors: Jean Bellorini et Véronique Chazal
Costumes: Macha Makeïeff
Maquillage / coiffure: Cécile Kretschmar
Collaborateur artistique à la mise en scène: Mathieu Coblentz
Assistante à la direction musicale, cheffe de chant: Monica Pustilnik
Chefs de chant: Ariel Rychter, Jacopo Raffaele
Conseiller musical et linguistique: Fabián Schofrin
Assistante aux costumes: Claudine Crauland

Erismena: Francesca Aspromonte
Idraspe: Carlo Vistoli
Aldimira: Susanna Hurrell
Orimeno: Jakub Józef Orliński
Erimante: Alexander Miminoshvili
Flerida: Lea Desandre
Argippo: Andrea Vincenzo Bonsignore
Alcesta: Stuart Jackson
Clerio Moro: Tai Oney
Diarte: Jonathan Abernethy

Orchestre: Cappella Mediterranea

Un roi hanté par ses cauchemars, des princes aussi charmants que volages, une jeune femme déguisée en guerrier pour retrouver son infidèle fiancé, une esclave qui veut devenir reine sans renoncer à ses amants – et n’oublions pas la vieille nourrice rêvant d’amour ! La galerie de portraits sur laquelle s’ouvre Erismena promet un vertigineux chassé-croisé amoureux. Ouvrage d’un Cavalli devenu le plus éminent compositeur d’opéra de son temps, Erismena semble avoir remporté un immense succès dès sa création à Venise en 1655, si l’on en croit le nombre important de reprises qui en furent programmées pendant près de vingt ans jusque dans la lointaine Albion. Le maestro Leonardo García Alarcón, fervent cavallien, s’associe au metteur en scène Jean Bellorini, poète de la scène et chef de troupe, pour faire revivre cet ouvrage devenu rarissime. Riche en airs et situations tragi-comiques, Erismena offre un type d’opéra romanesque et humain, par contraste avec les ouvrages mythologiques des décennies précédentes. Plus aucun dieu ici, ni héros antique, mais des rois, princesses, militaires et esclaves emportés dans une intrigue délicieusement tortueuse, où travestissements et identités cachées se font les alliés du désir tout-puissant.
 

ACTE I

Au lendemain de la bataille qui l’a vu triompher des Arméniens, Erimante. roi des Mèdes, s’éveille en sursaut : il a vu en rêve un chevalier lui arracher sa couronne.

Pendant ce temps. Argippo. serviteur du prince Orimeno (allié d’Erimante), sauve un guerrier arménien blessé. Il s’agit d’Erismena, travestie en soldat pour retrouver son bien-aimé Idraspe qui l’a abandonnée. Impressionné par l’ardeur de ce guerrier, Orimeno décide de l’emmener chez les Mèdes.

A la cour d’Erimante, l’esclave Aldimira a deux soupirants : l’échanson Erineo et le prince Orimeno. Sa suivante Flerida l’encourage à multiplier les amants. Argippo annonce aux deux femmes la victoire d’Erimante et l’affranchissement d’Aldimira promis par le roi, qui en est amoureux. La vieille nourrice Alcesta les rejoint, en colère contre deux pages qui ont
voulu la lutiner. Orimeno. redisant sa flamme à Aldimira. lui confie le guerrier blessé et rejoint le roi. A la vue du guerrier, Aldimira en tombe
amoureuse et oublie ses deux soupirants. De son côté, le prince Idraspe, venu en Médie sous l’identité d’Erineo, refuse de retourner dans son Ibérie natale suivant les conseils de son confident Clerio, car il aime Aldimira. Pour sa
part, Erismena confie à Orimeno qu’elle souffre à cause d’un coeur inconstant.

Orimeno remet le prisonnier arménien à la clémence du roi. Erimante tressaille : il a reconnu le guerrier de son rêve; Il commande
à Erineo de l’empoisonner. puis ordonne qu’on affranchisse Aldimira afin de la faire reine. La jeune femme demande une faveur : que le roi libère le mystérieux guerrier. Devinant qu’elle en est amoureuse, Erimante feint d’accorder cette grâce — tout en se jurant de lui remettre le
prisonnier... mort.

