La voix d'un peuple

Théâtre de la Ville Jazzee 11

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Levon Minassian, théâtre de la ville

Lévon Minassian, doudouk

Vigen Hacopian, kamantcha

Roselyn Minassian, voix

Armen Ghazarian, doudouk

Arthur Kasabian, doudouk

Tigran Zakarian, doudouk

 

Un retour au pays de ses ancêtres où, adolescent, il découvre le doudouk, a décidé de la carrière de Lévon Minassian. Depuis, ce Marseillais de souche n’a cessé de pratiquer le hautbois emblématique de l’Arménie pour en maîtriser toutes les arcanes. Perspicacité et travail acharné lui offrent aujourd’hui une reconnaissance que ses ascendants n’auraient pas reniée. Il n’hésite pas désormais à apporter de nouvelles couleurs aux sonorités mélancoliques inhérentes au répertoire traditionnel et c’est un dialogue musical bigarré qu’il proposera avec ses quatre compagnons de route.

Théâtre de la Ville

Le Théâtre de la Ville est un lieu de partage, ouvert sur le monde et ses expérimentations artistiques, fondé sur l'alliance des différents arts, danse, théâtre et musique.

Emmanuel Demarcy-Mota succède à Gérard Violette à la direction du Théâtre de la Ville en 2008. Souhaitant poursuivre et développer L’ouverture exceptionnelle du Théâtre de la Ville sur le monde et sur les arts, il met en place un projet d’ouverture au Théâtre en langues étrangères et à la poétique des langues, rassemble un Ensemble artistique du Théâtre de la Ville, associe deux auteurs vivants au projet, propose une programmation Jeune public, s’interroge sur les générations (invitation de grands maîtres et de jeunes artistes) et la transmission, développe des projets d’ intersections entre les différents arts.

Levon Minassian

Tous les 10 ans, devant 100.000 personnes, se tient à Gumri, deuxième ville d’Arménie et berceau du doudouk, « le Trophée des Maîtres », l’occasion pour un public connaisseur d’adouber ceux qui entrent dans le cercle très fermé des grands. En 2002, c’est à cette reconnaissance qu’eut droit Lévon Minassian en recevant le Trophée des Maîtres. Une scène qu’il put partager avec Djivan Gasparian, Serguie « Lalig » Garabedian ou encore feu Valodia Haroutounian, autrement dit, la fine fleur de l’instrument.

Lévon Minassian est né à Marseille, dans le quartier de Saint-Jérome, où ses grand-parents trouvèrent jadis refuge. Entouré d’une famille vivant dans le culte de la musique et baignant dans une communauté arménienne très soudée et friande de sons, il commence très jeune à jouer de la mandoline dans un groupe folklorique.  A l’âge de 15 ans, avec entre les mains un doudouk ramené d’Arménie par ses parents, il leur annonce qu’il désire apprendre à en jouer. Commence alors un long apprentissage.

Adolescent, Lévon Minassian, accompagné de sa famille, suit les artistes arméniens dans leurs tournées en France. Il les poursuit  jusque dans leurs hôtels pour grappiller quelques informations. Puis,  dès la fin des années 70, il se rend plusieurs fois en Arménie dans le but de travailler le doudouk avec les maîtres, notamment auprès de Djivan Gasparian et de Valodia Haroutiounian. «Je faisais de la mendicité de notes », se souvient Lévon Minassian, relevant le fait  que les joueurs de doudouk maintiennent dans le secret cette tradition ancestrale qui ne se transmet qu’entre initiés et avec parcimonie. C’est avec beaucoup d’abnégation et de patience, et par amour pour cet instrument qu’il cherchera par ses propres moyens à en maîtriser toutes les subtilités.

Depuis, cet artiste s’est entraîné sans cesse. Et petit à petit, celui qui n’a jamais recherché la célébrité sera reconnu comme un des plus talentueux joueurs de doudouk au monde.

Sa détermination et son talent le font repérer par des professionnels. En 1985, le compositeur Georges Garvarentz le sollicite pour la musique du film Les mémoires tatouées. Une première collaboration pour le cinéma qui va être suivie de beaucoup d’autres, dont les bandes originales de Mayrig et 588 rue Paradis de Henri Verneuil, L’Odyssée de l’Espèce de Yvan Cassar, Amen de Costa Gavras, La passion du Christ de Mel Gibson, L’enfant endormi de Yasmine Kassari, La terre vue du ciel et Home de Yann Arthus-Bertrand, Va, vis et deviens et La source des femmes de Radu Mihaileanu, La jeune fille et les loups de Gilles Legrand, Comme les 5 doigts de la main et Ce que le jour doit à la nuit de Alexandre Arcady,  Inch’Allah de Anaïs Barbeau-Lavalette, etc.
Derrière l’homme, humble et généreux, apparaît um musicien hors-pair, que d’aucuns qualifient de génie, dont les mélodies mélancoliques sont désormais omniprésentes tant sur le petit écran qu’au cinéma.
Mais un événement incroyable, surtout, a changé sa vie : en 1992, Lévon Minassian est sollicité par Peter Gabriel pour participer à son album Us puis pour ouvrir en solo les concerts de sa tournée mondiale Secret world live tour. Un coup de projecteur qui va faire de lui un doudoukiste très prisé des grands noms de la variété (Charles Aznavour, Patrick Fiori, Hélène Segara, Christophe Maé, Daniel Lavoie) ainsi que des personnalités de la world music (Sting, I Muvrini, Simon Emerson, Manu Katche).
Parallèlement, Lévon Minassian entreprend un travail plus personnel avec le compositeur de danses et musiques de film Armand Amar, remarqué depuis pour ses B.O de films (Amen, Le Couperet, La terre vue du ciel, Vas vis et deviens, Indigènes…) C’est avec lui qu’en 2003 il grave son premier album, Lévon Minassian and Friends, conçu à partir de thèmes et mélodies traditionnelles profanes ou sacrées dans lesquels le doudouk dynamise son langage à la rencontre d’autres instruments du monde, du violon indien à l’oud. En 2006, son deuxième opus, Songs from a world appart, donne au doudouk un nouveau statut d’instrument soliste et un espace musical hors du contexte traditionnel. Les arrangements révèlent de nouvelles couleurs au doudouk dialogant avec des instruments invités (nickelharpa, viole d’amour, kamantcha, oud, tambours) accompagnés d’un orchestre symphonique, le Bulgarian Symphony Orchestra. Chaque rencontre avec des musiciens d’autres cultures constitue pour lui un enrichissement et un événement inoubliable. Désireux de prendre distance avec le doudouk joué à « l’orientale » et de lui ouvrir les frontières, Lévon Minassian l’a rendu plus fluide, lui a inventé des rondeurs, de la profondeur, sans rien lui faire perdre de ce pouvoir d’évocation qui lui fait dire qu’il est « de souffrance ».

Lévon Minassian est sans aucun doute aujourd’hui un des meilleurs joueurs de doudouk de sa génération et contribue à l’émergence et la notoriété de cet instrument à travers les continents.

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