ACTE II

Flerida annonce au guerrier arménien qu’Aldimira renonce à ses soupirants par amour pour lui. C’est alors qu’Idraspe (toujours sous l’identité d’Erineo) entre afin d’empoisonner le prisonnier. Le reconnaissant, Erismena s’évanouit avant d’avoir bu la coupe. Surgissant alors, Erimante croit le guerrier mort et envoie Erineo-Idraspe chercher Aldimira. Le roi ressent une pitié incompréhensible, mais il se ressaisit quand Aldimira entre : après lui avoir dit ironiquement qu’elle pourra épouser l’inconnu si elle parvient à le réveiller, il sort. Or, Aldimira réussit à sortir le soldat de sa léthargie... Ce dernier prétend être le frère d’Erismena, parti à la poursuite d’Idraspe qui a abandonné sa soeur. Aldimira promet de lui livrer cet Idraspe s’il consent à l’épouser. Erismena feint d’accepter. Orimeno, qui a surpris la conversation, décide de quitter Aldimira. De son côté, Flerida hésite à aimer Argippo. Quant à Erineo, il menace de se donner la mort lorsqu’A1dimira lui avoue qu’elle ne l’aime plus. Et Alcesta vante à Clerio les atouts du grand âge.

Erimante annonce alors le couronnement d’Aldimira. qui le remercie et lui présente l’époux qu’elle s’est choisi : Erismena (toujours travestie
en guerrier). Eclatant de fureur, Erimante ordonne qu’on emprisonne Aldimira, Erismena et le traître Erineo qui devait le tuer.


ACTE III

Diarte annonce à Erimante qu’Orimeno a libéré les prisonniers. Furieux, le roi ordonne qu’on poursuive les fugitifs. Erineo propose à Erismena de s’enfuir avec elle, tandis qu’Argippo convainc Flerida de partir avec lui. Fuyant aussi la cour, Aldimira malmène Orimeno, son ravisseur. Il faut se hâter, car des soldats ont capturé Erineo et le prisonnier arménien... Aldimira supplie alors Orimeno d’aller délivrer son époux.

Clerio plaint le dépit amoureux de son maître Idraspe. Prévoyant la mort de ce dernier, il écrit son épitaphe afin que tous apprennent son origine royale. Aldimira entre alors avec Alcesta. Clerio lui demande de graver l’épitaphe sur la tombe d’Erineo. Lorsqu’elle en prend connaissance, Alcesta manque de défaillir et révèle à Aldimira qu’Erineo est en réalité Idraspe, son frère. Devant l’étonnement d’Aldimira, la nourrice lui raconte son histoire : elle est une princesse enlevée, enfant, par des pirates, et
offerte en cadeau au roi des Mèdes. La nourrice cacha l’identité de la petite, car son père était l’ennemi juré d’Erimante. Stupéfaite, Aldimira
décide d’aller délivrer son frère et d’implorer la pitié du roi.

Idraspe et Erismena ont été capturés. Erimante leur promet la mort. Il ordonne à Diarte de leur remettre une arme afin qu’ils s’entretuent. Prétendant vouloir combattre à armes égales, Erismena enlève son armure et révèle son identité. Elle est prête à achever Idraspe, mais il tombe à ses pieds en lui demandant pardon. Erimante revient, furieux de voir qu’ils ne se
sont pas entretués. Il se calme quand il découvre qu’Erismena est une femme. Autour de son cou, il reconnaît le médaillon qu’il avait jadis offert à Arminda, son amour de jeunesse. Le roi comprend qu’Erismena est la fille qu’il a eue d’Arminda. La couronne revient donc à la jeune femme par les lois du sang— le songe était prémonitoire; Aldimira réalise avec stupeur que le guerrier arménien n’est pas un homme... Et Alcesta révèle qu’Aldimira est sœur d’Idraspe. Apaisé, Erimante accorde la main d’Erismena à Idraspe et il laisse Orimeno épouser Aldimira.

Tous célèbrent la joie qui succède aux larmes.

 

Festival International d'Art Lyrique d'Aix en Provence

Le contexte de l’après-guerre est un contexte de renaissance artistique comme en témoigne, en 1946, la création du Festival de Cannes bientôt suivie, en 1947, par celle du Festival d’Avignon.

Dans le domaine lyrique, la renaissance est due à un mélomane averti, amateur d’art à la curiosité insatiable, Gabriel Dussurget, dont le projet de créer un festival de musique en Provence bénéficie du soutien financier de Lily Pastré, comtesse de la haute bourgeoisie marseillaise et grande amie des arts. Pour accueillir l’événement, elle propose son château de Montredon, choix qui aurait contribué, selon elle, au relèvement de la cité phocéenne. Le Festival naît en effet trois ans seulement après la fin de la guerre, à une période où la volonté de redonner une image digne de la France, suite à la défaite de 1940 et à l’Occupation, est omniprésente. Mais le lieu se révèle inapproprié et après de nombreuses pérégrinations dans la région, ils tombent d’accord sur la ville d’Aix-en-Provence où Gabriel Dussurget jette son dévolu sur la cour de l’Archevêché, une véritable révélation qu’il résume sobrement : « des murs lépreux, une fontaine qui naturellement ne coulait pas et un arbre qui s’élevait comme une main vers le ciel ».

Au commencement était la cour, la cour de l'Archevêché, cour de service où aboutissaient autrefois les carrosses. Grâce à un groupe d'hommes et de femmes, liés par la conviction et l'enthousiasme de Gabriel Dussurget, directeur artistique inspiré et visionnaire, cette cour se transforme bientôt en temple de la musique, du spectacle et de la voix, c’est-à-dire en un lieu majeur de la fête.

Le Festival ne tarde pas à acquérir une renommée internationale, en dépit de modestes débuts évoqués par Gabriel Dussurget: « Les chanteurs étaient, avouons-le, seulement honnêtes. Georges Wakhévitch [qui signa les décors du Cosi fan Tutte de 1948] était un ami de longue date […] et il a bien voulu accepter de dessiner un baldaquin, quelques plumes… en somme un petit décor pour que la représentation puisse avoir lieu. On avait fait mettre des bancs dans la cour, des gradins à peine surélevés et le décor était planté dans un angle de l’ancien hangar qui servait de coulisses. Wakhévitch, pour donner un fond à la scène, avait peint lui-même les murs ». Edmonde Charles-Roux se remémore à son tour les débuts de l’événement : « La cour du palais de l’archevêché [était] transformée en une sorte de … on ne peut même pas appeler cela une scène, c’était plutôt une estrade à cause du manque de place. On ne pouvait pas y chanter à plus de trois à la fois. Georges Wakhévitch avait simplement fait, en guise de fond de scène, une sorte de tente, décorée de quelques bouquets de fleurs. C’était exquis, mais improvisé. Et en définitive, très sympathique. » Et le charme ne tarde pas à opérer…

Le premier Festival a lieu en juillet 1948. Aux concerts et récitals qui ont lieu dans la cour de l’Archevêché, à la cathédrale Saint-Sauveur et en divers lieux de la ville s’ajoute un opéra, Cosi fan tutte de Mozart, œuvre alors quasi inconnue du public français puisque le critique musical du Monde de l’époque, Jacques Longchampt, rappelait que la dernière représentation française avait eu lieu en 1926 à l’Opéra Comique.

Pour monter le spectacle, Gabriel Dussurget réunit une distribution qu’il fait lui-même travailler, demande à Georges Wakhévitch d’inventer un petit décor de fond de scène, et obtient la participation de Hans Rosbaud, chef d’orchestre du Südwestfunk de Baden-Baden qui dirigera au Festival jusqu’en 1962. Edmonde Charles-Roux se souvient avec émotion de ce premier Festival : « Je crois que la force du premier spectacle d’Aix a été d’être un spectacle réussi, de grand goût, de très belle qualité musicale, mais un spectacle d’amateurs ».

Mais c’est avec Don Giovanni, monté l’année suivante, que le Festival prend toute son ampleur, et ce tout d’abord grâce à la venue du décorateur et affichiste Cassandre, ami de Gabriel Dussurget, auquel ce dernier fait appel pour concevoir les décors de Don Giovanni mais aussi l’édification d’un théâtre pour remplacer l’installation rudimentaire qui avait servi à la représentation de Cosi fan tutte en 1948.

Ce théâtre, relativement exigu avec ses sept mètres de profondeur, existera pendant vingt-quatre ans, et ces dimensions ne seront pas sans impact sur la programmation du Festival qui, de fait, ne pourra accueillir que de petits effectifs orchestraux baroques ou de type Mozart. Dès ses débuts, le Festival se place en effet sous le signe du compositeur autrichien, dont la quasi-totalité des opéras sera  montée au cours des premières années : Cosi fan tutte en 1948 et 1950, Don Giovanni en 1949, L’Enlèvement au sérail en 1951, Les Noces de Figaro en 1952, Idoménée en 1963 et La Clémence de Titus en 1974. Edmonde Charles-Roux rappelle que « dans un Midi où les maçons italiens, sur leurs échafaudages, chantaient du Verdi, et où on ne proposait que du Verdi à ce public en pratiquant un italianisme à tous crins, monter les opéras de Mozart, qu’on ne jouait pas, pouvait paraître révolutionnaire ».

Le Festival s’attache donc à faire découvrir au public des œuvres inconnues en remettant au goût du jour les opéras de Mozart, le grand lyrisme d’origine avec Monteverdi et Gluck, l’opéra bouffe, l’amorce de l’opéra-comique avec Cimarosa, Grétry, Rameau et Haydn, Rossini et Gounod, mais aussi la musique contemporaine en passant plusieurs commandes à des compositeurs comme en 1952 avec La Guirlande de Campra d’Arthur Honegger.

D’autre part, le Festival tient à mettre en valeur sa région et les artistes qui y vivent ou y ont vécu : ainsi la musique des deux Aixois, André Campra (1660-1744) et Darius Milhaud (1892-1974) sera-t-elle régulièrement à l’honneur avec entre autres, Le Carnaval de Venise ou Les Malheurs d’Orphée.

Pour l’heure, l’événement suscite l’affluence d’une large part des plus éminentes personnalités de la vie artistique et littéraire française, musiciens, peintres, écrivains comme François Mauriac qui parle du « Don Juan aux étoiles » de 1949, ou encore gens de théâtre, tous rassemblés par le même enthousiasme. Mais au milieu des années 1960, l’arrivée, à la tête du casino d’Aix-en-Provence, alors principal financeur du Festival, d’un nouvel administrateur soucieux de rentabilité, précipite la démission de Gabriel Dussurget. Ce départ marque un changement pour la physionomie du Festival et amorce une remise en question de sa fonction.

Dédié au bel canto, le Festival du nouveau directeur Bernard Lefort se présente comme une grande fête du chant : « Le chant y régnera en Maître absolu, et chaque manifestation lui sera consacrée en tout ou partie ». Mozart a donc perdu son « privilège », une nouvelle ère commence. Si Bernard Lefort décide de remettre au goût du jour le bel canto, c’est que ce répertoire du début du 19e siècle est encore peu connu des mélomanes de l’époque.

Deux productions majeures marquent le mandat du nouveau directeur : en 1980 Semiramis de Rossini avec le duo d’exception formé par Montserrat Caballé et Marilyn Horne, et en 1981, un autre opéra de Rossini, Tancredi réunissant cette fois Marilyn Horne et Katia Ricciarelli.

Cette « grande fête du chant » est aussi l’occasion d’organiser des récitals lyriques donnant lieu à la remise d’un prix, la « cigale d’or », à des chanteurs déjà confirmés, comme Elisabeth Schwarzkopf qui en fut la première lauréate, Gabriel Bacquier ou Teresa Berganza.

Bernard Lefort souhaite également faire du Festival une manifestation de proximité. Les événements de mai 1968 ont en effet mis en lumière le caractère élitiste et parisien du Festival, ce à quoi le nouveau directeur tente de remédier : d’une part en donnant, six années durant, des représentations d’opéras bouffes sur la place des Quatre-Dauphins qui accueillit ainsi Le Directeur de théâtre de Mozart, La Servante maîtresse de Pergolèse et Don Pasquale de Donizetti ; d’autre part en célébrant le chant sous toutes ses formes pour toucher le plus large public. Cette célébration prend la forme de concerts de jazz avec Ella Fitzgerald, de musique folk avec John Baez, ou encore de chants espagnols et berbères.

Enfin, il instaure les récitals de fin d’après-midi, « une heure avec… », au cloître de la cathédrale Saint-Sauveur, qui permettent au public de découvrir de jeunes chanteurs de façon plus intime et moins onéreuse qu’au théâtre de l’Archevêché. Le milieu des années 1970 est donc marqué par un réel souci de démocratisation.

Louis Erlo - sous le thème de « fidélité et innovation » - réoriente le bel canto aixois vers Rossini et développe considérablement le répertoire baroque français avec Lully, Campra, Rameau, mais aussi Purcell et Gluck. Il rend à Mozart sa place de référence, en montant aussi bien les grands ouvrages que ses opéras de jeunesse, moins connus et peu joués. Il propose également des chefs-d’œuvre du 20e siècle, de Prokofiev ou Britten. Conformément au projet de Gabriel Dussurget, soucieux de promouvoir les jeunes talents, il offre aux Aixois une pléiade de jeunes chanteurs et quelques « stars ».

À l’initiative de Louis Erlo, le théâtre de l’Archevêché est reconfiguré au cours de l’année 1985. Ce travail se voit confier à l’architecte Bernard Guillaumot qui dote la scène de dimensions standards et de possibilités techniques accrues, favorisant ainsi l’accueil de spectacles et la coproduction. Louis Erlo a bien conscience du risque de standardisation que cela implique pour les productions, mais il fait en sorte de prendre « les garanties nécessaires pour que les spectacles ne soient pas défigurés lors de leurs transferts ».

Au moment du départ de Louis Erlo, le Festival entre dans une période où il doit faire face à d’inextricables problèmes financiers.

L’année 1998 est marquée par la rénovation complète du Théâtre de l’Archevêché dans lequel Stéphane Lissner inaugure son mandat avec un Don Giovanni de Mozart mis en scène par Peter Brook. La programmation se place désormais sous le signe du croisement des mondes du théâtre, de la danse et de l’opéra avec des artistes comme Pina Bausch, Trisha Brown, Anne-Teresa de Keersmaeker, Patrice Chéreau ou encore Stéphane Braunschweig.

Le Festival devient aussi un lieu d’intense création musicale avec de nombreuses commandes passées aux compositeurs : Festin de Yan Maresz, Le Balcon de Peter Eötvös d’après Jean Genet en 2002, Kyrielle du sentiment des choses de François Sarhan sur un texte de Jacques Roubaud en 2003, Hanjo de Toshio Hosokawa d’après Hanjo, Nô de Yukio Mishima en 2004 ou encore Julie de Philippe Boesmans d’après Mademoiselle Julie d’August Strindberg en 2005. Rouvert en 2000, le Théâtre du Jeu de Paume, aux dimensions intimes, est un lieu idéal pour accueillir certaines de ces créations.

Une nouvelle dynamique est insufflée au Festival avec la création, à Venelles, situé à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, d’ateliers de construction de décors et de confection de costumes qui permettent de décupler les coproductions internationales et de rendre le Festival plus autonome.

Enfin, en 1998, Stéphane Lissner crée l’Académie Européenne de Musique, conçue comme un prolongement du Festival vers la pédagogie et la promotion des jeunes talents (instrumentistes, chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre et compositeurs), en favorisant leur rencontre avec le public par le biais de nombreux concerts, conférences et classes de maîtres.

  • Théâtre de l'Archevêché, 28 Place des Martyrs de la Résistance, 13100 Aix-en-Provence France
  • web

Leonardo García Alarcón


Chef d’orchestre, claveciniste, professeur de la classe de Maestro Al Cembalo au Conservatoire de Genève, reconnu comme un des chefs d’orchestre les plus talentueux de sa génération, Leonardo Garcia Alarcon est salué par le public et la presse spécialisée pour ses redécouvertes d’œuvres inconnues du public et pour ses interprétations innovantes d’œuvres connues du répertoire.

Né en 1976 à La Plata, siège de la plus importante université musicale d’Argentine, il a grandi dans une famille d’artistes. Amoureux de la sonorité du clavecin, alors qu’on ne trouvait pas en Argentine d’instruments en état d’être joués, Leonardo Garcia Alarcon arrive à 19 ans à Genève. Parallèlement à sa formation théorique au Centre de Musique Ancienne de Genève, il étudie le métier de claveciniste auprès de Christiane Jaccottet, au Conservatoire. A son contact, il acquiert le certitude que, pour le répertoire baroque, un bon chef doit diriger de son clavecin – être un « maestro al cembalo » selon l’appellation de l’époque.

Passionné par la voix et féru de recherches musicologiques, Leonardo García Alarcón n’a de cesse d’explorer les idéaux esthétiques propres aux musiques baroques latines et de les faire rayonner sur celles du Nord. Le parcours Sud-Nord/Nord-Sud est devenu pour lui un geste de création, et constitue son terrain de travail idéal, lui permettant de se retrouver dans la diversité des langages et des goûts.

Il fonde son propre ensemble Cappella Mediterranea en 2005 à Genève. Depuis 2010, il est également directeur artistique et chef du Choeur de chambre de Namur. Sa discographie à la tête de ces deux ensembles a été unanimement saluée par la critique spécialisée internationale.

En 2010 et pour trois ans, il devient artiste en résidence au Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay, ville dont il est depuis citoyen d’honneur grâce à ses créations qui ont marqué les lieux avant de faire le tour de l’Europe, comme c'est le cas d’ « Il Diluvio Universale » de Michelangelo Falvetti.

En 2014, il devient artiste associé du Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay.

En 2011, il débute une prestigieuse collaboration avec la mezzo soprano Anne Sofie Von Otter avec laquelle il enregistre le disque Sogno Barocco pour Naïve en 2012.

La recréation de l’opéra « Elena » de Cavalli au festival d’Aix en Provence 2013 avec la complicité de Cappella Mediterranea lui vaut des invitations sur les scènes du monde entier et notamment à l’Opéra de Paris en 2016.

Il est désormais invité à diriger et à jouer dans les opéras, festivals et salles de concerts du monde entier : Opéras de Paris, Montpellier, Lyon, Nantes, Rennes et Lille, Festival d’Ambronay, Konzerthaus de Vienne, Théâtre Colón de Buenos Aires, Le Grand Théâtre de Genève, Théâtre Zarzuela de Madrid, Concertgebouw d’Amsterdam, Opéra de Montecarlo, Théâtre des Champs Elysées, Wigmore Hall de Londres, Fondation Gulbenkian de Lisbonne, le Festival de la Chaise-Dieu, le Teatro Massimo de Palerme…

Récompensant la carrière d’un artiste emblématique du monde de la musique classique, Leonardo Garcia Alarcon a reçu le Prix Gabriel Dussurget du festival d’Aix en Provence en 2012 ainsi que le prix de la Presse Musicale internationale Antoine Livio en 2013.

Jean Bellorini

Le metteur en scène Jean Bellorini a été nommé à la direction du Théâtre Gérard Philipe.
Il a pris ses fonctions le 1er janvier 2014.

Né en 1981, Jean Bellorini a été formé à l’école Claude-Mathieu. Avec sa compagnie Air de lune, il a été accueilli au Théâtre du Soleil puis associé au centre dramatique national de Toulouse et au centre dramatique national de Saint-Denis. Son travail au plateau se distingue notamment par ses brillantes adaptations de textes littéraires majeurs ou d’œuvres du théâtre contemporain dans lesquelles il instille une grande vitalité issue du travail collectif de la troupe.

Son projet solide et joyeux s’appuie sur sa bonne connaissance du Théâtre Gérard-Philipe et de son territoire. Il fait la part belle aux liens entre musique et théâtre et associe à son premier mandat trois auteurs-metteurs en scène et leurs équipes – le collectif In vitro, Jean‐Yves Ruf et Bertrand Bossard –, provoquant des partenariats, des rencontres d’esthétiques complémentaires et des actions sur le terrain, diversifiées. Les liens qu’il entend tisser avec les autres structures du département, son désir d’accompagner les compagnies émergentes, tout comme son adresse dédiée au public adolescent participent de l’originalité de son projet.

 

PARCOURS

En 2002, il conçoit et met en scène Piaf, l’Ombre de la Rue, spectacle créé à Paris (Théâtre du Renard), repris à Avignon et depuis en tournée dans toute la France (plus de 300 représentations entre 2002 et 2008).

En 2003 il créé la Cie Air de Lune et met en scène La Mouette d’A. Tchekhov assisté par Marie Ballet au Théâtre du Soleil, dans le cadre de la première édition du Festival Premiers Pas Enfants de Troupes.

Depuis 2003, il dirige les Auditions Promotionnelles de l'École Claude Mathieu, spectacles construits sur mesure pour une sélection d’élèves sortants de l’école. C’est sous forme de stage intensif de 2 mois de répétitions et 3 semaines de jeu que se réalisent ces spectacles qui se veulent autrement qu’une vitrine de comédiens. Et jamais l’amour ne passera (spectacle autour des textes d’O. Von Horváth en 2003), C’est ainsi que les hommes vivent (spectacle autour des textes de B. Brecht en 2004), Partir où personne ne part (spectacle autour de l’univers dramatique américain d’auteurs contemporains en 2005), Bella Ciao (spectacle composé à partir du cinéma italien en 2006), À la vie, voilà ! (spectacle autour de textes de Noëlle Renaude en 2007), Personne ne sait qu’il neige en Afrique (spectacle autour de l’œuvre de B.M. Koltès en 2008), Le Suicidé de N. Erdman en 2009 et récemment Espoir ? d’après Kroum l’ectoplasme de H. Levin en 2010.

En 2004, il met en scène avec Marie Ballet Yerma de F. G. Lorca au Théâtre du Soleil (production Cie Air de Lune), spectacle dont il compose la musique. Il compose aussi la B.O. de Adèle a ses raisons de Jacques Hadjaje (Théâtre 13, Paris et Avignon, puis le Lucernaire en 2007).

Depuis 2005, il enseigne à l’École Claude Mathieu.

Il anime de nombreux ateliers au sein de L’Association Culturelle Saint-Michel de Picpus (élèves de collège et lycée).

En  2006, il met en scène Oncle Vania d’Anton Tchekhov au Théâtre de la Faisanderie à Chantilly (production Cie Air de Lune). Le spectacle est repris en 2007.

En 2007, il intervient au Conservatoire de Paris (CNSAD) en collaboration avec Wajdi Mouawad pour qui il compose et dirige la musique de Littoral.

En 2008, il met en scène avec Marie Ballet L’Opérette, un acte de L’Opérette Imaginaire de Valère Novarina au Théâtre de la Cité Internationale (production Cie Air de Lune). Coproduction La Comédie de Béthune / L’Onde à Vélizy-Villacoublay. Tournée en Roumanie (Juin 2008 au Festival international de Sibiu / Bucarest), au Théâtre l'Apostrophe de Cergy-Pontoise, au CDN de Dijon, au Théâtre de la Renaissance à Oullins, au Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées, au Phénix de Valenciennes, au Théâtre de Laval, à Cachan.

Depuis 2008, il intervient au CRR pour le Jeune Chœur de Paris dirigé par Laurence Équilbey, dans le cadre de cours d’interprétation pour des chanteurs lyriques.

En 2009, la Compagnie Air de Lune est conventionnée par le département de Seine-Saint-Denis. Jean Bellorini crée au TGP-CDN de Saint Denis une adaptation théâtrale pour deux voix du roman de Victor Hugo Les Misérables (production Cie Air de Lune). Ce spectacle sera repris en janvier 2010 au Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées et au TGP-CDN de Saint Denis.

Cette même année il met en scène un opéra bouffe d’Offenbach, Barbe Bleue (création en décembre 2009 à l’Opéra de Fribourg, tournée en Suisse, au Théâtre Musical de Besançon, à l’Opéra de Massy et en Belgique).

En 2010, il adapte avec Camille de La Guillonnière et met en scène Tempête sous un crâne, spectacle en deux époques d’après Les Misérables de Victor Hugo au Théâtre du Soleil (production Cie Air de Lune). Ce spectacle est repris en octobre au Théâtre du Soleil et actuellement en tournée (TNT, Festival du Val d’Oise, Théâtre de Cornouaille à Quimper, Scène nationale de Forbach, Le Channel à Calais, La Chaux de fond, Montpellier…).
En octobre il met en scène au Théâtre du Soleil En ce temps-là, l’amour… de et avec Gilles Ségal (production Cie Air de Lune).

En janvier 2012, Jean Bellorini crée au Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées Paroles Gelées d’après l’œuvre de François Rabelais, présenté en mars 2012 au TGP-CDN de Saint-Denis, puis en tournée dans plus de vingt-cinq lieux (production Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées/Cie Air de Lune).

La même année, il met en scène, à l’invitation de l’Académie du Festival Lyrique d’Aix-en-Provence, une Soirée Satie, qui tourne en France et en Belgique.

En juin 2013, Jean Bellorini met en scène Liliom de Ferenc Molnar, qui prend place dans une réelle fête foraine au Festival Le Printemps des Comédiens à Montpellier (production Cie Air de Lune).

En octobre 2013, Jean Bellorini dirige dix-huit comédiens et musiciens dans La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht, spectacle créé au Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées, présenté à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, puis en tournée dans dix lieux (production Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées/Cie Air de Lune).

Jean Bellorini est artiste invité du Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées jusqu’à fin 2013.
La Compagnie Air de Lune est en résidence au TGP-CDN de Saint Denis jusqu’à fin 2013.

Le 1er janvier 2014, Jean Bellorini devient directeur du Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis.

Jean Bellorini a reçu le prix Jean-Jacques Gautier 2012 de la SACD et le prix de la révélation théâtrale 2012 décerné par le syndicat de la critique. Paroles gelées a reçu le prix de la mise en scène au Palmarès du Théâtre 2013. En 2014, il reçoit le Molière du meilleur spectacle pour Paroles gelées et le Molière de la mise en scène à la fois pour Paroles gelées et La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht.
 

 

MISES EN SCÈNE

Piaf, l’ombre de la rue (créé au Théâtre du Renard) en 2002
La Mouette d’Anton Tchekhov (créé au Théâtre du Soleil) en 2003
Yerma de Federico Garcia Lorca (co-mis en scène avec Marie Ballet et créé au Théâtre du Soleil) en 2004
Oncle Vania d’Anton Tchekhov (créé au Théâtre de la Faisanderie à Chantilly) en 2006
L’Opérette un acte de l’Opérette imaginaire de Valère Novarina (co-mis en scène avec Marie Ballet et créé au Théâtre de la Cité Internationale) en 2008, en tournée en 2009
Tempête sous un crâne d’après Les Misérables de Victor Hugo (créé au TGP-CDN de Saint-Denis/Théâtre du Soleil/TNT de Toulouse) en 2010, en tournée jusqu’en 2015
Paroles Gelées d’après le Quart Livre de François Rabelais (créé au TNT de Toulouse/TGP-CDN de Saint-Denis) en 2012, en tournée jusqu’en 2015
Liliom de Ferenc Molnar (créé au Printemps des Comédiens) en 2013, en tournée jusqu’en 2016
La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht (créé au Théâtre National de Toulouse Midi Pyrénées/l’Odéon-Théâtre de l’Europe en 2013), en tournée jusqu’en 2016
Cupidon est malade de Pauline Sale (créé au Théâtre Am Stram Gram de Genève)
Un fils de notre temps d'Ödön von Horvath (créé au Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique natioanl de Saint-Denis), en tournée jusqu'en 2016
Moi je voudrais la mer d'après des texte de Jean-Pierre Siméon avec La Troupe éphémère (créé au Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique natioanl de Saint-Denis), mai 2015
Le Suicidé de Nikolai Erdman (création au Berliner Ensemble), février 2016
Antigone de Sophocle avec La Troupe éphémère (créé au Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique natioanl de Saint-Denis), mai 2016
Karamazov, d'après le roman Les Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski (créé au Festival d'Avignon), juillet 2016
La Cenerentola de Gioacchino Rossini (créé à l'Opéra de Lille), octobre 2016
1793, on fermera les mansardes, on en fera des jardins suspendus, d'après 1793, la cité révolutionnaire est de ce monde du Théâtre du Soleil, avec la Troupe éphémère, avril 2017
Orfeo, opéra de Monteverdi, direction musical Leonardo García Alarcón au festival de Saint-Denis, juin 2017
Erismena, opéra de Francesco Cavalli, direction musical Leonardo García Alarcón au Festival International d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, puis au TGP avec le festival de Saint-Denis (juin 2018), création juillet 2017
Kroum de Hanokh Levin avec la troupe du Théâtre Alexandrinski de Saint-Pétersbourg, création décembre 2017

  • Metteur en scène

Cappella Mediterranea

L’Ensemble instrumental et vocal Cappella Mediterranea a été créé en 2005 par Leonardo Garcia Alarcón, avec l’objectif de revenir aux sources des idéaux esthétiques des grands musiciens du sud de l’Europe.

Réuni par une rare complicité autour de son directeur artistique, l’ensemble se donne pour objectifs de réorienter l’approche de la musique baroque latine en s’appuyant sur les récentes découvertes musicologiques de la rhétorique italienne, de codifier les paramètres baroques encore vivants dans les musiques populaires du sud de l’Europe et enfin de redessiner le parcours sud/nord, typique de tous les arts, depuis la renaissance jusqu’au baroque.

L’ensemble Cappella Mediterranea explore les trois principaux genres musicaux du début du XVIIème siècle que sont le madrigal, le motet polyphonique et l’opéra dont l’approche originale et la qualité de son interprétation lui ont valu la reconnaissance de la presse internationale.

Les enregistrements consacrés à Barbara Strozzi, Giovanni Giorgi, Zamponi et Falvetti sont des références et ont reçus de nombreux prix.

En 2011, l’Ensemble Cappella Mediterranea continue ses prestigieuses collaborations en accompagnant la mezzo-soprano Anne Sofie Von Otter à l’abbatiale d’Ambronay, au Wigmore Hall de Londres et au Théâtre des Champs Elysées. Ce programme a fait l’objet d’un enregistrement pour Naïve et sortira à l’automne 2012.
Poursuivant son travail de redécouverte d’œuvres, un des projets phares de 2012 sera la création et l’enregistrement d’une nouvelle pièce de Michelangelo Falvetti, détrouvée en 2011 et jamais rejouée depuis sa création à Messine en 1683 : Nabucco.
En 2013, Cappella Mediterranea sera l’ensemble invité de l’Académie d’Aix en Provence pour créer l’opéra Elena de Cavalli, dirigée par Leonardo García Alarcón et mis en scène par Jean-Yves Ruf.
 Depuis quelques années, l’ensemble s’ouvre également à de nouveaux répertoires lyriques, allant de Monteverdi à Mozart.

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